Archives de catégorie : 3ème

Progression du développement construit en troisième

Thème/périodeEléments de progressivité
La première guerre mondiale, une guerre totale (septembre)Les civils dans la guerre totale Rédaction d’un développement construit à partir d’un écrit intermédiaire : analyse de documents avec un tableau à compléter. Les grands axes constituent les colonnes du tableau. Après correction, les élèves ont un temps pour rédiger le développement construit à l’aide de l’outil méthode.  
Entrainement autour de cartes mentales Word café autour de sujets possibles de développements construits (= carte mentale/plan détaillé)  
Evaluation de fin de séquence : un sujet de développement construit parmi une liste de cinq Attendu d’une quinzaine, vingtaine de lignes Les grands axes sont donnés
Le front populaire (novembre)Evaluation de fin de séquence Développement construit autour d’une leçon dont la trame du cours est très serrée Trame du développement donnée : introduction, axe 1 / axe 2 / axe 3 / conclusion Reprise des éléments de la trame du développement construit en correction  
Les espaces productifs (janvier)Fin de séquence Entrainement à un plan détaillé autour d’un type d’espace productif
Evaluation de fin de séquence Correction avec les différents éléments du développement construit + rappel des attendus (barème) Retours aux élèves : points forts, points à améliorer 20 minutes de correction avec un point à améliorer à modifier -> nouvelle correction et bonification des efforts de correction par les élèves
DNB Blanc (février-mars)Développement construit avec attendus du DNB En général sur le dernier thème (2nde GM) ou autre thème déjà vu Correction type avec attendus du développement construit de fin de troisième Bilan général des point forts ou points d’amélioration
Aménager le territoire Aménager les DROM (avril)Développement construit Etude de cas où les élèves répondent à des questions et rédigent une synthèse (sous forme de tableau avec des grands axes) Développement construit avec au choix deux sujets (une heure, devoir évalué) et aide de la fiche de révision -> Attentes autour de la structuration du développement construit
La construction européenne (mai)Entrainement au développement construit Par groupes, les élèves prépare un écrit intermédiaire sur les différentes étapes de la construction européenne. Après la mise en commun, les élèves s’exercent au développement construit (les copies d’élèves volontaires ou désignées sont ramassées).
Révisions finales (juin)Révisions Entrainement à des plans détaillés autour de sujets (la France, les mutations économiques, sociales et culturelles) Les critères du développement construit et derniers conseils

Pistes d’améliorations :

  • Un entrainement supplémentaire type DNB
  • Des cartes mentales ou plans de base pour chaque sujet potentiel

Les étapes du développement construit

Les grandes étapes

Je rédige un développement construit dans une expression correcte

  • Les phrases sont correctes
  • Orthographe correcte
  • Liaison entre phrases

Je structure mon développement construit

  • Introduction: présentation du sujet en quelques phrases, problématique
  • Organisation du paragraphe autour de grandes idées
  • Conclusion: rédaction du bilan en une phrase

Je maîtrise les connaissances du sujet

  • Repères géographiques
  • Construction d’une argumentation: idées illustrées par des exemples, des justifications, des faits, chiffres…
  • Notions, vocabulaire clairement expliqué

Concrètement, comment je fais ?

Introduction

  • Phrase de présentation (où/quand)
  • Définitions des termes
  • Problématique et annonce du plan

Développement

  • Deux ou trois grands axes
  • Arguments qui expliquent les grands axes
  • Exemples qui illustrent les arguments, apportent des preuves (faits, chiffres, exemples)

Conclusion

  • Bilan : réponse à la problématique

  • Introduction

Axe I:

Axe II:

Axe III:

  • Conclusion

Barème

Prise de notes sur l’ouvrage de Mark Mazower, Le continent des ténèbres, une histoire de l’Europe du XXème siècle

Marc MAZOWER, Le continent des ténèbres, Une histoire de l’Europe du XXème siècle, 2021, 1ere édition 1998, 688 p.

Mazower adopte une démarche comparatiste à l’échelle européenne. Refusant les histoires nationales, il met en évidence les circulations d’idées, les influences réciproques et les expériences politiques communes qui traversent le continent tout au long du XXᵉ siècle.

