"Nous qui feignons de croire que tout cela est d'un seul temps et d'un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous, et qui n'entendons pas qu'on crie sans fin" Alain Resnais, Nuit et Brouillard
Extrait du film Fast and Furious avec Rio de Janeiro
Que vois-tu de la ville de Rio de Janeiro dans cet extrait de film (ville, milieu naturel, habitation, population) ?
A- Vivre à Rio, vivre séparé
Doc 1: Vue sur la favela de Rocinha
Doc 1 : Quel est le type de document ? (photo, image satellite, tableau)
Doc 1 : Décris ce document. Vois-tu des différences ?
B- Les fonctions de Rio
Doc 2 : Décris cette photographie. Comment te paraissent les gens ? Qu’est-ce qu’un CBD ?
Doc 3 : Grâce à quoi la ville de Rio est connue dans le monde ? Qu’est-ce que ça peut permettre pour le développement de la ville ?
Doc 4 : Quels sont les avantages de la ville de Rio d’après Margaux ?
Schéma de la ségrégation sociale à Rio
2- Une métropole au Japon: Tokyo
A- Tokyo à différentes échelles
Doc 1: Tokyo à l’échelle du pays
Sur la carte, localiser Tokyo, l’Océan Pacifique et la mer du Japon.
Doc 2 : A l’échelle de la métropole : Tokyo
Sur l’image satellite, relever les noms proposés. A quoi correspondent-ils ?
Colorier en rouge (ou orange) les espaces construits. A quoi correspondent les parties sombres de l’image ?
Doc 3: A l’échelle humaine : Vue sur un quartier de Tokyo
Décrire cette photographie en citant précisément les différents bâtiments, moyens de transports
.
B- Vivre à Tokyo
Doc 1: Montre que la ville de Tokyo disposent de centres économiques
Relève les différents axes de transports de la ville de Tokyo.
Doc 2: A quoi vois-tu que ce quartier est fréquenté
Quelles sont les activités qu’on trouve dans ce quartier?
Doc 3 : Surligne dans le texte deux passages qui montrent que beaucoup d’habitants résident à Chiba
Relève les activités agricoles, industrielles, et de loisirs à Chiba.
Doc 3 et 4 : Quels moyens de transports permettent de relier Tokyo à Chiba
Bilan : A l’aide de tes réponses, rédige un texte qui présente Tokyo. Tu devras montrer que Tokyo dispose de centres économiques. Tu devras décrire le paysage urbain de Tokyo présenteras aussi des moyens de transports et différentes activités de Tokyo
3- Mise en perspective: Un monde urbain?
Pages 212-213
Que représente cette carte (utilise la légende)
Quels sont les continents les plus urbanisés ? Quels sont les continents les moins urbanisés ?
Sur quel continent y-a-t’il le plus de métropoles. Justifie ta réponse
Photographie de La pollution de Sao Paulo
Un temps sec et une couche de pollution couvrent le ciel de Sao Paulo au Brésil le 9 septembre 2024. L’air de Sao Paulo est le plus pollué du Monde ce jour-là, selon l’agence suisse IQUAIR
Photographie AFP
Les villes et la pollution
Les villes contribuent significativement aux changements climatiques. Selon ONU-Habitat, les villes comptent pour 78 % de la consommation énergétique mondiale et produisent plus de 60 % des émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, elles représentent moins de 2 % de la surface de la Terre.
Une forêt de tours à Sao Paulo, cliché de H. Théry
Une ville contrastée et fragmentée
Les immenses périphéries de la ville sont en très grande partie constituée de quartiers dont les habitants ont construit eux-mêmes leurs maisons, souvent par étapes successives, en montant un mur ou un étage supplémentaire quand ils avaient quelques rentrées d’argent, sur des terrains en principe inconstructibles. Le résultat est un entassement très serré de maisons très proches les unes des autres, sans rue bien tracée (et donc sans accès pour les services de sécurité), sans espaces verts ni espaces de loisirs. Les circulations se font par les rues principales, en bordure du quartier. Cliché H. Théry.
La favela de Brasilândia se situe au nord de la commune de São Paulo, sur les contreforts du massif de la Cantareira, aux pentes en principe inconstructibles. Ici aussi le tissu de construction est très dense, sans beaucoup d’espace, interstitiel, pas même sous les lignes hautes tension. La finition des maisons est moins complète que dans les quartiers populaires de la périphérie, elles sont rarement peintes ou crépies, alors que les habitants pourraient en général envisager cette dépense complémentaire, faible par rapport au coût de la construction. C’est souvent plus une question de pression sociale que de manque de ressources, il serait mal vu de le faire et de donner l’impression que l’on veut vivre au-dessus de sa condition sociale.
