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La Knesset rejette toute création d’un État palestinien

L’Humanité, 19-17-2024, Pierre Barbancey

© UPI/ABACA

Proche-Orient Alors que les bombardements s’intensifient sur Gaza, les députés du Parlement israélien ont confirmé leur opposition à une solution à deux États. Seuls les élus communistes et arabes ont voté contre cette résolution.

La proposition n’est pas venue de l’extrême droite mais de la droite israélienne. Le New Hope-The United Right (Nouvel Espoir-la Droite unie), une scission du Likoud de Benyamin Netanyahou, a présenté une résolution, le 18 juillet au matin, devant la Knesset (le Parlement israélien) dans laquelle il est mentionné que « l’établissement d’un État palestinien au coeur de la terre d’Israël constituerait une menace existentielle pour l’État d’Israël et ses citoyens, perpétuerait le conflit israélo-palestinien et déstabiliserait la région ».

Le président de Nouvel Espoir, Gideon Sa’ar, a expliqué que « la décision de résolution est destinée à exprimer l’opposition générale qui existe parmi le peuple (israélien) à l’établissement d’un État palestinien, ce qui mettrait en danger la sécurité et l’avenir d’Israël ». La résolution « signale à la communauté internationale que la pression pour imposer un État palestinien à Israël est futile ».

Une motion votée par 68 députés, sur les 120 que compte la Knesset, 9 s’y opposant (ceux du groupe communiste et Taal, ainsi que les parlementaires arabes de Raam et Avoda). Aucun parti sioniste ne s’est exprimé contre. Un vote que l’organisation La paix maintenant a qualifié de « populiste, nuisible et préjudiciable aux chances d’un accord régional et de mettre fin à la guerre ».

Les travaillistes se sont abstenus et les députés du parti Yesh Atid, du chef de l’opposition Yaïr Lapid, ont quitté la séance. L’ancien ministre de la Défense, Benny Gantz, et les parlementaires de l’Unité nationale ont voté en faveur de cette résolution « exprimant son opposition à un État palestinien », car la création de celui-ci serait perçue comme « une récompense pour la terreur et le Hamas », après le massacre du 7 octobre. Le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, du Parti sioniste religieux, s’est exclamé sur X : « Avec une majorité décisive de 68 contre 9, la Knesset a voté contre l’établissement d’un État terroriste arabe en Israël, pas maintenant, pas à l’avenir, pas unilatéralement et pas dans un accord. Le réveil de l’écrasante majorité de la société israélienne est incroyable. C’est maintenant le temps de la souveraineté. » Une allusion directe à l’annexion de la Cisjordanie.

Pour le député communiste Ayman Odeh, « ceux qui ont voté contre un État palestinien ne veulent pas la paix et ne veulent pas de sécurité, et surtout ne veulent pas de justice. Celui qui met sa voix contre la paix et la sécurité est un traître aux véritables intérêts de son peuple. Il y aura un État palestinien à côté de l’État d’Israël. Tout le monde sera en sécurité. Il y aura aussi la paix. La question est de savoir combien de morts nous devrons enterrer, combien d’êtres chers nous devrons pleurer jusqu’à ce que nous y arrivions. » Hussein Al Sheikh, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), estime que la décision de la Knesset confirme le « racisme  » d’Israël, « le mépris du droit international » et « la politique visant à perpétuer l’occupation ».

En Cisjordanie, les colons se déchaînent

Formellement, ce vote n’a aucune portée. Il revêt pourtant une importance politique forte. D’abord, il met en lumière le refus d’un État palestinien de la part de la majorité des députés israéliens, et pas seulement de Netanyahou et de l’extrême droite. Depuis plusieurs semaines, les États-Unis n’ont pas caché leur préférence pour un Benny Gantz, qui, à leurs yeux, serait plus rassembleur et apte à mettre fin à la guerre.

Mais cet ancien chef d’état-major a montré son véritable visage, qui n’est guère différent de celui d’un Netanyahou. Car, s’il est important d’arriver à un cessez-le-feu pour que la population de Gaza ne disparaisse pas tout entière sous les bombes, il convient également de préparer l’avenir, c’est-à-dire la fin de l’occupation et la création d’un État palestinien.