La démocratie n’est jamais gagnée

Mazower part d’une idée simple. La victoire de la démocratie n’est pas irréversible. Elle est la conséquence de la victoire des forces démocratiques sur les régimes autoritaires et conservateurs. Elle n’est pas définitive car le régime démocratique, faisant l’objet de critiques légitimes, peut aussi être sacrifié au profit de régimes bien plus autoritaires.

Pour étayer sa thèse de départ, Mazower montre, par exemple, que, pour Churchill, pourtant dirigeant d’un régime parlementaire, la démocratie est l’exception. Il est prêt, pour cela, à s’allier avec l’Italie mussolinienne au début des années 1920. Dans l’Europe des années 1920-1930, l’anticommunisme l’emporte sur la démocratie dans toute l’Europe centrale, avec l’instauration de régimes autoritaires de droite. Mussolini affirme : « Le siècle actuel est le siècle de l’autorité, un siècle de « droite », un siècle fasciste. » Dans le même temps, la démocratie peut parfois creuser sa propre tombe par son absence de dialogue politique et de consensus démocratique. Les contradictions sont si aiguës que le cadre démocratique ne peut plus exister, comme ce fut le cas de la République de Weimar.

Mussolini rend visite à Hitler en 1940 à Munich.

Ainsi, la conception démocratique du pouvoir d’État est toujours en jeu. Cet ouvrage interroge le passé, mais il questionne aussi le présent. Il montre que les forces démocratiques peuvent être mises en minorité. Dans ces cas, la suppression de la liberté de conscience se retourne contre les peuples de façon très concrète.

L’idée démocratique rencontre le nationalisme

Le nationalisme déstructure les attachements dynastiques et religieux et crée de nouvelles solidarités. La communauté devient nationale ; pourtant, les territoires de ces États-nations ne sont pas homogènes. Ainsi, plusieurs modèles de règlement de l’hétérogénéité nationale apparaissent :

  • L’URSS lance une tentative de solution fédérale où les élites locales se déploient dans un cadre administratif territorial. L’enseignement dans les républiques soviétiques se réalise dans les langues locales, mais l’État est dirigé de façon très centralisée par le PCUS.
  • Les États libéraux et démocratiques tentent, après la Première Guerre mondiale, avec la SDN, de former de nouveaux États-nations garantissant des droits aux minorités. Cette SDN, pourtant, ne reconnaît pas l’égalité des peuples : la proposition japonaise d’égalité des races est repoussée. Ces États ont bien du mal à imposer leurs conceptions aux nouveaux venus au banc des nations. En Pologne, par exemple, le parti paysan polonais défend l’égalité des droits, sauf pour les Juifs, qui seraient une « nation étrangère et consciente de l’être ».
  • Enfin, se développe un nationalisme exclusiviste, porté à son paroxysme par les partis fascistes, dont, en premier lieu, le parti nazi. Pour Carl Schmitt, une démocratie de masse réclame « d’abord l’homogénéité et ensuite, si nécessaire, l’élimination ou l’éradication de l’hétérogénéité ». Il affirme également qu’« une démocratie démontre sa force politique en sachant rejeter ou tenir en lisière tout ce qui, lui étant étranger et inégal, menace son homogénéité ». Il défend ainsi la vision d’un peuple pur et mythifié, uni comme un seul homme. Toute division susceptible d’affaiblir cette unité serait alors considérée comme antinationale.

Le modèle fasciste face à la démocratie

« Qui n’a pas la force de lutter pour sa propre santé perd le droit de vivre dans ce monde de lutte » (Hitler). Cette citation résume toute la conception nazie du rôle de l’individu dans la société : un darwinisme social dans lequel le plus fort triomphe du « faible ».

Caricature antisémite montrant un Juif qui tient en laisse un fonctionnaire soviétique. Légende : « La personne “idéale” pour le peuple élu : les goûts, ça ne se discute pas. »

Cependant, dans ce combat entre démocratie et fascisme, la défense de la liberté, à elle seule, ne peut suffire, d’après Mazower, à combattre le fascisme ni à entraîner les larges masses dans la défense de la démocratie. C’est pourquoi la victoire de la démocratie sur le nazisme s’accompagne également d’une « conception nouvelle de la solidarité sociale et de la cohésion nationale ». De la même façon, la défaite des fascismes a fait émerger un « consensus antiraciste international ».

