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Pour une pédagogie du refuge : entre deux feux, accueillir ses élèves après un été brûlant

Comment ne pas faire une rentrée comme d’habitude, en faisant comme si les canicules et les incendies de l’été n’étaient qu’un épiphénomène ? Par exemple, en proposant aux élèves un questionnaire pour les aider à mesurer ce qu’il s’est passé cet été et en analyser les causes et les conséquences ?

« Refuge » : Lieu où l’on se met en sûreté pour échapper à un ennui ou à un danger qui menace. Synonyme : « Abri » (vers 1170), « lieu où l’on est à couvert contre les injures du temps » – sources CNRTL (Centre national de ressources textuelles et lexicales).

« L’école est un sanctuaire. » Cette formule qui revient au gré des tragédies qui surviennent dans l’Éducation nationale est en réalité bien plus récente qu’on ne le croit, remontant à peine à une trentaine d’années comme le souligne l’inspectrice générale de l’Education Ariane Azéma. Elle doit son origine au ministre d’alors, qui prévoyait que la clôture des espaces permettrait la baisse de la violence.

Loin de faire consensus dans cette optique, la notion de sanctuaire résonne tout particulièrement au crépuscule d’un été dystopique, à la mesure des plus inquiétants scénarios du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

Un lieu hors du monde ?

Après les terribles incendies qui ont traversé la France cet été et anéanti une part conséquente de sa biodiversité, la tentation de trouver un lieu hors des difficultés du monde est bien compréhensible.

Pour certains éducateurs, la rentrée se déroulera après un été où le feu a peut-être détruit une partie de leur quotidien, ou de celui de leurs proches. Nous leur témoignons notre profonde compassion, faute de mieux. L’été a parlé, plus aucune partie du territoire n’est à l’abri et nous pouvons, avec eux, craindre ce qui est à venir.

Pour tous les professionnels de l’enfance et de la jeunesse, nous aurons mardi ou dans les jours et semaines qui viennent à accueillir dans nos classes, nos amphis, nos centres de loisirs et nos salles de TD des élèves et étudiants qui eux aussi auront traversé cet été brûlant. Allons-nous prendre des nouvelles de leurs destinations de vacances, des loisirs qu’ils ont pratiqués, comme si de rien n’était ? Et que ferons-nous si certains répondent avoir fait des châteaux de sable sous un ciel en flammes ou observé la délicate pluie de cendres, tombée le 14 juillet au matin dans les jardins bellifontains1 ?

Les murs du « sanctuaire » risquent d’en être ébranlés.

Éduquer dans un monde incertain

Cette question de l’accueil du témoignage et des ressentis, mardi ou dans quelques jours ou semaines, est difficile. Elle s’inscrit dans une série de réflexions plus globales, liées au fait d’éduquer dans un monde incertain et dont on sait qu’il deviendra climatiquement de plus en plus menaçant pour ses habitants.

Comment prendre en compte la souffrance qui traverse le corps de nos élèves, étudiants et collègues au gré des évènements météorologiques extrêmes ?

Quelles ressources les professionnels de l’éducation ont-ils à leur disposition pour soutenir et se soutenir dans les très durs moments que nous traversons ?

Et plus globalement, comment politiser les canicules pour y éduquer2 et faire face à l’effondrement du vivant auquel nous assistons ?

Ces questions sont difficiles et il l’est tout autant d’y répondre.

Impossible marchandage

Il serait légitime, avec certains, d’exiger un droit à la fraicheur pour nos bâtiments. Cette demande est juste et fondée mais ne pourra probablement être exaucée avant un long moment.

On pourrait, avec le climatologue Christophe Cassou, se déclarer en « faillite climatique », actant ainsi du fait que « [le processus de deuil] que nous traversons clôt l’étape du marchandage impossible avec les lois de la physique. En fait, il incarnerait la première étape positive du vivre et faire-autrement. » Mais cette posture très intime est difficile à incarner professionnellement.

Il faudrait en tout cas, comme le souligne Eva Morel, la secrétaire de l’association Quota Climat, avoir conscience avec l’anthropologue Élise Boutié que les catastrophes ne génèrent pas systématiquement de prise de conscience. Le choc, la crainte et la souffrance conduisent au déni lorsqu’ils ne sont pas pris en compte.

