Archives par étiquette : colonialisme

La décolonisation et la construction de nouveaux Etats (1945-1990)

  1. Quels pays pratiquent encore le colonialisme en 1945 ? doc 1 p. 140
  2. Quels sont les espaces encore colonisés en 1945?
  3. Complétez le tableau suivant doc 2 p.141

L’Autre 8 mai 1945

Vidéo 2 : Rappel historique des massacres répressifs à Sétif en mai 1945 , 20 heures Fr2, 7 mai 2005

  1. Que réclament les Algériens ce 8 mai 1945
  2. Combien de victimes algériennes ? Françaises ?
  3. Comment les médias français traitent cette émeute ?
  4. Quelle réaction entraîne la répression sur les dirigeants politiques algériens 

La décolonisation de l’Algérie

  1. Doc 1 : Quand débute la guerre d’Algérie ?
  2. Doc 3 : Qui est l’ennemi du FLN ?
  3. Doc 3 : Quels sont les buts du FLN ?
  4. Doc 1, 2, 4 : Montre que la France ne veut pas accorder l’indépendance de l’Algérie et qu’elle agit contre le FLN ?
  5. Doc 4 et 6 : Montre que l’armée française utilise des méthodes très violentes en Algérie.
  6. Doc 1 : Qui remporte cette guerre ?
  7. Doc 5 : Quelle conséquence sur les harkis et pieds noirs ?

Le témoignage de l’Orthézien Charles Castéra sur la guerre d’Algérie

Mai 1958, les origines de la Vème République

L’affaire Henri MARTIN, émission de France Culture

Source: Wikipédia

En pleine guerre d’Indochine, un marin communiste du nom d’Henri Martin est l’un des premiers à mettre les mots sur cette guerre coloniale à laquelle il va résister.

L’émission en ligne sur le site de France Culture: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/une-histoire-particuliere/la-premiere-revolte-d-un-homme-3742565

Lorsqu’il s’engage pour la Marine en 1945, Henri Martin croit qu’il part libérer l’Indochine conquise par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais à son arrivée au Viêtnam, la réalité qu’il découvre est tout autre : bombardements, villages pillés et brûlés, selon lui, l’armée française agit en Indochine comme la Wehrmacht avait agi en France. Pour cet ancien FTP, engagé dans le Maquis à 16 ans, c’est intolérable. Le bombardement d’Haiphong, auquel il participe à son corps défendant en novembre 1946 à bord de l’aviso Chevreuil, termine de le convaincre que l’armée française se bat contre des Vietnamiens qui veulent seulement leur indépendance.

Par trois fois, il demande que son contrat soit rompu, et par trois fois cela lui est refusé. C’est en 1947, qu’Henri Martin regagne la Métropole pour être affecté à l’Arsenal militaire de Toulon.

Dans l’Arsenal, il commence un travail de terrain et clandestin pour convaincre ses camarades de l’inutilité de cette guerre. Alors que les journaux communistes viennent d’être interdits à l’intérieur des casernes, il organise un réseau de distribution de tracts pacifistes qui conduit à son arrestation le 14 mars 1950.

Le marin Henri Martin est arrêté le 14 mars 1950 et est accusé de participation à une entreprise de démoralisation de l’armée et complicité d’acte de sabotage du Dixmude. Commence alors une bataille juridique et politique nationale qui devient l’Affaire Henri Martin.

Après son arrestation le 14 mars 1950, le quartier-maître Henri Martin est incarcéré à la prison maritime dans un strict régime d’isolement.

À cause de sa distribution de tracts pacifistes, il est accusé de participation à une entreprise de démoralisation de l’armée. Mais lors de son interrogatoire, il apprend qu’il est également inculpé pour complicité d’acte de sabotage du Dixmude, un navire en rade de l’Arsenal de Toulon.

Son incarcération ne fait d’abord pas de vague. Le Parti Communiste s’évertue de vérifier les faits reprochés au marin qui est l’un de leur camarade. Très vite, et sous l’impulsion d’André Marty riche de son expérience lors de la mutinerie de 1919, Henri Martin va être érigé par les organes de presse communistes comme un héros. Et en juillet 1950, apparaissent les premières banderoles et manifestations qui vont rythmer la vie du pays pendant trois ans.

