"Nous qui feignons de croire que tout cela est d'un seul temps et d'un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous, et qui n'entendons pas qu'on crie sans fin" Alain Resnais, Nuit et Brouillard
Donne la définition d’une cité-Etat (Cherche dans ton cahier ou livre)
Donnez 3 cités de Grèce
Où sont plutôt situées les cités : dans les régions montagneuses ou dans les plaines ?
1-Les Grecs s’organisent en cités indépendantes
Activité n°1: Les cités grecques
Doc 1 : Carte : page 70-71
Quelles régions sont devenues grecques entre le VIIIème et le VIème siècle av. JC ?
Donnez la définition d’une colonie à partir du manuel.
Donnez un exemple de colonie en Gaule et un exemple de colonie en Italie.
Activité n°2 : La fondation de Massalia
Quel est le nom de Massalia aujourd’hui ?
Quel est le nom de la cité grecque qui a fondé Massalia (aide doc 3) ?
Pour quelles raisons les Grecs sont-ils partis de leur cité pour fonder Massalia ?
D’après la légende, comment ont-ils pu fonder Massalia ? Qui sont les mariés ?
Comment les Phocéens sont-ils allés fonder Massalia ?
Décris Leur parcours en disant les villes par lesquels ils sont passés
Doc 4 : Qu’est-ce qui prouve que des Grecs ont vraiment fondés Massalia ?
Bilan
En quelques lignes, raconte comment les Phocéens sont venus fonder Massalia. N’oublie pas de raconter l’épisode légendaire de cette fondation (le mariage).
Exemples d’élèves
Correction
2–Les Grecs ont une culture et une religion commune
A– La mythologie grecque
Document 2 : Achille contre Hector
Présentez le texte (œuvre, date, auteur)?
Pourquoi le Grec Achille hait-il à ce point le Troyen Hector ?
Quelles sont les armes utilisées par les combattants ? Où Achille porte-t-il le coup fatal à Hector ?
Comment la déesse Athéna soutient-elle Achille ?
Quels éléments du texte n’apparaissent pas sur l’image ?
Document 5 : Ulysse et le Cyclope
Présentez le texte (œuvre, auteur, date
Qu’est-ce qu’un cyclope ? Pourquoi le cylope Polyphème est-il appelé « monstre cruel » ?
Comment Ulysse parvient-il à aveugler Polyphème ?
Quelle est la ruse d’Ulysse pour échapper à la vengeance des autres cyclopes ?
A quel passage du texte correspond l’image ?
Bilan: Raconte pour le reste de la classe ton mythe, en expliquant la morale de l’histoire (Comment Ulysse ou Achille ont vaincu?)
B- La religion grecque
Réalise un travail de recherche sur un Dieu/Déesse grecque et créé un panneau présentant le résultat de tes recherches.
C- Les Jeux d’Olympie
Où se situe Olympie (voir p. 85)? En l’honneur de quel dieu avaient lieu les Jeux?
Doc 1: Quelles sont les constructions religieuses du sanctuaire?
Doc 3: Dans quel lieu ou bâtiment se déroulaient chacune de ces épreuves sportives?
Doc 4: Selon la légende, quel était le but d’Héraclès en fondant les Jeux
Bilan: En reprenant vos réponses, racontez comment se déroulent les jeux d’Olympie
3-Les Grecs fondent la démocratie et la citoyenneté à Athènes
A- La cité d’Athènes
Décris tout ce qu’englobe la cité d’Athènes.
A ton avis, qu’est-ce que Le Pirée?
Qu’est-ce que l’Attique au final?
B- La population athénienne
Questions à partir de la p. 86-87
Doc 3-4 : De quel droit disposent les citoyens dans la cité
Doc 3 : Qui sont les non-citoyens ?
Doc 1-2 : Quel est le rôle des esclaves
Doc 2 : A quoi l’auteur compare-t-il les esclaves ?
Doc 5 : Où doit vivre la femme de citoyen ?
Doc 5 : De quels travaux doit-elle s’occuper ?
Doc 6 : Qu’est-ce qu’un métèque ?
Doc 6 : Quelle est l’obligation pour un métèque ?