Le fascisme entend rétablir le modèle familial remis en cause par la révolution industrielle. Il s’oppose ainsi au modèle soviétique, qui cherche à émanciper les femmes à travers la lutte contre l’Église et les pouvoirs patriarcaux, même si un retour en arrière s’opère sur leur condition à partir des années 1930. Plus largement, les États favorisent la natalité afin de préparer de futurs soldats.

Cette conception de la domination du fort sur le faible conduit à un eugénisme radical : stérilisation forcée des malades mentaux, des criminels, des délinquants, des Tsiganes et des enfants métis.

La crise du capitalisme : modèle soviétique et exacerbation des nationalismes

Avec la crise économique et la destruction de denrées destinées à maintenir les prix, le capitalisme de marché apparaît de moins en moins rationnel. Les gouvernements tentent de répondre à la crise par des politiques d’austérité et de déflation qui, loin de la résoudre, contribuent à l’aggraver.

Dans ce contexte, le système soviétique peut apparaître comme une alternative. En 1929, Staline impose, par la force, la collectivisation de l’agriculture afin de mieux approvisionner les villes. L’URSS met ainsi durablement son agriculture en difficulté, pour plusieurs générations. De nouvelles villes industrielles surgissent rapidement, comme Magnitogorsk, alors la plus grande aciérie du monde. Cette industrialisation à marche forcée favorise une véritable ascension sociale pour de nombreux paysans et ouvriers. Toutefois, cette promotion sociale s’effectue au prix de leurs libertés. Ainsi, près de 10 % des paysans ayant bâti Magnitogorsk meurent lors de la construction de la ville. Comme l’écrit Mazower, « le stalinisme, c’était la terreur et la répression, mais c’était aussi d’excitantes opportunités d’ascension sociale, à la différence de la société tsariste figée dans sa hiérarchie ».

Usine de tracteurs de Magnitogorsk – https://www.johndclare.net/Russ11_Magnitogorsk.htm

En Europe de l’Ouest, les États répondent également à la crise par des politiques de planification, une politique commerciale protectionniste et l’instauration de barrières douanières. En Allemagne, un service de travail obligatoire est instauré, avec un contrôle des salaires et des campagnes contre le travail féminin. Grâce à la remilitarisation, l’Allemagne atteint le plein-emploi en 1939. La reprise économique de l’Italie et de l’Allemagne est notamment liée à la militarisation de leur État. En outre, dans les relations entre ouvriers et patrons, les régimes fascistes arbitrent largement en faveur de ces derniers. Ils demeurent ainsi des économies fondées sur de bas salaires.

En France, Mazower tend à minimiser l’expérience du Front populaire. Il estime que les acquis obtenus étaient, pour la plupart, déjà en vigueur dans d’autres pays européens et que la politique du franc fort a finalement sonné le glas de cette expérience.

Le nouvel ordre hitlérien : un ordre européen au service de la domination allemande

Hitler souhaite établir en Europe de l’Est un véritable « empire des Indes », fondé sur une hiérarchie raciale clairement définie. À ses yeux, l’Allemagne est légitime à dominer l’Europe, de la même manière que les États-Unis contrôlent l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud. Au cours de sa guerre européenne, il fait peser le poids de l’économie de guerre sur les territoires conquis afin de garantir au peuple allemand un niveau de consommation satisfaisant. C’est pourquoi il accorde peu d’importance aux nazis locaux, qu’il méprise.

Les nazis mènent une guerre à la fois totale et raciale. Les prisonniers de guerre soviétiques meurent par millions, alors même que le Reich manque de main-d’œuvre. Cette guerre entraîne une radicalisation constante du régime : les élites polonaises sont éliminées, les universités sont fermées et les Polonais sont réduits à une simple obéissance envers les Allemands. Cette radicalisation à l’Est conduit finalement à l’extermination des Juifs.