Acquitté pour l’accusation de sabotage, Henri Martin est néanmoins condamné à deux reprises à cinq ans de prison pour la distribution de tracts pacifistes.

Le Parti Communiste met toute sa puissance d’alors pour faire d’Henri Martin un exemple de l’acharnement judiciaire et politique contre les communistes dans un contexte de Guerre Froide qui se tend. Le Parti fait preuve d’innovation pour créer une véritable agit-prop qui reste la dernière manifestation d’envergure du parti. Artistes (Pablo Picasso, Fernand Léger, Paul Éluard, Louis Aragon, Jacques Prévert…), intellectuels (Jean-Paul Sartre, Vercors…) et même les catholiques s’émeuvent du sort réservé à Henri Martin. Portraits, pièces de théâtre, ouvrages, poèmes, tout est mis en œuvre pour que l’Affaire Henri Martin occupe le devant de la scène.

Jour après jour, l’Humanité relève les faits et gestes du marin-héros jusqu’à couvrir son mariage au « bagne » de Melun avec sa fiancée, Simone.

Face à l’agitation qui ne faiblit pas et au peu de preuves contre lui, le Président de la République Vincent Auriol libère en catimini Henri Martin par décret un matin d’août 1953. « L’affaire Henri Martin » a permis de libérer l’homme.

Bibliographie sélective

Ouvrages

Deux articles d’Anne Mathieu dans Le Monde Diplomatique :

Histoire et enjeux des chocolats (de Noël…)

En cette période de fêtes et de consommation de chocolats, un petit dossier sur les enjeux de cette ressource alimentaire.

Voici un article du géographe Gilles Fumey, à retrouver en ligne sur ce site: ici

Le goût amer du chocolat

Publié le  par Gilles Fumey

La colonisation n’en finira donc pas? Après la traite, voici l’extractivisme qui perdure, et pas seulement pour le lithium de nos smartphones. Les monocultures qui font des ravages dans la biodiversité en Europe, saccagent la sylve tropicale depuis plus de deux siècles. Déjà en 1801, le naturaliste Alexandre de Humboldt s’était emporté contre les monocultures qui avaient détraqué l’écosystème du lac Valencia dans l’actuel Venezuela. Aujourd’hui, avec le réchauffement climatique, les multinationales qui vantent le cacao «zéro déforestation» se lavent les mains par une entreprise de greenwashing qui apaise nos consciences.

Arnaque à la géographie

On a raconté ici comment les Britanniques ont saccagé l’île de Ceylan, l’actuel Sri Lanka, pour y planter le thé en monoculture. Mais sait-on qu’en Côte d’Ivoire, plus de 80% de la forêt tropicale a disparu depuis les années 1960, soit 13 millions d’hectares (le quart de la France)?[1] Le «chocolat de terroir» sur lequel est mentionné le nom du pays est une belle arnaque à la géographie. Le Ghana voisin a été également ravagé par les multinationales du chocolat qui y prélèvent les deux tiers des 5 millions de tonnes de fèves de cacao du marché mondial.

D’origine amazonienne, le cacaoyer repéré par les autochtones, vénéré par les Mayas et les Aztèques, a migré de l’autre côté de l’Atlantique dans les cales des colons après les indépendances obtenues par Bolivar et autres militants au 19e siècle. Des fèves hybrides à haut rendement ont pu être mises au point, notamment dans les années 1950, et cultivées dans des vastes clairières. Le président ivoirien Houphouët-Boigny, en phase avec les colons, avait alors changé les règles du foncier en vigueur en Afrique tropicale: «la terre appartient à celui qui la met en valeur». Après l’indépendance, l’euphorie du marché mondial et ses prix régulés et rémunérateurs ont contribué à défricher la forêt à tout va. D’autant que les essences tropicales de bois étaient recherchées aussi dans les pays riches.