Un geste éducatif

C’est à cette parole et à ces souvenirs trop vite effacés lorsqu’ils ne sont pas collectivement nommés que nous proposons de nous intéresser. Dire et faire dire l’été est le premier geste éducatif pour lequel nous pensons disposer d’un levier. En inscrire le souvenir et le répéter, à différents moments de l’année. Cela pour construire grâce à la mémoire les murs nécessaires au soutien d’un avenir marqué par l’instabilité.

Les murs d’un nouveau sanctuaire, dont l’on ne peut qu’espérer qu’ils soient assez solides pour traverser les catastrophes ? Non. Les remparts d’un refuge, abri en permanente discussion avec le monde puisqu’il lui appartient. Et depuis lequel il est possible d’aller et venir et d’y trouver soutien en cas de besoin.

Ce refuge, nous ne pourrons le construire de nos mains. Mais conservons-en la métaphore en opposition avec des écoles, collèges, lycées et universités voulus comme coupés du monde3.

Un refuge éducatif

Ce refuge est éducatif et se construit dans la relation à l’autre et l’aveu que nous adultes, partageons les émotions qui traversent les jeunes que nous accompagnons. Nos doutes sont également les leurs, mais notre expérience nous permet quelques pas d’avance ou, du moins, de côté.

Pensons aux lendemains des assassinats de nos collègues. Et, un peu moins tragiquement, au matin du 11 mai, de retour à l’école et au collège après sept semaines de confinement. Il a fallu faire parler, réfléchir, rassurer. Il a fallu chercher les mots et nous les avons trouvés.

Parce qu’il est toujours plus soutenant d’agir collectivement et que les questionnaires post-confinement du sociologue Bruno Latour adaptés à l’enseignement ont nourri cette réflexion, nous vous proposons une liste de questions à poser à vos élèves et étudiants la première fois où vous les retrouverez ou les rencontrerez dans les semaines qui viennent.

Présentation de l’activité

Objectif général :

– Permettre aux élèves de prendre la mesure de l’évènement caniculaire écoulé en adoptant un regard réflexif sur leur vécu et en le confrontant aux savoirs scientifiques pluridisciplinaires constitués autour de ce thème.

– Les accompagner dans la construction d’une analyse critique des causes, des manifestations et des réponses proposées à cette situation pour alimenter la construction de leur citoyenneté.

Première séance : Comment avez-vous vécu les canicules, sécheresses et feux de forêt de l’été 2026 ?

Cette première séance a une finalité plutôt introspective. Il s’agit de proposer aux élèves de raviver leur mémoire de l’évènement, de mettre des mots sur une expérience vécue et de la conscientiser. C’est une étape préalable nécessaire à une étude critique plus poussée.

Questionnaire

Les élèves peuvent répondre à toutes les questions ou seulement à certaines, selon leur âge, leur contexte d’études ou de cadre éducatif. La restitution doit respecter leur anonymat.

1) Dans quelles conditions avez-vous passé les canicules ? Diriez-vous qu’elles étaient favorables ou défavorables ?

2) Quelles habitudes ou activités nouvelles avez-vous adoptées pendant les canicules ?

3) Quelles habitudes ou activités avez-vous au contraire renoncé à suivre ?

4) Avez-vous été touché·e personnellement par les canicules, vous ou des proches ? (nous vous conseillons de ne pas commencer par cette question)

5) Dans quel état (physique, psychologique, moral) sortez-vous de cette période de canicules répétées ?

6) Avez-vous connu des aménagements ou des modifications de votre scolarité en juin en raison de la canicule ?

7) La canicule de juin a-t-elle eu un impact sur votre scolarité ou vos examens ?

8) La canicule de juin a-t-elle eu un impact sur vos activités de fin d’année (compétitions sportives, fête de fin d’année…) ?

9) Avez-vous été témoin d’un épisode de feu de forêt ou de départ d’incendie ?

10) Les canicules et feux de forêt ont-ils changé le cours de votre été et contribué à modifier l’organisation que vous aviez prévue ?

11) Les canicules ont-elles modifié votre représentation de l’été ?

12) Pensez-vous que l’expérience de ces canicules a changé quelque chose en vous ?

13) Avez-vous le sentiment que les paysages ont changé suite aux canicules, sécheresses et feux de forêt ?

14) Dans quelle mesure cette expérience a-t-elle augmenté votre temps passé sur les écrans ?

15) Cet été caniculaire suscite-t-il des inquiétudes en vous ?

16) Que vous évoque le terme « refuge climatique » ?