L’émergence d’un nouvel ordre démocratique dans une paix violente

Pendant la guerre, Léon Blum évoque l’idée d’une « démocratie populaire », appelée à devenir une « démocratie sociale ». De son côté, William Beveridge défend l’idée d’un « communisme dans des conditions démocratiques ». La question d’une démocratie fondée sur la solidarité sociale est alors posée. Durant cette période, les opinions publiques évoluent vers la gauche et valorisent davantage les expériences collectives ainsi que les politiques de solidarité. À l’inverse, Friedrich von Hayek dénonce, dès 1944, le « socialisme démocratique ». Pourtant, en Europe, des économies mixtes et des protections sociales se mettent progressivement en place. Parallèlement, les droits des femmes, l’antiracisme, le droit international et les droits de l’homme s’affirment.

La Seconde Guerre mondiale est d’abord un affrontement militaire engagé par Hitler, mais elle constitue également une guerre entre races, groupes religieux et communautés ethniques. Elle est aussi une guerre de classes et une succession de guerres civiles opposant collaborateurs et résistants. Même après la Libération, un fort antisémitisme subsiste en Pologne, poussant de nombreux Juifs à émigrer vers Israël. Comme l’écrit Mazower, les Arabes palestiniens « durent payer le refus de l’Europe de réintégrer ce qui restait de sa population juive ». Par ailleurs, cinq millions d’Allemands d’Europe orientale sont déplacés vers l’Ouest.

La Libération est particulièrement violente dans les régions où les résistances sont les plus fortes et les plus divisées, et où le conflit s’est transformé en véritable guerre sociale, comme en Grèce ou en Yougoslavie. Dans les démocraties populaires, les purges permettent aux nouveaux régimes de consolider leur pouvoir et de renforcer, dans un premier temps, leur popularité.

Les démocraties populaires à l’Est : le progrès social au milieu de la terreur

À l’Est, l’URSS ne se prépare pas à une nouvelle guerre. Mazower remet ainsi en cause le mythe d’une Union soviétique « le fusil au pied », prête à envahir l’Europe occidentale. L’URSS s’appuie au contraire sur des élites locales afin de promouvoir un nationalisme associé à « une utopie urbaine et industrielle ». Les dirigeants communistes entreprennent ainsi une modernisation rapide de leurs pays. En Hongrie, par exemple, Gerő est présenté comme un bâtisseur, symbole de cette politique de modernisation.

Cependant, les communistes éliminent progressivement leurs opposants par la marginalisation politique, la censure, l’interdiction de nombreux ouvrages et la mise en place de régimes policiers. Dès 1947, la terreur et la planification deviennent les fondements du système. Des progrès importants sont néanmoins réalisés dans le domaine de la santé, avec la multiplication des hôpitaux, le développement des universités et la gratuité des soins. Les inégalités sont également limitées. Toutefois, les pénuries, la corruption et les prélèvements économiques imposés par l’URSS finissent par fragiliser ce modèle.

L’imposition d’un modèle démocratique en Europe de l’Ouest

Après-guerre, les sociétés européennes expriment une forte demande de solidarité sociale, qui se traduit notamment par des taux d’imposition élevés destinés à financer l’État-providence. Toutefois, les inégalités de revenus demeurent importantes et les principaux bénéficiaires de ce système sont ceux qui profitent du plein-emploi. Dès les années 1950 et 1960, cependant, l’individualisme et la consommation de masse ébranlent progressivement cet État-providence. Les solidarités collectives sont peu à peu érosées par la montée de l’individualisme, entraînant un affaiblissement de la conscience collective.

Avec Mai 68, les femmes obtiennent des avancées importantes. Mazower évoque notamment l’exemple de Franca Viola, jeune Italienne violée qui refuse, pour la première fois, d’épouser son agresseur. Plus largement, Mai 68 nourrit une critique de toutes les formes d’autorité — politique, militaire, patronale — et conduit, dans plusieurs pays, à un renforcement des moyens accordés aux universités.

Franca Viola

La crise du contrat social

Le choc pétrolier met en évidence la « vulnérabilité du capitalisme européen ». Au Royaume-Uni, Margaret Thatcher entreprend de démanteler l’État-providence par une politique de privatisations et un renforcement des pouvoirs de l’État face aux mouvements sociaux, notamment lors des grèves des mineurs. Aucun autre pays européen ne suit intégralement ce modèle, même si la France engage également plusieurs vagues de privatisations. C’est sous Thatcher qu’émerge le concept de société post-industrielle, reléguant au second plan le rôle fondamental de l’industrie dans l’économie.

