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Londres, une métropole globale: page ressources

Pour faire ta présentation orale, tu peux utiliser le dossier documentaire de ton manuel pages 20-23

et le dossier du Livre-Scolaire: https://www.lelivrescolaire.fr/page/6553991

« Ce qui frappe avant tout, c’est l’étendue de la ville. Londres est une cité horizontale, dont les immeubles et maisons ne dépassent guère trois ou quatre étages. La ville est tentaculaire, mais pas dominante. A une exception près, mais de taille : la City. Depuis une dizaine d’années, le quartier des banques est dominé par un groupe de gratte-ciel plus hauts les uns que les autres. Là, au coeur d’une ville aux racines moyenâgeuses, se hérissent des bâtiments qui ne dépareraient pas dans une cité futuriste ou une des nouvelles mégapoles d’Asie.

Il faut monter au sommet du Shard, dont l’étage supérieur s’ouvre aux visiteurs le 1er février, pour prendre conscience de ce changement radical que vit Londres. Car tout là-haut, on fait face à cette petite dizaine de tours dépassant les cent mètres, toutes regroupées au centre de la City, dans à peine un kilomètre carré. Cinq d’entre elles ont été érigées durant la dernière décennie. Trois autres sont en cours de construction. Et cinq projets supplémentaires de tours ont obtenu leur permis de construire.

La City, le coeur financier de Londres est connue pour ses gratte-ciels

Le Monde, 24-01-2013 https://www.lemonde.fr/culture/article/2013/01/24/soudain-londres-devint-verticale_1822229_3246.html

Des liaisons rapides

Connu pour les émeutes qui s’y déroulent depuis les années 1980, le quartier populaire de Brixton, à Londres, est investi depuis peu par des classes moyennes qui louent sa diversité et sa tranquillité. Amélie Bertholet montre que cette évolution ne signifie pas, pour autant, la fin des violences.

La suite ici: https://metropolitiques.eu/La-gentrification-moteur-de.html

Le renouvellement urbain des JO sur Stratford

Les Jeux Olympiques 2012 ayant lieu à Stratford vont considérablement transformé ce quartier déshérité de Londres, d’un quartier « répulsif », délaissé, à un quartier attractif et intégré dans Londres comme ville globale. Cependant, le renouvellement du quartier s’est réalisé au détriment des populations pauvres et a entrainé un phénomène de gentrification.

« La concentration des équipements sur un même site est au service d’une stratégie qui vise à transformer physiquement Stratford à long terme selon l’agenda et la programmation du Grand Londres et de l’État. C’est de cette stratégie dont il est question dans le présent texte, aussi bien dans sa dimension organisationnelle que dans ses manifestations paysagères et fonctionnelles. Une vaste opération de renouvellement urbain permet à l’État et à la municipalité de Londres de substituer à Stratford, banlieue industrielle en déclin de l’est londonien, un territoire plus compétitif dans le contexte de mondialisation et de métropolisation. »

Dans ces plans, les transformations paysagères jouent un rôle performatif, instrumentalisées par des stratégies de mise en marque (branding) des lieux. Les transformations morphologiques signalent en effet une transformation fonctionnelle qui doit renforcer l’attractivité des lieux dans le contexte d’une concurrence inter-territoriale (Broudehoux, 2007). Plutôt que de rechercher prioritairement l’amélioration des conditions de vie de la population en place, l’objectif est de greffer un nouveau morceau de ville plus adapté à la mondialisation. Comme beaucoup d’autres opérations de renouvellement urbain menées à Londres, elle suit une logique descendante (top-down) malgré le tournant participatif des années 2000 (Imrie, Lees et Raco, 2008).