17) Cette expérience d’été caniculaire vous donne-t-elle envie d’agir contre le réchauffement climatique ?

18) Cette expérience modifie-t-elle certains de vos projets d’avenir ?

19) Suite à cet été caniculaire, que voudriez-vous changer pour l’avenir ?

20) Que pourriez-vous conseiller aux générations qui suivent pour faire face aux canicules ?

Si cela vous est possible, il est plus confortable de partager la conduite de ce questionnaire à deux coanimateurs, avec un collègue enseignant, un personnel de la vie scolaire ou du périscolaire. La médecine scolaire peut également être d’un grand appui, mais toutes les structures n’y ont malheureusement pas accès de façon égale.

Un préalable

Ce premier recueil d’informations est le préalable à la construction d’une enquête à mener avec votre classe ou votre groupe. Elle vise à réfléchir collectivement aux impacts de la canicule sur l’environnement immédiat de l’établissement. Cette enquête peut être menée tout au long de l’année.

Vous pourrez en suivre la construction sur le site de l’association Enseignant.e.s pour la planète dans les semaines qui viennent.

La suite des propositions « Pour une pédagogie du refuge » vous sera communiquée dans un prochain article sur ce site d’ici les vacances de la Toussaint.

Bonne rentrée à tous, en attendant l’automne.

Diane Granoux

Enseignante d’histoire-géographie en lycée et membre de l’association Enseignant.e.s pour la Planète

Laure Pillot

Membre du Pôle universitaire ligérien d’études sur l’enfance-jeunesse (EnJeux)

Photographie : Cendres de l’incendie de la Forêt de Fontainebleau. ©DR.

Dossier: les projections du géographiques du Monde

Pour aider au thème introductif de sixième et débattre des différentes projections:

Les 4 projections évoquées par les programmes de 6ème:

Progression du développement construit en troisième

Thème/périodeEléments de progressivité
La première guerre mondiale, une guerre totale (septembre)Les civils dans la guerre totale Rédaction d’un développement construit à partir d’un écrit intermédiaire : analyse de documents avec un tableau à compléter. Les grands axes constituent les colonnes du tableau. Après correction, les élèves ont un temps pour rédiger le développement construit à l’aide de l’outil méthode.  
Entrainement autour de cartes mentales Word café autour de sujets possibles de développements construits (= carte mentale/plan détaillé)  
Evaluation de fin de séquence : un sujet de développement construit parmi une liste de cinq Attendu d’une quinzaine, vingtaine de lignes Les grands axes sont donnés
Le front populaire (novembre)Evaluation de fin de séquence Développement construit autour d’une leçon dont la trame du cours est très serrée Trame du développement donnée : introduction, axe 1 / axe 2 / axe 3 / conclusion Reprise des éléments de la trame du développement construit en correction  
Les espaces productifs (janvier)Fin de séquence Entrainement à un plan détaillé autour d’un type d’espace productif
Evaluation de fin de séquence Correction avec les différents éléments du développement construit + rappel des attendus (barème) Retours aux élèves : points forts, points à améliorer 20 minutes de correction avec un point à améliorer à modifier -> nouvelle correction et bonification des efforts de correction par les élèves
DNB Blanc (février-mars)Développement construit avec attendus du DNB En général sur le dernier thème (2nde GM) ou autre thème déjà vu Correction type avec attendus du développement construit de fin de troisième Bilan général des point forts ou points d’amélioration
Aménager le territoire Aménager les DROM (avril)Développement construit Etude de cas où les élèves répondent à des questions et rédigent une synthèse (sous forme de tableau avec des grands axes) Développement construit avec au choix deux sujets (une heure, devoir évalué) et aide de la fiche de révision -> Attentes autour de la structuration du développement construit
La construction européenne (mai)Entrainement au développement construit Par groupes, les élèves prépare un écrit intermédiaire sur les différentes étapes de la construction européenne. Après la mise en commun, les élèves s’exercent au développement construit (les copies d’élèves volontaires ou désignées sont ramassées).
Révisions finales (juin)Révisions Entrainement à des plans détaillés autour de sujets (la France, les mutations économiques, sociales et culturelles) Les critères du développement construit et derniers conseils

Pistes d’améliorations :

  • Un entrainement supplémentaire type DNB
  • Des cartes mentales ou plans de base pour chaque sujet potentiel

Les étapes du développement construit

Les grandes étapes

Je rédige un développement construit dans une expression correcte

  • Les phrases sont correctes
  • Orthographe correcte
  • Liaison entre phrases

Je structure mon développement construit

  • Introduction: présentation du sujet en quelques phrases, problématique
  • Organisation du paragraphe autour de grandes idées
  • Conclusion: rédaction du bilan en une phrase

Je maîtrise les connaissances du sujet

  • Repères géographiques
  • Construction d’une argumentation: idées illustrées par des exemples, des justifications, des faits, chiffres…
  • Notions, vocabulaire clairement expliqué

Concrètement, comment je fais ?