Bilan: Rédige un texte qui explique le rôle de chacun des habitants d’Athènes
C- La démocratie athénienne
De quels droits et devoirs disposent les citoyens d’Athènes ?
Comment sont choisis les représentants du peuple athénien ?
Quels sont les avantages de la démocratie selon Thésée ?
Qui compose l’Ecclesia ? Quel est son rôle ?
Je relève les rôles de l’Ecclésia, la Boulè et l’Héliée et je reporte dans le tableau ci-dessous.
Bilan: Avec un texte, raconte comment fonctionne la démocratie athénienne (principes, droits-devoirs des citoyens, différentes institutions).
Extrait du film Fast and Furious avec Rio de Janeiro
Que vois-tu de la ville de Rio de Janeiro dans cet extrait de film (ville, milieu naturel, habitation, population) ?
A- Vivre à Rio, vivre séparé
Doc 1: Vue sur la favela de Rocinha
Doc 1 : Quel est le type de document ? (photo, image satellite, tableau)
Doc 1 : Décris ce document. Vois-tu des différences ?
B- Les fonctions de Rio
Doc 2 : Décris cette photographie. Comment te paraissent les gens ? Qu’est-ce qu’un CBD ?
Doc 3 : Grâce à quoi la ville de Rio est connue dans le monde ? Qu’est-ce que ça peut permettre pour le développement de la ville ?
Doc 4 : Quels sont les avantages de la ville de Rio d’après Margaux ?
Schéma de la ségrégation sociale à Rio
2- Une métropole au Japon: Tokyo
A- Tokyo à différentes échelles
Doc 1: Tokyo à l’échelle du pays
Sur la carte, localiser Tokyo, l’Océan Pacifique et la mer du Japon.
Doc 2 : A l’échelle de la métropole : Tokyo
Sur l’image satellite, relever les noms proposés. A quoi correspondent-ils ?
Colorier en rouge (ou orange) les espaces construits. A quoi correspondent les parties sombres de l’image ?
Doc 3: A l’échelle humaine : Vue sur un quartier de Tokyo
Décrire cette photographie en citant précisément les différents bâtiments, moyens de transports
.
B- Vivre à Tokyo
Doc 1: Montre que la ville de Tokyo disposent de centres économiques
Relève les différents axes de transports de la ville de Tokyo.
Doc 2: A quoi vois-tu que ce quartier est fréquenté
Quelles sont les activités qu’on trouve dans ce quartier?
Doc 3 : Surligne dans le texte deux passages qui montrent que beaucoup d’habitants résident à Chiba
Relève les activités agricoles, industrielles, et de loisirs à Chiba.
Doc 3 et 4 : Quels moyens de transports permettent de relier Tokyo à Chiba
Bilan : A l’aide de tes réponses, rédige un texte qui présente Tokyo. Tu devras montrer que Tokyo dispose de centres économiques. Tu devras décrire le paysage urbain de Tokyo présenteras aussi des moyens de transports et différentes activités de Tokyo
3- Mise en perspective: Un monde urbain?
Pages 212-213
Que représente cette carte (utilise la légende)
Quels sont les continents les plus urbanisés ? Quels sont les continents les moins urbanisés ?
Sur quel continent y-a-t’il le plus de métropoles. Justifie ta réponse
Photographie de La pollution de Sao Paulo
Un temps sec et une couche de pollution couvrent le ciel de Sao Paulo au Brésil le 9 septembre 2024. L’air de Sao Paulo est le plus pollué du Monde ce jour-là, selon l’agence suisse IQUAIR
Photographie AFP
Les villes et la pollution
Les villes contribuent significativement aux changements climatiques. Selon ONU-Habitat, les villes comptent pour 78 % de la consommation énergétique mondiale et produisent plus de 60 % des émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, elles représentent moins de 2 % de la surface de la Terre.
Jack Goody (1919-2015) était anthropologue à l’Université de Cambridge. Mondialement connu, il est l’auteur d’une œuvre abondante qui porte notamment sur les fonctions sociales de l’écriture, la famille ou encore l’usage des fleurs. Ses dernières œuvres ont été consacrées à la critique de l’eurocentrisme. Son travail a été traduit en de nombreuses langues (y compris en chinois) et est discuté dans le monde entier.