Grèves dures en Angleterre (1984-1985) et répression de l’Etat par la Dame de fer,

Les années 1980 et 1990 sont marquées par un changement de regard sur la pauvreté : les pauvres sont de plus en plus considérés comme responsables de leur propre situation. Les sociétés européennes tolèrent davantage les inégalités sociales ; en 1993, près de 17 % de la population de l’Union européenne vit sous le seuil de pauvreté. Les immigrés deviennent progressivement la cible privilégiée des partis d’extrême droite, même si les politiques d’expulsion restent encore peu soutenues par l’opinion publique à la fin des années 1990. Mazower évoque ainsi un véritable « désenchantement démocratique » nourri par ces incertitudes économiques et sociales.

L’effondrement du communisme

Au cours des années 1980, le modèle communiste entre dans une phase de stagnation caractérisée par les pénuries, la désindustrialisation et les catastrophes écologiques. Surtout, les partis communistes connaissent un « effondrement de la foi dans l’idéologie socialiste ». En Pologne, face à Solidarność, les militaires prennent le pouvoir. Dans les autres démocraties populaires, les directions vieillissantes cherchent parfois à renforcer leur légitimité en mobilisant le nationalisme.

C’est avant tout la crise de l’Union soviétique qui desserre son emprise sur les démocraties populaires. Les pays baltes revendiquent davantage d’autonomie et affirment la supériorité de leurs lois sur la législation fédérale. La Hongrie ouvre sa frontière avec l’Autriche et, en Pologne, des gouvernements non communistes accèdent au pouvoir.

Les politiques inspirées du modèle thatchérien sont alors rapidement mises en œuvre : privatisations massives, recul de la protection sociale, hausse des inégalités et progression du chômage. L’individualisme s’impose progressivement au détriment de l’économie morale héritée du communisme. Dans le même temps, le nationalisme remplace rapidement le communisme comme principal référent politique. La disparition du bloc de l’Est fait également ressurgir des antagonismes nationaux longtemps contenus. Certains mouvements nationalistes développent alors un discours exclusif, parfois antisémite, et réhabilitent d’anciens collaborateurs des nazis, tels qu’Antonescu en Roumanie, Pavelić en Croatie ou Tiso en Slovaquie.

Conclusion

Pour Mazower, le véritable vainqueur de 1989 n’est pas la démocratie, mais le capitalisme. Celui-ci a progressivement détruit les anciennes solidarités de classe et accru l’insécurité sociale des individus. Face à cette montée de l’individualisme, les formes d’identités collectives apparaissent comme des repères essentiels, voire comme des refuges. Dans cette perspective, l’État-nation et le sentiment d’appartenance nationale demeurent des références majeures. Finalement, Mazower met en lumière plusieurs enseignements essentiels pour comprendre la situation contemporaine :

  1. La démocratie et la liberté ne suffisent pas, à elles seules, à assurer la pérennité d’un régime démocratique. À l’ère des sociétés de masse, elles doivent intéresser la majorité de la population et s’accompagner d’une politique de justice sociale capable de répondre aux attentes des citoyens.
  2. Le fascisme, lorsqu’il vainc ses adversaires, s’en prend rapidement aux minorités que la démocratie protégeait. Il cherche à éliminer tout ce qui fait obstacle à une homogénéité nationale largement mythifiée. Or, une nation rassemble des individus aux origines, aux cultures, aux expériences sociales et aux opinions diverses. Elle peut être unifiée par un pouvoir autoritaire, mais aussi par un cadre politique démocratique. Dans la pensée nationaliste, la nation est présentée comme une communauté capable de transcender les divisions sociales et les intérêts de classe.
  3. Les régimes communistes ont pu apparaître, pendant un temps, comme une véritable alternative au capitalisme. Ils ont cependant échoué, tant sur le plan démocratique qu’économique, à susciter une adhésion durable et à favoriser un progrès individuel suffisant, notamment à partir du tournant des années 1950-1960.
  4. La victoire sur le fascisme en 1945 a permis, durant plusieurs décennies, d’associer le développement de la démocratie à d’importants progrès sociaux : consolidation de l’État social, lutte contre le racisme, affirmation des droits des femmes, développement du droit international et promotion des droits humains.
  5. Depuis les années 1980, la montée du capitalisme libéral s’accompagne d’une hausse globale des revenus, mais aussi d’une remise en cause du contrat social construit après 1945. Cette évolution fragilise les conceptions démocratiques héritées de l’après-guerre.