Les opérations reposent pour l’essentiel sur des investissements « durs », infrastructures, bâtiments, équipements et traitement des espaces publics, plutôt que sur des actions sociales, culturelles et organisationnelles (mobilisation des groupes d’acteurs locaux) qui viseraient à faire émerger des dynamiques d’innovation et de croissance des territoires en difficulté. En cela, les capacités des acteurs locaux, individus, groupes, élus et experts, sont peu prises en compte par le consortium d’aménageurs. Le renouvellement urbain facilite même au contraire une gentrification par les promoteurs dans la mesure où les quotas de logements sociaux sont négociables et où leur construction peut être éloignée des immeubles vendus ou loués au prix du marché . »

Il s’agit alors de capitaliser sur la bonne accessibilité des lieux, sur l’abondance des terrains jugés sous-utilisés et sur l’affaiblissement territorial de Stratford dont on anticipe peu de résistances. Stratford est desservie par l’autoroute A12, 3 lignes de métro, 3 services ferroviaires et elle est traversée par la ligne TGV entre le tunnel sous la Manche et Londres depuis 2007. Le site est ainsi à moins de 15 minutes de la City, 7 minutes de la gare de St Pancras et à 10 minutes de Canary Wharf via la Jubilee Line ouverte en 2000 (Appert, 2006). La présence de vastes friches ferroviaires offre un foncier facilement mobilisable pour un grand projet urbain qui serait difficilement réalisable par le seul secteur privé. Enfin, la population de Stratford est hétérogène, pauvre et politiquement peu mobilisée (Florio et Edwards, 2001). Elle est aussi peu qualifiée et vit, pour partie, dans des logements et dans un environnement dégradés.

 L’immeuble a logé jusqu’à 500 personnes constituées en cooperative. En juillet 2007 430 personnes ont dû quitter les lieux.
Londres (Royaume-Uni). Dans le quartier de Stratford, le paysage urbain cerné de marais et de terrains vagues a laissé place à des immeubles modernes, le parc olympique Queen Elizabeth, surmonté par l’Orbit (à droite) et son toboggan vertigineux.  Dix ans après sa création pour les Jeux de Londres, en 2012, Stratford laisse un souvenir mitigé. Le quartier anglais déshérité, qui accueillait le principal site des épreuves olympiques, a changé de visage et contribué à sa gentrification.

Le nouveau Stratford : un pôle à rayonnement métropolitain avec des activités commerciales

Centre commercial de Stratford Centre depuis les marches de la passerelle conduisant à Stratford City

Les Jeux olympiques de Berlin – 1936 – Ressources pédagogiques

Affiche officielle des Jeux de Berlin – 1936

Avant les Jeux Olympiques, alors que le CIO demande des garanties sur les non-discriminations dans l’Allemagne nazie, Carl Diem pour le Comité Olympique allemand affirme qu’aucune discrimination ne touchera les athlètes étrangers. A ceux qui prétendent qu’il n’était pas possible de deviner la Shoah, c’est certainement une réalité. Mais l’Allemagne était néanmoins déjà devenue un Etat raciste : boycott des commerces juifs en 1933, lois de Nuremberg en 1935. Impossible de nier cette réalité et les propos racistes, voire ultra-violents à l’encontre des juifs, des « nègres », l’enfermement des opposants politiques, les violences qu’ils subissent. Un avertissement clair est lancé entre les jeux d’hiver et les jeux de l’été 1936, l’Allemagne remilitarise la Rhénanie sans que cela ne suscite de réactions internationales. Comme le remarque Albert Speer, « quelques mois après la réussite de l’opération en Rhénanie, Hitler se montra satisfait de l’atmosphère harmonieuse qui entourait les Jeux olympiques et qui montrait que tout mécontentement international avait disparu. Il donna des instructions pour que les nombreuses personnalités étrangères présentes aient l’impression d’avoir devant elles une Allemagne éprise de paix » (Albert Speer, Au cœur du IIIème Reich, Fayard, Paris, p. 105).

C’est dans ce contexte que se tiennent les Jeux olympiques de Berlin, des jeux « défigurés ».  