A quoi sert l’écriture pour la pensée ?
« Je pense pour ma part, que ce qui est central pour expliquer la domestication de la pensée, c’est l’écriture. Avec l’écriture, la pensée devient beaucoup plus avancée que dans les sociétés sans écriture. Ce n’est pas une différence de mentalité ou de rationalité entre les hommes, c’est vraiment une différence d’ « outils d’intelligence ». l’écriture, c’est un outil à la disposition de l’esprit humain, que toute société peut adopter. Et sous l’effet de l’écriture, les changements sont très rapides. Les enfants des sociétés villageoises africaines qui sont allés à l’école ont une rationalité en tout point semblable à « la nôtre ». Ce n’est pas une question de mentalité. »
La pensée se transforme avec l’écriture
« La parole est toujours liée à la personne qui parle, elle procède d’une communication en face à face. L’écriture est un objet hors de moi, c’est un mode de communication plus impersonnel, plus abstrait, qui n’est pas lié aux événements comme l’est la parole. La parole est toujours dans le présent. L’écrit se situe hors du contexte immédiat. Il établit une distance. C’est ce qui permet d’élaborer une vraie science. »
La science, la philosophie sont-elles possibles sans écriture ?
« Le passe, sans l’écrit, s’évanouit. Il y a des mémoires des événements mais forcément restreintes. La mémoire, ce n’est pas l’histoire. On ne peut pas dire non plus que les peuples sans écriture n’aient pas de pensée philosophique, mais c’est forcément une philosophie embryonnaire. (…) La mémoire des hommes est limitée. »
Le mythe, la religion des sociétés orale ne sont pas fixes
« Le mythe dans les sociétés orales n’est pas fixe. Il serait impossible de se rappeler exactement ce que l’on a entendu dans une cérémonie, il faut inventer pour remplir les trous. On peut garder des choses courtes en mémoire, mais pas de longs textes. (…) Et la religion des sociétés orales se transforme aussi assez souvent. Beaucoup plus souvent que chez nous, où nous disposons d’un livre écrit. Leurs mythes, leur littérature sont en constante évolution. On a longtemps cru que la précision de la mémoire y était meilleure que la nôtre. Mais, là encore, ce n’est sans doute pas vrai : nous mémorisons des textes plus facilement, car nous pouvons les lire et les relire ».
Aujourd’hui, une écriture pour tous
« il faut rappeler que, au cours des premiers cinq milles ans de l’écriture, jusqu’à la fin du XIXème siècle, la capacité à lire et à écrire n’a concerné qu’une petite minorité de la population. La civilisation a progressé avec une minorité de lettrés. Aujourd’hui, notre ambition est que tout le monde sache lire et écrire. C’est une étape nouvelle dans l’histoire de l’humanité ».
Extrait tiré de « Entretien avec Jack Goody », Les collections de L’Histoire, n° 29, 2005, p. 10-11.
Sur la rive gauche de l’Euphrate, au Nord de la Syrie (fig. 1), le village de Jerf el Ahmar est occupé pendant plus d’un demi-millénaire, entre 9500 et 8700 cal BC. Le processus de néolithisation est en chemin depuis 13 000 cal BC. La sédentarisation est acquise, les signes de production de subsistance se précisent. Justement, à Jerf el Ahmar et dans d’autres sites contemporains, la pratique d’une forme primitive d’agriculture est mise en lumière (Stordeur et Willcox 2009). Mais cette innovation majeure n’est pas la seule. Elle s’accompagne d’un développement exceptionnel de l’organisation sociale et d’une intense créativité dans les domaines techniques, symboliques et artistiques. A Jerf el Ahmar, le développement des structures sociales se lit particulièrement bien à travers les architectures et la gestion de l’espace villageois (Stordeur sous presse). Mais que lit-on au juste ?
Fig. 1. Situation géographique de Jerf el Ahmar.