Refonder la République, la démocratie (1944-1947)

Doc 4 p. 185

  1. Présente ce document. Qu’est-ce qu’un préambule ?
  2. Montre que le préambule de la Constitution de 1946 instaure de nouvelles conceptions de l’égalité.
  3. Quels nouveaux droits sont défendus par la nouvelle République? 
  1. Quand les femmes votent-elles pour la première fois ?
  2. Quand ont-elles obtenu le droit de vote ?
  3. Pour quelles raisons les femmes ont obtenu le droite de vote aussi tardivement ?
  4. Qu’est-ce qui a favorisé le droit de vote des femmes ?

Activité, pages 182-183

  1. Doc 1 : Quand et par qui le programme du CNR a-t-il été rédigé ?
  2. A l’aide du dossier et de la vidéo, complète le tableau suivant

Je rédige un article de presse. Journaliste, vous rédigez un article pour le journal Franc-Tireur issu de la Résistance française. Dans cet article, vous présenterez les réformes mises en place à la Libération et qui s’inspirent du programme du Conseil National de la Résistance.

Aide :

Les titres : doivent inciter à lire ; doivent être concis, accrocheurs, originaux.

Les intertitres : doivent ménager un circuit de lecture au lecteur.

Le chapeau : doit résumer brièvement l’essentiel de l’article.

L’attaque (début de l’article) : doit accrocher l’attention du lecteur, l’inciter à poursuivre.

La chute : (fin de l’article) moment de prendre congé du lecteur : touche finale d’émotion, d’humour, d’originalité ou ouverture de la réflexion

Roman national : Héritage ou imposture ? avec Sophie Bessis & Paule Petitier

Sophie Bessis et Paul Petitier analysent la construction et la légitimation du mythe entourant l’histoire française depuis le XIXe siècle. Ils explorent comment les manuels scolaires et la mémoire collective ont façonné un récit héroïque, tout en occultant certaines réalités historiques.

Le roman national est de plus en plus remis en cause. Pourquoi ? Ce roman est-il un héritage ou une imposture historique ?

Paule Petitier et Sophie Bessis se rencontrent au Collège des Bernardins pour échanger sur ce thème lors d’un débat exceptionnel.

Une rencontre animée par Alexandre Wirth.

Le « non » de Franca Viola qui a changé le regard sur le viol en Italie

Article sur TV5 Monde

« Je ne suis la propriété de personne » : les paroles prononcées il y a soixante ans par une jeune Sicilienne résonnent aujourd’hui avec les bouleversements sociétaux amenés par le procès de Mazan en France et son écho mondial. Viola Franca n’a jamais accepté d’épouser son ex pour « réparer » le viol.

Viola Franca pendant son procès, en décembre 1966.

Le « non » de Franca Viola qui a changé le regard sur le viol en Italie

Soixante ans avant le procès de Mazan, dans une Sicile rurale oubliée du boom économique italien qui avait vu les métropoles du nord se développer rapidement et attirer

Soixante ans avant le procès de Mazan, dans une Sicile rurale oubliée du boom économique italien qui avait vu les métropoles du nord se développer rapidement et attirer la classe ouvrière des régions méridionales, une jeune femme, Franca Viola, s’affichait fièrement face à un pays encore englué dans la misogynie et des traditions archaïques.

Ce sont ceux qui commettent les crimes qui perdent leur honneur, pas celles qui les subissent. Franca Viola

« Je ne suis la propriété de personne, personne peut me contraindre à aimer un homme que je ne respecte pas. Ce sont ceux qui commettent les crimes qui perdent leur honneur, pas celles qui les subissent« , lançait la jeune femme du haut de ses 18 ans, 

Dans la salle des pas perdus du tribunal d’Avignon, la dignité de Gisèle Pelicot au procès de Mazan ne pouvait que rappeler celle de la jeune Sicilienne qui prononça ces paroles. Il y a soixante ans, l’adolescente avait déjà parfaitement compris que la honte devait changer de camp.  