Olympisme et accommodement de ses idées avec le régime national-socialiste allemand

Pierre de Coubertin

«  La première caractéristique essentielle de l’olympisme ancien aussi bien que moderne, c’est d’être une religion. En ciselant son corps par l’exercice comme le fait un sculpteur d’une statue, l’athlète moderne exalte sa patrie, sa race, son drapeau » (Pierre de Coubertin, « Les assises philosophiques de l’olympisme moderne », message radiodiffusé de berlin, 4 août 1935)

Henri de Baillet-Latour

Le 6 novembre 1935, le président du CIO Baillet-Latour fait cette déclaration depuis Berlin :

« J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que l’entretien que j’ai eu avec le chancelier d’Allemagne ainsi que l’enquête à laquelle je me suis livré m’ont convaincu que rien ne s’oppose au maintien des Jeux de la Xième Olympiade à Berlin et à Garmish Partenkirchen. Les conditions requises ont été respectées par le Comité Olympique allemand. Les visiteurs et participants peuvent être assurés de trouver un accueil parfaitement cordial sans courir le risque de rencontrer quoi que ce soit d’offensant pour leurs principes ».

Ce même Baillet-Latour qui écrit à Brundage (président du comité olympique américain) le 31-10-1933 par rapport aux demandes d’annulation des JO de Berlin, dans les milieux juifs américains : « Personnellement, je n’aime ni les juifs ni leur influence (…) Je sais qu’ils ont l’habitude de pousser les hauts cris bien avant d’avoir des raisons valables de le faire ».

Des jeux « modernes »

« Les Jeux de Berlin furent les premiers Jeux vraiment modernes. Organisés avec tout l’apparat symbolique propre aux nazis, ils furent ceux qui en fixèrent le protocole presque définitif : lâcher de pigeons, flamme olympique avec son trajet depuis Olympie, défilés massifs, décompte officieux des médailles obtenues par les nations, etc. D’autre part, ils bénéficièrent de toutes les innovations technologiques qui par la suite transformeront les Jeux en un immense show publicitaire. Avec les Jeux de Berlin s’instaure pour la première fois le spectacle du monde qui se donne en spectacle »

JM Brohm, les Jeux Olympiques à Berlin, page 18

L’antisémitisme et le racisme des nazis aux travers des Jeux Olympiques et du sport

  • Le racisme antisémite

Bruno Malitz, idéologue nazi des sports écrit en 1933:

« Le sport et les exercices physiques créent des valeurs corporelles, spirituelles et intellectuelles. Le juif essaye de s’emparer de toutes les choses qui créent de la valeur parce qu’il anéantit et détruit. C’est ainsi qu’il aspirait aussi, pour le malheur du peuple allemand, à la direction du sport (…) le national-socialisme lutte contre la juiverie dissolvante et efféminée (…) Les dirigeants sportifs juifs et ceux qui sont contaminés par le judaïsme, les pacifistes et les réconciliateurs des peuples (…), n’ont pas de place dans la patrie allemande. Ils sont pire que le choléra, la tuberculose, la syphilis, pires que les hordes incendiaires des Kalmouks, pires que l’incendie, la famine, l’inondation, les grandes sécheresses, pires que les invasions de sauterelles, les gaz asphyxiants, pires que tout cela car ces éléments-là ne détruisent que des Allemands alors que les juifs anéantissent l’Allemagne même ».

  • La haine des noirs 

Le Völkischer Beobachter (L’Observateur populaire), journal du parti nazi, le 19-08-1932, lors des JO de Los Angeles :

« Les nègres n’ont rien à faire aux olympiades (…) On peut malheureusement constater de nos jours que des hommes libres doivent souvent disputer la palme de la victoire à des noirs esclaves, à des nègres. C’est une honte et un avilissement sans pareil de l’esprit olympique et les anciens Grecs se retourneraient sûrement dans leurs tombes s’ils savaient ce que les hommes modernes ont fait de leurs jeux nationaux sacrés. (…) Les prochains Jeux olympiques auront lieu en 1936 à Berlin. Nous espérons que les responsables savent quel est leur devoir. Les noirs doivent en être exclus. Nous l’escomptons ».

