En faisant cours sur la Révolution Nationale comme chaque année avec mes élèves de 3ème, un détail de la traditionnelle affiche avec la maison-France m’a laissé pantois. En effet, dans la « fausse France » apparait aux côtés du communisme, des juifs, francs maçons et de la démocratie, … le pastis. Ce détail n’avait jamais attiré mon attention jusqu’alors. Pourquoi le pastis est-il ciblé comme raison du « délabrement national », (thème cher à l’extrême droite d’alors) ?
Petite réponse avec un article du Journal de Saône et Loire du 22 juin 2014.
Pétain contre la France de l’apéro !
Été 1940 : la France en lambeaux, on fait alors l’inventaire des maux qui, selon le Maréchal, ont conduit à la défaite. Parmi les premières lois de Vichy, figure l’interdiction du… pastis (23 août 1940) !
La « révolution nationale » se veut en effet l’antithèse de cette « France de l’apéro », celle du Front Populaire, celle des marcels et des congés payés où l’on sirotait un jaune au lieu de redresser la race ! L’affiche même de la « révolution nationale », celle de la maison France qui s’écroule, accuse nommément, aux côtés de la « juiverie », de la « franc-maçonnerie »… le « pastis » !
Circonstance aggravante, le pastis, contrairement aux autres « anisés » comme le Pernod, était interdit dans l’entre-deux-guerres, et ne fut légalisé qu’en 1938 par… Léon Blum.
« Encore un juif, si vous voyez c’que j’veux dire » chantait Gainsbourg !