Les quartiers d’affaire (CBD) de Sao Paulo
L’allure générale et le fonctionnement de ce centre des affaires n’est pas tellement original par rapport au centre des affaires (central business district, CBD) de n’importe quelle ville nord-américaine, pas plus que ne le sont les banlieues résidentielles des classes supérieures, qui sont seulement plus vertes, composées de villas plus somptueuses et entretenues par des domestiques plus nombreux. Le centre historique est en perte de vitesse économique, au profit du sud-ouest, où se sont développés successivement un deuxième centre d’affaires, au long de l’avenue Paulista, puis un troisième vers le rio Pinheiros, autour des nouveaux shopping centers et des centres d’affaires de l’avenue Faria Lima, et enfin un quatrième, autour de l’avenue Berrini, où les multinationales trouvent les « immeubles intelligents », câblés et contrôlés par ordinateur, qu’elles recherchent pour installer leurs sièges sociaux.
Le bâtiment Martinelli, au premier plan, a été le premier gratte-ciel construit à São Paulo en 1924, celui de la Banespa, au second plan, à l’architecture inspirée de celle de l’Empire State Building et construit en 1939, était le siège de la principale banque publique de l’État de São Paulo. Cliché H. Théry.
Une forte ségrégation socio-spatiale au sein de la ville de Sao Paulo
Sao Paulo dispose de centres culturels de premier plan
Le musée d’Art moderne de São Paulo (MASP) a été fondé en 1947 et occupe depuis 1968 un bâtiment dessiné par Lina Bo Bardi, entièrement suspendu, ce qui laisse un espace au sol libre de plus de 70 mètres de longueur pour diverses manifestations et un prospère marché d’antiquités. Sa fondation, à l’initiative du magnat de la presse Assis Chateaubriand, visait à affirmer que l’État de São Paulo avait désormais, outre son rôle économique de locomotive du pays, l’intention de devenir centre de référence culturel. Le MASP possède la plus grande collection d’art occidental d’Amérique latine et de l’hémisphère sud. La collection d’art français est la plus fournie, elle met l’accent sur les mouvements artistiques des XVIIIe et XIXe siècles, notamment les impressionnistes Manet, Degas , Cézanne, Monet et Renoir. Cliché H. Théry.
La Sala São Paulo est située dans l’ancienne gare Julio Prestes, construite entre 1926 et 1938 pour être le point de départ du chemin de fer Sorocabana, une société créée par les barons du café pour transporter leur production vers le port de Santos. La salle des pas perdus a été choisie parce que ses dimensions sont similaires aux salles de concert du XIXe siècle, comme Boston, Vienne et Amsterdam. La salle de concert a été inaugurée en 1999 et le bâtiment est le siège de l’Orchestre symphonique de l’État de São Paulo (OSESP). La transformation de la gare en salle de concertes est un beau symbole de l’évolution de la ville de centre d’exportation de café en capitale culturelle. Cliché H. Théry.
H Théry, « Portrait de Sao Paulo », Géoconfluences
Avec la Coupe du Monde 2014 et les Jeux Olympiques 2016, Rio de Janeiro et le Brésil sont devenues des vitrines internationales pour l’organisation d’évènements sportifs. Quels effets cependant sur la métropole de Rio et sa population?
Vidéo disponible sur YOUTUBE, Rio un an après les Jeux, un réveil difficile, documentaire de France Télévision
« La destruction de certaines favelas : cachez cette pauvreté que le spectateur ne saurait voir
À l’occasion des Jeux olympiques, spectacle télévisé en mondovision, les caméras peuvent s’attarder sur les lieux proches des sites de compétition. C’est pourquoi les autorités brésiliennes, soucieuses de l’image du Brésil, ont décidé une politique radicale vis-à-vis de certaines favelas proches, traitées de « dommage esthétique et environnemental ». Deux cas emblématiques illustrent cette politique : Vila do Metrô proche du Maracana et Vila Autodromo accolée au site principal des Jeux :
La favela de Vila do Metrô occupe un espace interstitiel entre les lignes de chemin de fer conduisant à la gare centrale et l’Avenida Radial Oeste. Elle subit donc les nuisances sonores du rail et la pollution liée au trafic routier. Elle se situe à quelques centaines de mètres de l’UERJ (Université de l’État de Rio) et du Maracana. Cette favela de taille modeste (environ 700 familles) s’est « spécialisée » dans l’activité automobile (garage, pneumatiques). Elle n’est pas connue pour être associée à des trafics. La municipalité a décidé dès 2010 de détruire la favela. La justification avancée était de construire un parking pour le Maracana (toujours pas construit à quelques semaines de l’ouverture des Jeux) ou encore de faire une zone d’activités autour de l’automobile. Elle a donc mis la pression sur les habitants en lançant des procédures d’expulsion tout en proposant des solutions de relogement. Cette première vague a permis aux pouvoirs publics