Campagne de Boycott des JO

L’Union des Athlètes Amateurs des Etats-Unis prend au début une position contre les JO de Berlin, en novembre 1933 :

« Si des athlètes juifs d’Allemagne n’étaient pas autorisés à se préparer à s’entrainer en vue des Jeux Olympiques à Berlin, voire à y participer, les athlètes des Etats-Unis n’y participeraient pas non plus ».

Un comité contre les JO de Berlin se met en place aux EU : personnalités sportives, politiques, du mouvement ouvrier -> fondation du Committee on Fair-play in sports. Ce mouvement devient international avec une conférence antifasciste internationale à Paris en décembre 1935.

Le mouvement ouvrier international (socialiste-communiste) se mobilise notamment après le VIIème congrès de l’Internationale communiste et sa tactique des fronts populaires. Le Congrès de la Fédération internationale des organisations sportives et ouvrières appellent à boycotter les JO de Berlin mais aussi ceux de Tokyo de 1940 : « le Japon actuel, tout comme l’Allemagne fasciste, n’est pas un lieu approprié pour la prochaine olympiade. Le Japon est en ce moment un foyer de guerre en Extrême Orient et il menace la paix mondiale. »  (7-8 mars 1936, réunion à Prague)

Une contre olympiade est organisée à Barcelone.

« Les JO de Berlin ont le but de propager l’esprit du national-socialisme, de l’esclavage, de la guerre et de la haine raciale. L’olympiade populaire de Barcelone, au contraire, veut défendre le véritable esprit olympique qui reconnait l’égalité des races et des peuples et estime que la paix est la meilleure garantie pour l’éducation saine des sportifs et de la jeunesse de toutes les nations ».

Humanité 12-05-1936, « Déclaration du comité d’organisation de l’olympiade populaire de Barcelone ».

Judith Deutsch, une sportive nageuse autrichienne juive renonce aux JO de Berlin :

 «  Messieurs, je vous prie d’excuser mon abstention pour les raisons suivantes : je maintiens ce que j’ai déjà déclaré à l’occasion du serment exigé de moi pour l’entrainement olympique. Je ne peux pas participer en tant que juive aux Jeux olympiques parce que ma conscience me l’interdit. Je déclare que j’ai pris cette décision en toute liberté et indépendance. Vous voudrez bien, je vous prie, vous rendre compte à quel point cette décision est grave pour moi parce que j’ai pleinement conscience que je renonce ainsi à la plus haute distinction sportive, celle d’avoir le droit de concourir aux Jeux olympiques dans l’équipe autrichienne »

Judith Deutsch, lettre du 11 juillet 1936 adressée au comité olympique autrichien.

Le débat sur le Boycott en France

En France, le front populaire est hésitant sur l’attitude à tenir. Un débat a lieu :

Le député communiste Florimond Bonte, le 9 juillet 1936, lance l’idée de Boycott et de favoriser l’olympiade populaire de Barcelone :

«  Aller à Berlin, c’est accepter une sorte de complicité avec les bourreaux, c’est river les fers aux pieds des victimes, et c’est couvrir leurs plaintes que de chanter en chœur avec un Hitler l’hymne à la gloire du sport (…) Le sport national-socialiste considère la guerre comme une étape nécessaire au progrès de l’humanité, comme la mère de toutes choses. Il déifie l’esprit belliqueux et cultive le chauvinisme (…) Le sport nazi est devenu un facteur important dans le plan de guerre de l’état-major allemand. C’est pourquoi, tous ceux qui voient dans le sport un facteur de civilisation, d’entente entre les peuples, ne peuvent que regretter que les Jeux olympiques aient lieu à Berlin, où les sportifs seront attelés au char de l’impérialisme hitlérien (…) Des Jeux tenus sous le protectorat d’Adolf Hitler ne peuvent servir la cause de la paix. Ils ne peuvent être qu’une grandiose manifestation servant de paravent aux préparatifs guerriers, méthodiques et minutieux, de l’Allemagne national-socialiste ».