Netanyahou doit s’exprimer devant le Congrès des États-Unis, le 24 juillet, et rencontrer Joe Biden à la Maison-Blanche. Il vient d’ores et déjà d’envoyer un message clair au monde entier et à tous ceux qui, depuis le 7 octobre, le soutiennent et ne tentent pas d’arrêter sa politique génocidaire à Gaza et de nettoyage ethnique en Cisjordanie, où les colons se déchaînent. Benyamin Netanyahou fait un bras d’honneur au droit international et à la justice. La Cour pénale internationale (CPI) pourrait délivrer un mandat d’arrêt à son encontre d’ici à deux semaines et, ce 19 juillet, la Cour internationale de justice (CIJ) rendra publiques ses conclusions concernant les « conséquences juridiques découlant des politiques et pratiques d’Israël dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ». Rien de mieux que la guerre pour échapper à toutes poursuites.

L’énergie, l’eau: des ressources à ménager

Qu’est-ce que c’est ? Que voyez-vous ? Que comprenez-vous ?

  1. Doc 1A : Quelle est la part du Moyen Orient dans les réserves mondiales de pétrole ?
  2. Doc 1A : Quel pays détient les réserves les plus importantes ?
  3. Doc 1B : Que font les pays du Moyen Orient de leur production de pétrole ?
  4. Doc 4 : Où se situent les gisements de pétrole et de gaz au Moyen-Orient ?
  5. Quels sont les aménagements réalisés pour transporter ces hydrocarbures ?
  6. Vers quelles régions du monde le pétrole et le gaz sont-ils exportés ?
  7. Par quels passages stratégiques passent-ils ?
  8. Montre que le Moyen-Orient est une zone de tension et de guerre.
  9. Doc 2 et 3 : Montre que le pétrole a permis le développement économique et social du Moyen-Orient. Donne au moins 4 arguments.
  1. Doc 1 : Comment Dubaï utilise-t-elle son énergie et son eau ? Dans quel but économique ?
  2. Doc 2 : Grâce à quelles ressources, la Russie a pu s’enrichir et se développer ?
  3. Doc 2 : Quel problème cela va-t-il entrainer dans 25 ans ?
  4. A l’aide des documents et de vos réponses, pensez-vous que l’utilisation que nous faisons des ressources de la planète est toujours adaptée et équitable ? Justifiez votre réponse
  1. Que représentent les cercles ?
  2. Que représentent les couleurs ?
  3. Cite les trois espaces où la consommation d’énergie est très élevée ?
  4. Quelles sont les énergies les plus consommées ? Quel problème cela pose t’il ?
  5. Dans quel pays la part des énergies renouvelables est-elle la plus importante ?
  6. Fais un bilan qui explique : qui consomme le plus, ce qu’ils consomment en majorité et quel problème ça pose.

            Avec la croissance de la population mondiale, les besoins en énergie continueront à augmenter à l’avenir. De même, les énergies non renouvelables sont destinées à disparaître surtout qu’elles ont souvent de graves conséquences pour l’environnement. Les États cherchent donc à mettre en avant les énergies renouvelables pour réussir la transition énergétiques. A toi de découvrir de quoi il s’agit.