Introduction

  • Phrase de présentation (où/quand)
  • Définitions des termes
  • Problématique et annonce du plan

Développement

  • Deux ou trois grands axes
  • Arguments qui expliquent les grands axes
  • Exemples qui illustrent les arguments, apportent des preuves (faits, chiffres, exemples)

Conclusion

  • Bilan : réponse à la problématique

  • Introduction

Axe I:

Axe II:

Axe III:

  • Conclusion

Barème

Sur les « mégafeux »

La géographie permet d’analyser et de construire des pistes-solutions face aux grands incendies.

« Le troisième aspect, c’est de limiter les dégâts. Le jour même, c’est trop tard. Si on doit améliorer quelque chose dans notre système, et notamment pour faire face aux très grands incendies, c’est cette anticipation à contre-saison. C’est en plein hiver, lors des saisons des pluies, quand nous n’avons plus le feu à l’esprit, que l’on peut agir. C’est à ce moment que l’on va pouvoir faire tous les gros travaux de débroussaillement, de façon très ciblée, en s’intéressant spécifiquement aux lieux qui, l’été, seront menacés. »

Une mise au point scientifique sur le portail de l’académie de Nantes

Mégafeux, une mise au point de Géoconfluence, Aziz Ballouche, « Mégafeux, du vocabulaire médiatique à la caractérisation scientifique », Géoconfluences, septembre 2025.

Alexandre le Grand en Inde, avec Pascal Charvet


Engagée en 327 avant notre ère, l’expédition d’Alexandre en Inde prolonge la conquête de l’ancien Empire perse vers l’est. Après des affrontements au Pendjab, le roi macédonien atteint le fleuve Hyphase, puis renonce à poursuivre sa campagne, avant de redescendre le cours de l’Indus. Arrivé à l’embouchure du fleuve, il organise le retour de ses troupes en divisant ses forces, confiant à Néarque une flotte chargée de longer les côtes de l’océan Indien jusqu’au golfe Persique. Alexandre conduit, pour sa part, son armée par la voie terrestre à travers le terrible désert de Gédrosie. La lecture proposée par Pascal Charvet met en évidence le rôle de cette expédition dans la construction des représentations grecques de l’Inde et, plus largement, de l’Orient. En s’appuyant sur les sources antiques et sur leur transmission, l’ouvrage éclaire un moment de contact entre des mondes culturels distincts, dont les résonances dépassent le seul cadre de l’entreprise militaire. L’invité : Pascal Charvet est linguiste et helléniste. Il publie Quand Alexandre le Grand rencontre l’Orient. La conquête de l’Inde chez Libretto (502 p., 13,40 €).

Je construis une argumentation en géographie

En géographie, tu dois montrer les dynamiques d’un espace. Argumenter, c’est exposer une idée et l’expliquer, la prouver. Quand tu rédiges, utilise des connecteurs logiques pour former un raisonnement d’ensemble. En troisième, il s’agit d’évoquer les différences entre territoires, régions de la France. Ton argumentation se base donc sur les dynamiques des espaces. Pour prouver ce que tu dis, explique les caractéristiques de ces espaces en les illustrant de faits, d’exemples.

Dynamiques/tendancesEspaces/régionsCaractéristiques
Industrie automobile dynamique en NormandieNormandie / axe Paris-Rouen-Le HavreIndustrie automobile. Connexions à la mondialisation par les zones industrialo-portuaires. Pôle de compétitivité Moveo. Firme transnationale Renault.
Espaces ruraux touristiquesPyrénéesAménagement de stations de ski (Le Tourmalet, 1ère station de ski des Pyrénées). Liaison aux axes autoroutiers (A64). Saison hivernale (sports d’hiver). Saison estivale: randonnée, tour de France

D’autres sujets peuvent nécessiter pour argumenter de développer les avantages et les limites du territoires. C’est le cas par exemple d’u sujet sur les aires urbaines ou sur les aménagements dans les départements-régions d’Outre-Mer (DROM).