C’est un député de droite François Pietri qui répond, membre du comité international olympique : « il importe de savoir que ce n’est pas l’Allemagne qui invite aux Jeux Olympiques ; c’est le comité international olympique, et Mr Bonte a rappelé lui-même que ce Comité était une institution d’origine essentiellement française. Il a été créé vers 1896 par un grand Français, le baron Pierre de Coubertin (…) Invite-t-il des gouvernements ou des Etats ? En aucune façon. Il invite directement, par l’entremise des comités olympiques nationaux, les fédérations sportives de tous les pays. Elles ont toutes, et partout, accepté cette invitation et je ne sache pas, tout de même, que la France soit le seul pays du monde qui puisse se flatter d’être un pays libre. (…) Le CIO a mis, en quelque sorte, l’Allemagne en demeure de dire si elle entendait ou non respecter, à cet égard, le serment olympique. Et voici ce qui a été répondu et dont l’exactitude s’est trouvée vérifiée : le Reich prend l’engagement formel d’enrôler dans propre équipe les Allemands non aryens que leurs performances imposent aux chois des sélectionneurs et de donner à ces athlètes toutes les possibilités d’entrainement (…) d’ailleurs, le pourcentage actuel des athlètes israélites dans les équipes allemandes représente un peu plus que ce qu’il y a été il y a quatre ans, à Los Angeles (…) Croyez-vous par exemple, qu’aux Etats-Unis les Noirs, que nous considérons, nous comme nos égaux, soient si facilement accueillis dans les clubs sportifs ? (…) Il n’est pas possible que la Chambre française empêche de jeunes Français d’aller participer à cette grande compétition internationale uniquement parce que le régime intérieur ou les idées particulières des Allemands ne lui conviennent pas. Ce serait à la fois une inconséquence et une incorrection ».

Les crédits olympiques sont votés par 521 voix contre 1 (Pierre Mendès France). Les 72 députés communistes, ne voulant pas s’opposer au gouvernement Blum refusent de participer au vote.

L’art contre les JO de Berlin

Le 1er août 1936, une exposition d’art antifasciste est lancée à Amsterdam sur le thème : L’Olympiade sous la dictature :

L’organisation des JO de Berlin – 1936

Hitler lui-même planifie la construction du nouveau stade de Berlin de 100.000 places pour accueillir les compétitions : il donne lui-même à ce stade le titre de « Olympia-Stadion ».

« Le stade doit être construit par le Reich, c’est une tâche du Reich. Quand on a invité le monde entier, il faut construire quelque chose de beau et de grandiose (…) et quand on a 4 millions de chômeurs, il faut leur donner du travail ; quelques millions de plus ne jouent alors aucun rôle ».

Le Olympian-Stadium, pouvant accueillir jusqu’à 100.000 personnes

  • L’importance des JO pour les nazis

Goebbels, en 1934, ministre de la propagande et responsable du comité de propagande de l’Olympiade estime que les JO doivent donner une image positive de l’Allemagne. Dans une brochure, le comité de propagande de l’Olympiade définit ces objectifs :

«  La publicité olympique a plusieurs tâches spécifiques (…) Nous connaissons tous l’importance des Jeux olympiques en tant que facteur économique et moyuen de fournir du travail, mais aussi parce qu’un grand nombre d’étrangers se rendront en Allemagne à l’occasion des Jeux. (…) Mais il n’y a pas que l’effet économique, car les Jeux sont aussi l’occasion d’une publicité politique extérieure. Nous pouvons en effet montrer à l’étranger comment se passent réellement les choses chez nous. (…) C’est pourquoi, une publicité olympique correctement conçue sert non seulement nos intérêts économiques, mais aussi nos objectifs politiques nationaux ».

  • Les nazis créent des symboles « olympico-nazis originaux » (JM Brohm)

Cloche des JO, « j’appelle la jeunesse du Monde » qui a été portée dans toute l’Allemagne, escortée par des SS.