Aujourd’hui? La science agronomique a fait sortir les cacaoyers de la forêt. Devenus hybrides et produisant une tonne, voire plus, de fèves par hectare, ils sont épuisés au terme d’un cycle de vingt ans, attaqués par les mirides (punaises) et la pourriture brune, victimes d’un virus, le swollen shoot, que les fongicides et insecticides ne parviennent plus à éradiquer. Plutôt que de changer de pratiques (car le marché mondial est boulimique), les sociétés d’exploitation abandonnent ces cacaoyères malades pour de nouvelles, gagnées par de nouveaux défrichements qui atteignent désormais le Liberia.

Cet extractivisme agricole climaticide s’applique aussi au soja, qui nourrit les volailles et le bétail en général, en Europe, et à l’huile de palme, une destruction mieux documentée et pour laquelle des actions sont engagées. Mais pour le chocolat, tout reste à faire. Les sécheresses et les inondations se succèdent, toutes aussi brutales les unes que les autres, diminuant les volumes de production des cacaoyères attaquées par la pourriture brune.

La solution? L’agroforesterie, comme au Sri Lanka qui a lancé le concept de forêt analogue, est désormais financée par la FAO et le ministère de l’Environnement de Côte d’Ivoire, depuis 2020. L’ambition de restaurer des zones déboisées toucherait 500 000 hectares de cette nouvelle «agroforêt». Pour le foncier? Un quart de la surface serait réservé aux producteurs de cacao, le reste dédié à l’hévéaculture, l’huile de palme, l’agriculture vivrière, le tout dans des concessions cédées au privé pour quarante ans. En échange d’un reboisement du territoire.

Est-ce bien sérieux de confier aux multinationales qui ont une occasion rêvée de pratiquer le greenwashing car elles n’abandonneront pas de sitôt les produits phytosanitaires? Est-ce bien sérieux de confier la replantation de la forêt sans contrôle, ni évaluation sur le terrain? De leur donner des «crédits carbone»?

Près d’une vingtaine de coopératives des pays producteurs de cacao ont déjà adopté l’agroforesterie, consistant à éviter les monocultures, densifier les forêts et en multiplier les usages sur un mode moins brutal que la mécanisation à outrance. Des enquêtes auprès de Commerce équitable France montrent que les plans de cacaoyers survivent beaucoup mieux en polyculture qu’en monoculture où la mortalité des arbres est catastrophique, pouvant atteindre le tiers des plantations. L’Union européenne finance des projets comme Cocoa4Future en intégrant les nouvelles données du changement climatique, qui impose une diversification maximale des végétaux (fruits, plantes médicinales). Il reste le swollen shoot à maîtriser par des barrières de caféiers stoppant l’avancée du virus par les cochenilles.

Reste la question du marché mondial. Contrairement à ce qu’annoncent en grand renfort de pub les multinationales, le commerce reste inéquitable et les producteurs locaux sont contraints de rechercher de nouvelles terres fertiles par défrichement. Avec la traçabilité, la solution serait de taxer le cacao qui déforeste et encourager les producteurs vertueux[2]. Dans un an (fin 2024), l’Union européenne devrait interdire les produits «associés à la déforestation et à la dégradation des forêts». Mais comme on ne prend pas en compte ce qui a été déforesté avant le 31 décembre 2020, la mesure peut faire long feu. Pour ne rien arranger, la définition d’une forêt varie d’un pays à l’autre: pour la FAO et l’Union européenne, c’est 10% de couvert forestier sur au moins 0,5 ha, mais pour les autres? Et pour les milliers de petits paysans, qui va tracer leur production, sans quoi ils ne pourront accéder au marché européen?

En attendant, pour apaiser nos consciences, le mieux est d’être exigeants sur les labels et de ne pas encourager les productions de masse. Un lecteur du blog (que je remercie en passant) propose qu’on privilégie le chocolat noir, les chocolatiers artisanaux qui, souvent, en plus de la déforestation, font attention aux conditions sociales (des cabosses ramassées par des enfants) «entrant dans la composition du chocolat industriel et tous ceux vendus en grandes surfaces», fabriqués avec de l’huile de palme (provoquant la déforestation aussi, en Asie) qui remplace le beurre de cacao. «Ces chocolats provenant de chez Nestlé, Ferrero, Mondelez et autres sont de véritables fléaux.» On paie plus? On en mange moins!


[1] Source : France nature environnement

[2] Cacaoculture agrofrestière en Afrique (Cirad, 2020)