La question de l’eau à Gaza

Voici un document exploitable sur l’eau à Gaza extrait de l’ouvrage du dernier ouvrage de Jean Pierre Filiu, Un histoiren à Gaza, Les arènes, Paris, 2025. Jean Pierre Filiu est un historien spécialiste du Moyen-Orient et de Gaza. Il a notamment écrit une Histoire de Gaza. Il écrit notamment des chroniques dans Le Monde

« Gaza a été durant des millénaires une oasis réputée pour la richesse de sa végétation et la douceur de son climat. Le Wadi Gaza, cette « vallée de Gaza » qui débouche en Méditerranée, au sud de la cité éponyme, avait un débit bien plus important que le fameux Jourdain. Là rayonnait la zone humide la plus vaste de la Palestine historique, réputée pour ses vergers et ses palmeraies. La prospérité de Gaza reposait largement sur ses exportations de céréales et d’agrumes, les premières dominant la fin de la période ottomane, avant que les secondes prennent l’avantage durant le mandat britannique et l’administration égyptienne.

C’est l’occupation de 1967 qui fait basculer les ressources hydrauliques de Gaza sous la coupe d’Israël, avec d’abord l’implantation de Mekorot, la compagnie nationale des eaux de l’État hébreu, puis le détournement vers les colonies de peuplement. Celles-ci ont beau n’accueillir que quelques milliers de colons plutôt radicaux, elles accaparent un quart des terres de l’enclave palestinienne et une allocation disproportionnée de l’eau. La politique de la terre brûlée qui marque le retrait unilatéral de 2005 interdit à la population de Gaza de profiter des infrastructures établies au pro.t des colons.

L’armée israélienne veille à maintenir l’ensemble du territoire sous son étroite dépendance, un étau qui se resserre en 2007 après la prise de contrôle par le Hamas et l’instauration d’un blocus rigoureux. Cette mainmise israélienne, désormais à distance, aggrave un cercle vicieux où la pression démographique accentue la surexploitation de la nappe phréatique, de plus en plus infiltrée par l’eau de mer, elle-même de plus en plus contaminée par le déversement des eaux usées dans la Méditerranée. En 2021, seuls 7 % de la consommation en eau de la bande de Gaza sont fournis par trois centrales de désalinisation, qui assurent aussi la chloration de l’eau de mer, tandis que 13 % sont livrés par trois pipelines de Mekorot. Pour profiter de la qualité de l’eau israélienne, il faut être connecté à ce réseau, payer un surcoût et être en mesure de constituer des réserves, l’eau ne coulant que par intermittence. Les 80 % restants sont extraits de quelque trois cents puits, publics ou privés, forés dans la nappe phréatique. Cette eau est impropre à la consommation, sauf à être désalinisée et purifiée. À la veille du conflit en cours, l’allocation quotidienne en eau dans la bande de Gaza est d’environ 80 litres par personne, trois fois moins qu’en Israël. Elle a chuté, en ces derniers jours de 2024, à 9 litres par personne et par jour, dont seulement 2 litres d’eau potable, une moyenne qui masque de sérieuses disparités dans l’accès à une ressource devenue aussi rare. »

Analyser une affiche de propagande

Une affiche de propagande a pour but de délivrer un message politique ; elle est placée dans un lieu public et doit être facilement comprise pour mieux convaincre.
 

Etape 1: Présenter le document

Quand ? (date), Qui l’a réalisé (l’auteur), la Nature (type de document), le Sujet/titre. D.A.N.S. pour aller plus vite. Dans une analyse de propagande, cette présentation n’est pas une formalité. Cela permet de savoir quel est le point de vue exprimé. La date permettra de situer le document dans un contexte. Le sujet, de pouvoir comprendre le thème du document.

Etape 2: Décrire le document

Identifier les personnages, les symboles et leur sens, les éléments de décors, les couleurs utilisées, le(s) slogan(s) (le texte court qui résume le message) etc.

Décrire et expliquer la dynamique de l’affiche et comment ces différents éléments sont organisés. La composition: premier plan, arrière plan par exemple. La taille et la disposition des symboles, mais aussi des personnages ainsi que leur vêtement, leur attitude, leur regard etc.

