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Des podcasts sur Jeanne d’Arc

Au Moyen Age, en 1412, Jeanne naît dans le village de Domrémy en Lorraine, elle vit une enfance paisible, mais elle n’est pas comme les autres filles du village : elle entend des voix et elle connaîtra une destinée extraordinaire, qui la rendra célèbre : elle devient cheffe de guerre et parvient à chasser les Anglais hors de France !

Comment Jeanne, une jeune fille du peuple dans une France en pleine guerre de Cent ans envahie en grande partie par les Anglais, qui n’ a pas d’armée, accomplit la mission de libérer la ville D’Orléans assiégée ?

Découvre la formidable aventure de Jeanne d’Arc, une jeune femme qui a décidé de combattre les Anglais pendant la guerre de Cent ans ! Voici le premier épisode de cette épopée : adolescente, elle entend des voix lui disant qu’elle doit accomplir une mission : chasser les Anglais hors de France et faire sacrer le dauphin, Charles VII à Reims.

Mise au point sur l’histoire de la Peste

D’après les estimations récentes de certains historiens, la peste aurait tué jusqu’à 52 millions d’Européens au XIVème siècle, soit environ 2/3 de la population européenne d’alors. Par sa transmission animale, la peste bubonique serait à 70 % mortelle tandis que la version pulmonaire (transmise d’homme à homme) était inéluctablement fatale, parfois même en 24 heures. 

Le n°509-510 de juillet-août 2023 du magasine L’Histoire fait le point sur l’ « itinéraire de cette tueuse ».

Des « pestes » sont recensées dans l’Histoire depuis l’Antiquité. Pourtant ces pestes n’en étaient pas vraiment dans le sens où elle ne sont pas issues du bacille yersina pestis (découvert par Alexandre Yersin à la fin du XIXème siècle). Par exemple, la « peste antonine » de 166 cache en réalité d’autres maladies que la peste (plutôt une ancienne forme de variole). Cependant, les pestes du Moyen-Age furent interprétées selon les critères culturels établis à l’époque antique : maladie destructrice, venant de « l’étranger ».

Une première vague de peste sous le règne de Justinien, empereur Byzantin

Les historiens datent la première apparition de la peste version yersina pestis vers 541-542 dans le Delta du Nil. Les premières descriptions « classiques » de la peste apparaissent : bubons à l’aisne, aux aisselles, peste pulmonaire et surtout forte mortalité.

L’historien K. Harper va même jusqu’à prétendre que la force de la peste serait une des raisons de la chute de Rome. Harper, Comment l’empire romain s’est effondré.

Au Moyen-Age, la pandémie la plus mortelle de l’Histoire

La peste serait apparue en Asie centrale au début du XIVème siècle et aurait connu son « big bang », sa mutation en yersina pestis, dans la région de Kokonor, près du Tibet. En l’espace de quelques années, elle touche l’Europe, l’Asie et le Nord de l’Afrique.

En 1346, à Caffa, en Crimée, les Mongols font le siège de la ville tenue par les Génois. Touchés par cette maladie ravageuse, les armées du Khan envoient des cadavres infestés de peste sur les habitants de Caffa. Pris de terreur, les habitants s’enfuient en bateau et contaminent les villes de la Méditerranée. Ce récit, classique, presque trop parfait d’après Patrick Boucheron est à nuancer. D’autres sources, découvertes récemment, permettraient de faire l’hypothèse de l’arrivée de la peste en Europe par les échanges commerciaux Génois effectués à Tana (l’actuelle Azov en Ukraine). Toujours est-il que la maladie a touché l’Europe par les voies de communication liées au commerce. Certaines régions, telles que le Béarn ou l’Islande furent épargnées. Mais le bilan fut dramatique si bien que l’historien Ole Benedictow estime qu’elle fit plus de 52 millions de victimes, incluant dans son bilan les conséquences sociales catastrophiques qu’elle a induit : « lorsque plusieurs membres d’un même foyer tombent malades en même temps, que les adultes ne peuvent plus s’occuper des enfants ni rendre soin les uns des autres, cela entraine une surmortalité parmi les enfants de moins de 10 ans, même on infectés, faute de nourriture et de soins. De même, à un stade avancé de l’épidémie, le fonctionnement normal de la société locale s’effondre, notamment les échanges habituels de nourriture et de soins entre voisins ».