« Une innovation importante fut l’œuvre de Carl Diem. Celui-ci, pétri d’hellénisme, imagina un relais de la torche olympique allant de l’antique Olympie au stade olympique de Berlin. L’avantage idéologique conscient ou non était évident. D’une part, le relais de la flamme olympique symbolisait la continuité des jeux antiques et des jeux modernes et l’Allemagne nouvelle en était à présent la dépositaire. D’autre part, il indiquait clairement les racines « aryennes » du peuple allemand qui, en tant que « kultur-volk » (peuple civilisé) ne pouvait que se reconnaitre dans les luttes viriles de l’Antiquité. Enfin, l’usage du feu, symbole dont les connotations fascistes sont très fortes, ajouta au pouvoir attractif de la fête olympique. (…) Sur près de 3.075 kilomètres la flamme olympique fut ensuite transmise de la main à la main par 3.300 athlètes, chaque relais durant environ 5 minutes ».  (JM Brohm, Les Jeux Olympiques à Berlin 1936, p. 131-132)

Richard Strauss est utilisé par le Reich et Hitler pour composer l’hymne olympique. Signe de compromission avec les nazis, il estimera nécessaire de faire auditionner son hymne auprès de Hitler en personne.

  • Une anecdote autour de Hitler et Jesse Owens

« La série des victoires remportées par l’étonnant coureur noir américain, Jesse Owens, le mit de fort méchante humeur. Des hommes dont les ancêtres vivaient encore dans la jungle, avaient, prétendait-il en haussant les épaules, sur les Blancs civilisés la supériorité athlétique du primitif ; ils étaient des concurrents à part et, en conséquence, ils devaient à l’avenir être exclus des Jeux et de toutes les compétitions sportives ». Albert Speer, Au cœur du IIIème Reich, Fayard, Paris, p. 105.

  • Les nazis masquent leur racisme et antisémitisme

La direction des SA, le 22 juillet 1936 :

« Notre tâche est de convaincre tous les étrangers que la paix, l’ordre et la sécurité règnent en Allemagne et que le peuple allemand souhaite la paix de tout cœur. La présente olympiade est une occasion unique d’en faire la démonstration aux yeux du monde entier. De presque tous les Etats du monde des sportifs ou des spectateurs vont venir ici et à leur retour ils rendront compte de ce qu’ils auront vu en Allemagne (…). Nous voulons, au cours de ces semaines olympiques, prouver aux étrangers qu’il est mensonger d’affirmer qu’il y a des persécutions contre les juifs en Allemagne (…) C’est pourquoi les chants de lutte de l’époque antérieure à la prise de pouvoir ne devront pas être chantés car ils pourraient éveiller à cet égard de fausses impressions ».

  • Pas pour bien longtemps

Congrès de Nuremberg, dit de « l’Honneur », 8 au 14 septembre 1936

Dès septembre 1936, le NSDAP tient son 8ème Congrès : les propos racistes sont nombreux sur le « judéo-bolchévisme », la « juiverie mondiale », les « soviet-juden », les « impérialistes judaïques ».

« L’Allemand a toujours été un bon soldat. Il se peut que des temps sérieux arrivent. Jamais vous ne serez lâches, car nous savons que le royaume des cieux n’est jamais conquis par des moitiés d’hommes. Aucun lâche ne conserve la liberté et l’avenir n’appartient qu’au courage. Vous deviendrez une génération plus saine, durcie à l’air pur et forte dans son caractère (…). Les Juifs de Moscou voudraient introduire la catastrophe espagnole en Allemagne. Que deviendrait l’Allemagne si la désastreuse gestion économique du judaïsme bolchevique y sévissait ? (…) Nous avons aussi combattu le bolchevisme parce que nous ne voulons pas que notre peuple soit conduit à l’abattoir pour des buts impérialistes judaïques (…) Je ne nie pas les sympathies qui m’unissent à ceux qui combattent le communisme, car le national-socialisme veut l’anéantissement du communisme ».

Hitler, cité dans Le Journal, 15/09/1936.

Cérémonie d’Ouverture des Jeux de Berlin, recolorisée

Documentaire Dans les secrets des JO de Berlin 1936