Etape 3: Critiquer le document (analyser)

Donner du sens à l’affiche : Quel(s) message(s) veut transmettre l’affiche ? Ce message est-il péjoratif (critique, dénonciation) ou positif ? (défendre une idée, un objet, faire l’éloge de quelqu’un).

Pourquoi l’artiste ou le commanditaire a-t-il voulu faire passer un tel message?

Faire preuve d’esprit critique : quelle est la réalité du message? L’affiche dit-elle toute la vérité, cache-t-elle des éléments ? Donner des exemples concrets qui confirment le manque d’objectivité

Exemple d’activité sur l’analyse d’affiche

Quelles ont été les grandes étapes de la révolution bolchévique ?

Source: https://www.geo.fr/histoire/quelles-ont-ete-les-grandes-etapes-de-la-revolution-bolchevique-218841

En 1917, la révolution russe ou révolution bolchévique achève de mettre à bas le régime tsariste. C’est ainsi que naît la république socialiste fédérative soviétique de Russie, entraînant de nombreux et profonds changements structurels.

Si la Russie est une grande puissance avant 1914, la Première Guerre mondiale met le pays à mal. La bourgeoisie souhaite éliminer le tsar régnant Nicolas II pour faire monter son frère sur le trône. En 1916, la population est en désaccord sur la poursuite de la guerre, l’hiver rude fait grimper les prix et le pain est rationné, les manifestations se multiplient : le tsar abdique en mars, laissant place à un gouvernement provisoire présidé par la bourgeoisie.

Depuis son exil, puis lors de son retour, Lénine œuvre toutefois pour une prise de pouvoir populaire, qui adviendra au mois d’octobre 1917.

L’abdication du tsar, première étape de la révolution bolchevique

La révolution russe s’est déroulée en deux temps forts. Le premier est la révolution de Février, qui voit la situation se dégrader de jour en jour pour le tsar et l’armée penche de plus en plus du côté des insurgés.

Les bolchéviques ne sont cependant pas encore les leaders qu’ils seront par la suite, et les réflexions se font en commun avec les menchéviques, l’autre groupe du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), dont les bolchéviques se sont émancipés en 1912. Le 15 mars 1917, Nicolas II abdique au profit de son frère, mais ce dernier renonce au trône, mettant ainsi fin au régime tsariste et laissant en place un régime provisoire.

L’insurrection de Petrograd

L’insurrection qui marque le point d’orgue de la révolution d’Octobre est lancée par Lénine et Trotski. L’objectif est de faire passer le pouvoir aux mains des prolétaires et d’en finir avec la situation actuelle où deux pouvoirs se partagent la Russie : le gouvernement provisoire et le soviet de Petrograd (nom donné à la ville de Saint-Pétersbourg ).

Le soviet de Pétrograd

Les bolchéviques occupent alors les bâtiments officiels, le palais d’Hiver est bombardé, mais les effusions de sang sont limitées, car la résistance est faible, les régiments en place se déclarant rapidement neutres ou en faveur du soulèvement.

Les grands décrets du nouveau gouvernement bolchévique

Le 26 octobre 1917 voit la création du gouvernement bolchévique, baptisé « Conseil des commissaires du peuple ». Les bolchéviques sont en effet les grands gagnants de la révolution russe. Ils ont réussi à évincer les menchéviques.

Lénine est à la tête du nouveau gouvernement, tandis que Trotski est chargé des Affaires étrangères et que Staline est responsable des Nationalités (habitants non russes installés dans le pays). Les grands décrets qui fondent le nouveau régime sont alors proclamés : le décret sur la paix cherche une entente avec tous les pays en guerre contre la Russie, le décret sur la terre abolit la grande propriété foncière au profit des soviets paysans, et le décret sur les nationalités assure à tous les peuples l’égalité sur le sol russe.

Les grandes réformes de la révolution russe

Par la suite, la peine de mort est abolie, les banques sont nationalisées le 14 décembre 1917, une milice ouvrière est mise en place, ainsi que le contrôle ouvrier sur la production et la journée de 8 heures. Le nouveau régime annonce la séparation de l’Église et de l’État, et le passage au calendrier grégorien.

Cependant, le pouvoir doit se consolider : dès le 12 novembre, Kerenski tente une reconquête de Petrograd et l’adhésion au nouveau régime reste précaire dans l’ensemble du pays. Après la révolution, la Russie connaît ainsi un épisode de guerre civile.