Echos de la Sicile profonde

La petite ville d’Alcamo, en Sicile, a son lot généreux d’églises baroques, de ruelles blanches et de bateaux colorés qui dansent sur les eaux de la baie de Trapani. En 1966, cette région n’avait pas beaucoup évolué depuis ce qu’en dépeignait l’écrivain Giovanni Verga, dans son récit I Malavoglia, une saga familiale du début du siècle où les hommes dessinent le destin et les femmes le suivent en silence. 

Qui aurait pu imaginer la tournure que les événements allaient prendre ? Cette année-là, le « non » de Franca Viola a changé  le cours de l’histoire des femmes italiennes. Le courage de cette jeune fille a su ériger un barrage là où le courant du patriarcat avait creusé son cours depuis des siècles.

« Non » à la mafia

Un petit vignoble et un père aimant : il n’y a que ces deux richesses dans la vie de l’adolescente au moment où elle rencontre Filippo Melodia, qui appartient à une famille riche, puissante, de celles que l’on craint et dont on ne prononce le nom qu’à voix basse. Les deux jeunes gens tombent amoureux. 

Dans les années 1960, les Melodia tissent des liens avec Cosa Nostra, la mafia sicilienne, et Filippo est un garçon habitué à obtenir facilement tout ce qu’il veut. Franca découvre que sur son fiancé pèse une accusation de vol ; elle comprend que Filippo entretient des relations étroites avec la mafia locale. Alors elle décide de mettre un terme à leur liaison. 

Pour le jeune homme, ce refus est inadmissible. Armé, il se rend au domicile de Franca et menace sa famille à plusieurs reprises. Mais rien y fait, la jeune fille ne plie pas. Filippo Melodia organise alors son enlèvement, aidé de douze complices. 

Le calvaire de Franca Viola  commence le 26 décembre 1965 et dure huit jours. L’adolescente est emmenée de force dans une ferme hors du village. Entre ricanements et insultes, elle est violée, humiliée.  Au bout d’une semaine, la police parvient enfin a retrouver l’endroit où la jeune fille est séquestrée. 

« Non » au mariage de réparation

Franca retrouve son père et Filippo Melodia est interpelé avec ses complices. Après son arrestation, il évoque la possibilité d’un « mariage réparateur » pour… rendre à Franca l’honneur volé – et pour, lui-même, échapper au procès et à la prison. Dans l’Italie de l’époque, la pratique est plutôt courante : si une femme violée accepte d’épouser son violeur, ce dernier est blanchi de toute accusation et elle peut retrouver « l’honneur perdu ». 

C’était écrit noir sur blanc dans la loi. Dans le code pénal  italien figurait un article, le 530, où l’on pouvait lire ces lignes : « Le mariage que l’auteur du délit contracte avec la personne offensée éteint le délit, et s’il y a eu condamnation, son exécution et ses effets pénaux cessent… » A l’époque, le viol était considéré comme « un délit contre la moralité publique » et non pas contre la personne. La loi demeura inchangée jusqu’en 1996. 

Filippo Melodia est alors déterminé à éviter toute poursuite pénale grâce à un mariage forcé avec sa victime, mais c’est sans compter la réaction de Franca. La jeune femme refuse de se marier avec son ravisseur, faisant voler en éclat des siècles d’omerta et de soumission féminine.

Tandis que les journaux essaient de donner en pâture au public les détails de l’histoire, Franca, la tête haute, accepte un procès sans huis clos. Du jamais vu. La société entière en veut à cette fille « sans honneur ». Les avocats de Filippo Melodia la décrivent comme une fille facile et une partie de sa famille refuse de la soutenir. Son père reste silencieux, à ses cotés ; il a préféré tout perdre – l’honneur, les amis, le travail – plutôt que d’abandonner sa Franca. 