Les maisons
Deux tendances se dessinent du début à la fin de l’occupation dans la construction des unités domestiques. La première concerne les contours. Progressivement les plans, arrondis à l’origine, tendent vers des formes quadrangulaires. La deuxième concerne le nombre de pièces. Au début de l’occupation aucune maison n’est subdivisée. A la fin, certaines maisons comportent jusqu’à cinq pièces. Si on combine ces deux tendances, on en déduit que les premières maisons construites à Jerf el Ahmar sont arrondies et monocellulaires (fig. 2), et les plus récentes rectangulaires et pluricellulaires (fig. 3). Mais le chemin de l’invention n’est pas si simple.
Fig. 2. A la phase ancienne toutes les maisons sont arrondies et monocellulaires. EA28 (IV/E) coupe EA37 (V/E), plus ancienne. Photo Mission El Kowm-Mureybet
Fig. 3 : A la phase récente apparaissent les premières maisons quadrangulaires (EA17, 0/E). Photo Mission El Kowm-Mureybet.
D’abord l’innovation architecturale à Jerf est cumulative. Des modèles nouveaux apparaissent successivement dans les onze épisodes villageois (niveaux) détectés sur le site. Mais les anciens modèles ne sont pas tous, pour autant, abandonnés. Ce qui revient à dire que plus le temps passe, plus la diversité architecturale croît (fig. 4 : a et b).
Cette variété marque une étape dans l’histoire des architectures domestiques. Avant l’époque de Jerf (Horizon Pre-Pottery-Neolithic A, soit PPNA) toutes les maisons se ressemblent, la forme arrondie, sans subdivision est pratiquement la seule, parce que c’est la seule que l’on sait construire. Après l’époque de Jerf (dès l’horizon Pre-Pottery-Neolithic B, soit PPNB ancien) toutes les maisons se ressemblent à nouveau, mais pour une toute autre raison. C’est la société qui impose un modèle standardisé.
Fig. 4a : L’épisode villageois II/W (phase récente). La diversité architecturale est à son maximum. Les maisons, de plain-pied, entourent un bâtiment communautaire enterré. Photo Mission El Kowm-Mureybet.
Autre spécificité de Jerf, à partir du moment où les maisons ont plusieurs pièces, leur structure intérieure varie, tout en obéissant à des règles. A partir de la forme géométrique dessinée par les murs de subdivision, trois modèles se distinguent : tripartite, à pièces en enfilade, quadripartite en croix. Quant aux variantes, elles tiennent au fait qu’une même structuration intérieure peut s’inscrire dans des contours différents. Par exemple, les maisons tripartites, dont les murs intérieurs dessinent un T, ont d’abord des contours arrondis. Plus tard les murs extérieurs deviennent rectilignes, les angles restant arrondis (fig. 3). Enfin ces maisons tripartites deviennent rectangulaires. Mais, dans un même niveau récent, des maisons tripartites arrondies et rectangulaires se côtoient (fig. 4 : b).
Fig. 4b : Relevé de terrain (M. Brenet) simplifié (E. Régagnon)
Enfin bien que répondant à des modèles, les maisons de Jerf el Ahmar ne sont nullement standardisées. Chaque construction est unique, dans sa forme et ses dimensions. Sauf lorsqu’une nouvelle maison est reconstruite, à l’identique, sur une maison arasée.
Les bâtiments communautaires
Deux types de bâtiments communautaires ont été édifiés à Jerf el Ahmar (fig. 5 et fig. 6). Ils se succèdent dans le temps. Ils ont en commun d’être très grands (6 m à 8 m de diamètre) et enterrés (2 m à 2,5 m sous le sol). Tous ont été incendiés volontairement.
Fig. 5 : Bâtiment communautaire polyvalent à subdivisions radiales (EA30, II/W, phase récente). Photo Mission El Kowm-Mureybet.