de commencer la destruction des logements des personnes ayant accepté l’indemnisation et le relogement. Mais les appartements proposés pour le relogement sont localisés dans le quartier de Cosmos en périphérie de Campo Grande, soit à 70 kilomètres de Vila do Metrô et à plus de deux heures de transport en commun du centre-ville où se trouvent les emplois des travailleurs de la favela. Une longue bataille s’est donc engagée entre les habitants regroupés en collectif et soutenus par les défenseurs des droits et la municipalité arguant de la dégradation des conditions d’hygiène pour poursuivre l’expulsion. Cette dégradation résulte de la spirale négative induite par les destructions suivies de dépôts d’ordures sauvages et du non-passage des services de la mairie pour nettoyer. Le collectif a réussi à obtenir des relogements à proximité, mais les loyers sont trop élevés pour certaines familles. En 2016, il ne reste que quelques maisons dont les habitants sont appelés à partir dans les mois qui viennent. »
« Organiser les Jeux olympiques est une occasion unique pour une ville de transformer son image et son organisation interne. La pression liée à cet événement fait bouger les lignes entre acteurs et permet de concrétiser des projets d’ampleur qui ne seraient pas sortis de terre sans cette occasion. La transformation du quartier du port, l’évolution du système de transport (BRT et nouvelle ligne de métro), ainsi que la création d’un futur quartier résidentiel à Barra sont le fruit de cette dynamique exceptionnelle. La réalisation de ces projets a des impacts forts sur l’organisation interne de l’agglomération mais au profit de qui ? D’un point de vue spatial, plusieurs zones bénéficient d’impacts favorables :
Barra profite à plein des évolutions liées au transport : l’arrivée du métro, la reconfiguration des BRT et voies autoroutières renforcent clairement la centralité de cette zone aisée et la connectent à la banlieue ouest et à l’aéroport international. De plus, la création du village et du parc olympiques apporte de nouveaux logements dans une zone en tension. Le développement de certaines aménités apporte aussi un bénéfice à la population locale (golf, nouveau parc N. Mandela, infrastructures sportives …).
La rénovation urbaine du quartier portuaire doit offrir une nouvelle centralité et à terme un nouveau quartier d’affaires qui reprend tous les codes internationaux de la gentrification d’un front d’eau.
La zone sud touristique bénéficie du prolongement du métro et de la publicité que ne manquera pas de faire l’organisation des épreuves sur les sites iconiques de Rio.
Ces trois grandes zones ont été aussi la cible de la politique des UPP qui a amélioré sensiblement la vie des habitants des favelas dans la majorité des cas, mais elle conduit certaines à un début de « spéculation » immobilière qui chasse les plus pauvres.
Pour le reste de l’agglomération les bénéfices sont plus ténus. Le noyau de Déodoro est mieux connecté avec Barra et voit sa desserte ferroviaire améliorée ; la banlieue ouest plus pauvre pourra aller travailler plus facilement à Barra. Toutefois des pans entiers de l’agglomération ne profiteront pas des Jeux et il se trouve que ce sont les zones les plus pauvres.
D’un point de vue social, l’organisation de ces Jeux a un coût élevé pour les classes les plus pauvres qui tient à des expropriations pas toujours justifiées par les travaux, à un montant d’indemnisation largement sous-évalué et à la politique de relogement qui a rejeté des familles à la périphérie, sans parler des personnes encore plus pauvres qui ont perdu des zones de squat proches du centre. On peut s’interroger sur le choix des priorités de dépenses pour cet événement quand les infrastructures de base (soins, éducation, eau et assainissement) font défaut à de nombreuses populations. En revanche, l’organisation de ces Jeux est une aubaine pour certaines sociétés comme le n°1 du BTP Odebrecht et certains acteurs de la ville de Rio impliqués dans des PPP. La justice a mis au grand jour avec le scandale de Petrobras la corruption endémique de la société brésilienne, notamment dans les sphères politiques et d’affaires (le dirigeant d’Odebrecht a été condamné à 19 ans de prison pour corruption en mars 2016). Et dans le cas des JO aussi, une partie non négligeable de l’argent public est allée favoriser des intérêts privés. Enfin, l’annonce de l’incapacité de la ville à assumer le paiement de ces fonctionnaires six semaines avant les Jeux est un mauvais présage pour l’après JO [21], d’autant plus que l’État de Rio est privé d’une partie de ses recettes par l’effondrement de la rente pétrolière depuis 2 ans et que le Brésil s’enfonce dans la récession. La fête sera sûrement magnifique mais les lendemains risquent d’être difficiles pour la ville et l’État de Rio. Il ne faudrait pas que Rio suive la trajectoire d’Athènes … »