Icone de la lutte pour les droits des femmes

La fracture sociale entre nord et sud du pays se reflète dans le débat public qui entoure l’affaire. Au nord, la société salue le courage héroïque de la jeune femme, qui devient rapidement une icone des jeunes mouvements féministes qui manifestent pour obtenir une loi sur divorce et le droit à l’avortement. Au sud, en revanche, on ne lui pardonne pas d’être allée à l’encontre des conventions sociales traditionnelles et on se demande qui voudra un jour épouser cette fille rebelle qui n’est plus vierge. 

Une brèche ouverte sur la modernité

Malgré tout, dans ce sud si conservateur à l’époque, Franca a su secouer les mentalités. Le jour du verdict, les Siciliens ont ouvert une brèche dans l’archaïsme, même si la région est restée encore longtemps figée dans son immobilisme ancestral. Il faudra encore attendre le 5 aout 1981, seize ans après le procès d’Alcamo, pour que le mariage réparateur soit effacé de la loi italienne. 

Reconnue comme une icone de la lutte pour les droits des femmes, le 8 mars 2014, Franca Viola est nommée Grand officier de l’Ordre du Mérite par l’ancien président de la République italienne Giorgio Napolitano. 

Franca Viola vit toujours dans le même village, à Alcamo, avec son mari Giuseppe et ses enfants. Filippo Melodia purgea sa peine jusqu’en 1976, pour finir tué dans un règlement de comptes entre mafieux à peine deux ans plus tard. 

Dans une interview donnée au quotidien italien La Stampa il y a quelques années, Franca racontait croiser encore de temps en temps les complices de son ravisseur.  « Ils me saluent, et puis ils baissent les yeux », confiait-elle au journaliste. 

Vincent Lemire, Histoire de Jérusalem

Une BD passionnante sur l’histoire de Jérusalem, des royaumes et empires, des religions, du conflit israélo-palestinien de l’Antiquité à nos jours.

Découvrez toute l’histoire de Jérusalem grâce à une bande dessinée vivante et documentée.Il y a 4 000 ans, Jérusalem était une petite bourgade isolée, perchée sur une ligne de crête entre la Méditerranée et le désert. Aujourd’hui, c’est une agglomération de presque un million d’habitants, qui focalise les regards et attire les visiteurs du monde entier.Entre-temps, les monothéismes y ont été inventés, les plus grands conquérants s’en sont emparé, les plus grands empires s’y sont affrontés. Tour à tour égyptienne, perse, juive, grecque, romaine, byzantine, arabe, croisée, mamelouke, ottomane, anglaise, jordanienne, israélienne et palestinienne, Jérusalem est au coeur des intérêts et des passions du monde. Berceau du judaïsme, du christianisme et de l’islam, elle est aujourd’hui une capitale spirituelle pour plus de la moitié de l’humanité.En 10 chapitres, acteurs et témoins, célèbres ou anonymes, toutes celles et ceux qui ont arpenté Jérusalem au fil des siècles racontent ce mille-feuille d’influences composites. Rien n’est inventé : scènes et dialogues proviennent de plus de 200 sources publiées et d’archives inédites, pour donner chair à ce récit choral.4 000 ans d’une histoire universelle pour la première fois racontés dans une BD exceptionnelle.

Une conférence-interview de Vincent LEMIRE:

Midis de l’iReMMO – Histoire de Jérusalem: des origines à la guerre à Gaza
22 avril 2024

Histoire du Groenland, émissions du Fil de l’Histoire

Le Groenland a été propulsé bien malgré lui dans l’actualité. Ce territoire situé aux confins de l’Arctique subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique et est redevenu un puissant verrou stratégique convoité pour ses routes maritimes, ses bases militaires, ses hydrocarbures…

Cinq émissions issues de la série d’histoire de France Inter, à retrouver ici

Levé du drapeau groenlandais le 21/06/1979 après l’obstention de l’autonomie ©Getty – Xavier DESMIER

Épisode 1/5 : Le Groenland du viking Erik le Rouge

Épisode 2/5 : L’arrivée des Inuits au Groenland

Épisode 3/5 : La colonisation danoise

Épisode 4/5 : Depuis le XIXème siècle la convoitise des Etats-Unis

Épisode 5/5 : La lente conquête par le Groenland de son autonomie

Les agents secrets de troisième face au nazisme

Les élèves de troisième devaient présenter un rapport du Deuxième Bureau sur les dangers du nazisme, voici les résultats de leur espionnage :