  1. Doc 1 : Qu’est ce qui montre sur l’image que Las Vegas se situe dans une zone aride ?
  2. Doc 1 : Quel aménagement a été réalisé pour capter l’eau afin d’alimenter Las Vegas ?
  3. Doc 2 : Combien de litres d’eau est consommé par personne à Las Vegas ?
  4. Doc 2 : Comment est acheminé l’eau jusqu’à Las Vegas ?
  5. Doc 2 :  Qui s’oppose à ce projet d’eau ? Pourquoi ?
  6. Doc 3 : Explique le climat de Las Vegas (températures, précipitations).
  7. Doc 4 et 5 :Explique à quoi sert l’eau de Las Vegas ?
  1. Combien de personnes n’ont pas accès à l’eau potable dans le monde ?
  2. A quoi n’ont pas accès 2,6 milliards de personnes dans le monde
  3. Pourquoi l’eau est très demandée ?
  4. Combien d’eau peut être consommable sur Terre ? Comment appelle t’on cette eau ?
  5. Y a-t-il un risque de pénurie d’eau ? Justifie ta réponse.
  1. Nomme les régions ou les pays faisant face à des pénuries ou des stress hydriques en eau ?
  2. Nomme une région du monde en particulier l’accès à l’eau potable est-il difficile ?
  3. Relève les aménagements utilisés par l’Homme pour utiliser l’eau ?

Les usages de l’eau p. 216-217

  1. Doc 1 : Où l’eau est-elle captée ?Comment est-elle traitée ?
  2. Doc 1 : Montre que ce schéma est respectueux de l’environnement.
  3. Doc 2 : Quelle est l’évolution des prélèvements en eau ?
  4. Doc 2 : Quels sont les trois secteurs d’utilisation d’eau ? Quel secteur utilise le plus d’eau 
  5. Doc 4 : Relève où se situent les usages domestiques (consommation courante des habitants), les usages touristiques et agricoles.
  6. Doc 4 : Quelles sont les populations en concurrence pour accéder à une eau rare dans cette région ?

Détruire le Hamas ou détruire Gaza

La chronique de Jean Piere Filiu sur le conflit israélo-palestinien

https://www.lemonde.fr/un-si-proche-orient/article/2023/12/17/detruire-le-hamas-ou-detruire-gaza_6206279_6116995.html

Dans sa chronique hebdomadaire au « Monde », Jean-Pierre Filiu note que plus de deux mois d’hostilités acharnées n’ont toujours pas permis à Israël de remporter des succès définitifs contre le Hamas, alors que la bande de Gaza est systématiquement détruite, avec un coût humain exorbitant pour la population. 

Détruire le Hamas ou détruire Gaza

Benyamin Netanyahou s’est précipité, tête baissée, dans le piège que lui tendait le Hamas à Gaza avec les carnages terroristes du 7 octobre 2023. Soixante-dix jours après le début d’une offensive vouée à éradiquer le Hamas, offensive suspendue durant une seule semaine de trêve, force est de constater qu’Israël n’est parvenu à éliminer qu’un seul responsable islamiste d’importance, Ahmed Al-Ghandour, commandant militaire pour le nord de Gaza. Alors que, d’ores et déjà, au nord, la ville de Gaza est à moitié détruite, le rouleau compresseur israélien continue de semer la destruction et la mort dans le centre et le sud de l’enclave palestinienne.

Significativement, la carte diffusée par l’armée israélienne pour définir les zones ciblées, dont la population est sommée de fuir avec un très court préavis, repose sur un document vieux d’un demi-siècle. Il avait en effet été élaboré en 1971 sous l’autorité d’Ariel Sharon, alors commandant pour la région militaire sud d’Israël.

L’ambitieux général, auréolé de ses faits d’armes en 1956 et 1967, était confronté à une insurrection palestinienne de basse intensité, que ses prédécesseurs avaient échoué à endiguer. Sharon avait opté pour la manière forte de la démolition de pans entiers des quartiers résidentiels, afin d’ouvrir des voies d’accès aux blindés israéliens.

L’éternel recommencement

Une reconfiguration aussi brutale de l’espace urbain avait entraîné le déplacement forcé de dizaines de milliers de civils palestiniens à l’intérieur de la bande de Gaza, un chiffre jugé exorbitant à cette époque-là. Ce sont aujourd’hui près de deux millions des 2,3 millions d’habitants du territoire palestinien qui ont été contraints par une violence extrême à abandonner leurs foyers, parfois à plusieurs reprises. Sharon, élu premier ministre par un raz-de-marée électoral en 2001, avait été de nouveau confronté au défi persistant de la bande de Gaza, trente ans après le succès de sa campagne anti-insurrectionnelle de 1971.