Le facteur environnemental a pu être important dans la diffusion de la peste d’après des chercheurs. En Europe, un changement climatique dans les années 1340-1350 a créé les conditions favorables à la propagation de la peste, autour d’hivers froids et d’étés humides. Mais attention, à ne pas se laisser entrainer par une grille de lecture un peu trop contemporaine liée à nos préoccupations autour du réchauffement climatique. Le facteur environnemental a certainement joué un rôle non négligeable, sans pour autant tout déterminer.

Fresque du XVème siècle, chapelle Saint-Sebastien en Savoie

Au niveau sanitaire, les médecins ont souvent été impuissants préconisant un linge devant la bouche, le nez, l’incision des bubons et leur cautérisation. La mise en quarantaine des navires de commerce est généralisée après sa réussite à Raguse en Croatie en 1377. Cependant, elles n’évitent pas toujours la contagion (Maseille en 1720).

La peste a eu des effets sur la culture, la façon de penser des populations. Elle entraine un mouvement religieux autour des flagellations (il faut expier ses pêchés). La peste a entrainé un isolement social des Hommes perdant des membres de leur famille, limitant leurs relations sociales. Dans l’iconographie, les danses macabres démontrent l’angoisse collective de la mort pouvant frapper n’importe qui. Parfois, la cause de la peste est déviée sur « l’hérétique », l’ennemi du Christ : les juifs subissent des pogroms, accusés d’empoisonner les puits.

Cependant, l’ordre social, l’Eglise ne sont pas réellement remis en cause par l’ampleur de la peste.

Le triomphe de la mort, Musée du Berry

« Une catastrophe économique ? » 

La peste a déstabilisé les structures économiques du Moyen-Age, par son ampleur. Les survivants ont ainsi réussi à améliorer leurs conditions de vie. Les ouvriers par exemple, moins nombreux après l’épidémie, demandaient plus. Cependant, très rapidement, les autorités reprennent le dessus et gèrent selon leurs intérêts. Edouard III, souverain anglais plafonne les salaires en 1349 en imposant le niveau des salaires d’avant la peste et les anciens prix, tout en interdisant l’aumône aux personnes capables de travailleurs. En France, Jean II le Bon impose lui aussi les prix et salaires, limite la mobilité ouvrière et s’en prend aux « fainéants ».

Finalement, les travailleurs ne sont pas sortis gagnant de la crise. L’inflation a rapidement joué sur la baisse réelle des salaires. Dès 1352, les salariés anglais avaient un moins bon niveau de vie qu’avant la peste. La Normandie étudiée par Guy Bois dans La crise du féodalisme, connait le même sort. Les autorités sont ressortis renforcées en mettant en place des politiques du travail limitant le coût de la main d’œuvre. Les pouvoirs lancèrent à partir de là une nouvelle période de croissance à partir de cette réorganisation de l’économie. Comme l’explique Gérard Noiriel, dans son ouvrage Histoire populaire de la France, le redressement économique post-peste entraine une exploitation renforcée des paysans par les pouvoirs seigneuriaux (voir article Jeanne D’arc, le Moyen-Age, les paysans)

La fin de la peste ?

Jusqu’aux XVIIIème-XIXème siècles, la peste tourne toujours en Europe. Mais les scientifiques parviennent à la comprendre. Le Français Alexandre Yersin découvre le bacille et travaille sur un vaccin contre cette maladie. Paul-Louis Simond découvre la transmission du rat à l’homme par la puce et a cette phrase : « ce jour-là, le 2 juin 1898, j’éprouvai une émotion inexprimable à la pensée que je venais de violer un secret qui angoissait l’Humanité depuis l’apparition de la peste dans le Monde ».

En Chine, en 1910, le docteur Wu Liande invente le masque pour combattre la peste pneumonique en Mantchourie qui se transmet alors par l’inhalation de gouttelettes (comme le COVID-21)

Aujourd’hui, il existe un vaccin contre la peste (dangereux pour ceux qui ont une forte concentration de fer dans le sang) et des antibiotiques, à condition de les administrer à temps car la peste pneumonique peut être mortelle en 24 heures, d’autant qu’elle touche des pays plutôt pauvre, ne disposant pas forcément d’un maillage de services de santé (Madagascar par exemple). Avec des réservoirs de contamination dans nombre d’espèces animales, « Il faut donc se résoudre à l’idée que l’homme continuera toujours de partager le monde avec Yersinia Pestis ».