La destruction des civils russes durant la Seconde Guerre Mondiale, L’exemple de la ville de Pavlovsk
Pour son malheur située près du front, à 15 km de Léningrad, la petite ville de Pavlovsk compte en septembre 1941, 13 000 habitants, dont 3 000 réfugiés et déserteurs de l’Armée rouge. Le 24, tous les hommes capables de travailler sont arrêtés et enfermés dans un camp, où les unités de la Wehrmacht piochent la main d’œuvre dont elles ont besoin. Environ 6 000 habitants sont ainsi déportés. Mille hommes repérés comme soldats sont tués par la famine, d’autres exécutés sur le soupçon d’avoir aidé les partisans. Des centaines de familles sont chassées de leurs maisons pour laisser place aux soldats allemands. Elles vont s’entasser, avec d’autres, dans des maisons marquées R, « réservées aux Russes ». Environ 6 000 habitants meurent de faim, du typhus, de la dysenterie, la plupart dans l’hiver 1941-1942. Parmi eux près de 400 orphelins de la ville, entre 3 et 13 ans, laissés par l’occupant sans soins ni nourriture. Pour recevoir un pain d’une livre, les femmes doivent travailler douze heures pour les Allemands. En 1944, il ne restera que 3.000 âmes à Pavlovsk. Deux mille reviendront après la guerre. Dix mille – sur 15 000 – sont morts. Toutes ces victimes sont à mettre au compte de l’autorité militaire.
Jean LOPEZ et Lasha OTKHMEZURI, Barbarossa, 1941. La guerre absolue, Edition Passé Composé, Paris, 2019, p. 706.

