Il avait cette fois décidé d’évacuer, en 2005, les huit mille colons qui, sous la protection de l’armée israélienne, accaparaient un quart des terres d’une enclave palestinienne pourtant surpeuplée. Ce désengagement unilatéral, même s’il mettait un terme à l’occupation directe de Gaza, laissait à Israël le contrôle exclusif de l’espace aérien et maritime du territoire, ainsi que de ses accès terrestres (en collaboration au sud avec l’Egypte). Un tel désengagement ne représentait qu’une apparence de retrait, puisque, peu après, Sharon déclenchait une campagne de bombardements contre Gaza sous le nom évocateur d’« Eternel recommencement ».

Le recyclage de la carte de 1971 pour « cadrer » l’offensive en cours à Gaza démontre à quel point la pensée militaire est restée figée en Israël dans un déni de la réalité humaine de ce territoire. Non seulement les frappes sont bien plus meurtrières à l’encontre de la population que lors des offensives précédentes, mais Israël accepte par avance de tuer des dizaines de civils en vue d’éliminer un seul responsable du Hamas, même de rang intermédiaire.

Le recours systématique à l’intelligence artificielle amplifie cet effroyable bilan humain, puisqu’il suffit que la présence de telle ou telle « cible » soit signalée, sans même être vérifiée, pour qu’un bâtiment, voire un quartier soient sans merci bombardés. La propagande israélienne a beau marteler la légitimité de telles frappes, elles ne s’appuient que sur des sources de renseignement, par définition invérifiables, alors même que le renseignement israélien n’a pas été capable d’anticiper, sans même parler d’empêcher, les massacres perpétrés, le 7 octobre 2023, par le Hamas.

Enrayer la course à l’abîme

Des militaires israéliens de haut rang ont confié au Financial Times que la campagne de Gaza pourrait encore se prolonger de longs mois, et ce jusqu’à l’élimination de Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, de Mohammed Deif, le commandant de la branche militaire du Hamas, et de Marwan Issa, son adjoint. Que ces trois hommes constituent à eux seuls l’objectif déclaré de l’armée la plus puissante du Moyen-Orient est en soi troublant. Quant au chiffre de sept mille combattants du Hamas qu’Israël affirme avoir tués, il semble à l’évidence très surévalué.

En outre, il correspond à l’ordre de grandeur de l’ensemble des mâles adultes tués depuis le début d’une offensive dont 70 % des victimes sont des femmes et des enfants. De là à affirmer que tout homme est à Gaza un « terroriste » en puissance aux yeux d’Israël, il y a un pas que l’opinion arabe a largement franchi pour dénoncer avec d’autant plus de virulence la « passivité », voire la « complicité » internationales.

Tout cela accrédite la crainte que, derrière la volonté affichée de représailles, se cache le dessein d’éliminer, non plus seulement le Hamas, mais la bande de Gaza en tant que telle. Ayelet Shaked, ministre de la justice de Nétanyahou de 2015 à 2019, adjure l’armée israélienne de ravager le sud de la bande de Gaza avec la même rage qui a été déployée contre le nord de l’enclave, avant d’en expulser la population sur la base de quotas de 20 000 à 50 000 réfugiés par pays d’accueil. Elle n’est pas la première des voix à s’élever en Israël pour prôner un transfert massif de population hors de Gaza.

Nétanyahou se borne pour l’heure à envisager une « réduction de la densité » de la bande de Gaza, qui serait amputée de vastes « zones tampons ». Cette perspective est prise suffisamment au sérieux pour que le président Al-Sissi d’Egypte et le roi Abdallah II de Jordanie tiennent, depuis le début de la crise, un langage d’une inhabituelle fermeté. Et pour cause : le déplacement forcé de même une partie de la population de Gaza susciterait, au-delà des troubles internes en Egypte et en Jordanie, des risques d’escalade régionale sans aucun précédent. Il n’est peut-être pas trop tard pour enrayer un tel scénario du pire.

Jean-Pierre Filiu (Professeur des universités à Sciences Po)