Les plus anciens (comme EA30, phase récente, PPNA) sont compartimentés et polyvalents, tout en servant principalement au stockage des céréales (fig. 4 et fig. 5). Ils sont subdivisés par deux murs porteurs et des murets, qui partent de la circonférence et partagent l’espace intérieur en formant une figure géométrique rayonnante, caractérisée par une symétrie bilatérale. Six petites cellules font face à une large banquette. Il reste au centre un grand espace polygonal vide. Aucun passage direct n’est prévu entre cet espace central et les cellules. La communication ne peut s’effectuer qu’en enjambant les murets, grâce à deux petits escaliers d’angle. Les deux bâtiments de ce type qui ont été découverts à Jerf el Ahmar dessinent des figures semblables, identiques aux bâtiments communautaires contemporains de Mureybet (Aurenche 1980 ; Stordeur et al 2000 ; Stordeur 2006). Un peu plus tard, avec quelques variantes, on les retrouve à Tell ‘Abr 3 (Yartah 2005). Ces constructions, contrairement aux maisons, sont donc standardisées. Leur modèle est imposé, non seulement à l’intérieur du site, mais dans un ensemble de sites qui s’échelonnent sur presque 100 km le long de la rive gauche de l’Euphrate.
Fig. 6 : Bâtiment communautaire non subdivisé, à banquette ornée (EA53, -II/E, phase de transition PPNA/PPNB). Photo Mission El Kowm-Mureybet.
Les plus récents (EA53 phase de transition PPNA/PPNB) ne sont pas subdivisés (fig. 6). Leur seul aménagement est une banquette intérieure adossée au mur, qui dessine un hexagone équilatéral. Elle entoure un grand espace vide. A chaque angle de l’hexagone, un gros poteau en bois recouvert de terre a été planté pour soutenir la toiture (fig. 7). La banquette est renforcée, sur le devant, par de lourdes dalles en craie soigneusement taillées et polies, posées de chant. Leur bord supérieur est gravé avec la volonté claire d’offrir au regard un décor continu, parcourant tout le tour de la banquette sans être interrompu par les poteaux centraux, eux-mêmes décorés pour assurer le relais. Il consiste en une frise horizontale et régulière de triangles en champlevé, à laquelle s’ajoute parfois des lignes ondulées ou brisées (fig. 7).
Fig. 7 : Devant la banquette de EA53 (Fig. 6), six poteaux en bois enduits de terre séparent des dalles calcaires verticales. Poteaux et dalles sont ornés d’un même type de décor. Photo Mission El Kowm-Mureybet.
Pour le moment, vu la faiblesse de la documentation on ne peut pas parler de standardisation pour ces bâtiments. Mais leur structure annonce celle des bâtiments spectaculaires de Göbekli, où les modestes poteaux de Jerf seront devenus des piliers mégalithiques sculptés, pesant plusieurs dizaines de tonnes (Schmidt 2002 et 2007).
Projets communs. Projets à grande échelle. Existence d’une autorité ?
Plusieurs signes clairs montrent que des projets à grande échelle étaient conçus et exécutés par la totalité ou une partie du groupe qui résidait à Jerf el Ahmar. Les premiers sont les bâtiments communautaires qui se distinguent facilement des maisons individuelles par leur localisation, leur implantation, leurs dimensions et leurs fonctions (Stordeur et al 2000). Les autres signes se détectent à travers la préparation du terrain à construire, la planification de l’espace construit, la structure de l’espace villageois.
La préparation du terrain à bâtir évolue du début à la fin de l’occupation de Jerf el Ahmar. Dès la phase moyenne de l’occupation, il s’agit de « grands travaux » coordonnés par une autorité. Quelle forme d’autorité ? La question se pose, mais la réponse est inaccessible quand il s’agit de préhistoire.
A l’origine, les habitants de Jerf s’installent sur une colline, vers le milieu d’une pente qui descend vers un petit ruisseau encaissé. Durant la phase ancienne du site, le sol des maisons est horizontal, mais on ne voit aucun signe d’aplanissement de leur environnement. Dès le début de la phase moyenne (niveau III/E), les premiers indices d’un aménagement global de l’espace construit apparaissent sur cette même pente. A partir du sommet, lui-même égalisé, des terrasses sculptent le terrain et des maisons s’établissent sur chacune d’entre elles. Les choses se précisent un peu plus tard (niveau II/E). Les terrasses anciennes sont reprises et consolidées, après une destruction totale du village par incendie. On voit bien les murets qui en soutiennent le front (Fig. 8). Surtout lorsqu’ils coupent (en servant de marche) un étroit passage entre deux maisons. Murs de maisons et muret de terrasse sont alors chaînés, ce qui veut dire que l’ensemble était construit en même temps.
Fig. 8 : Un village en terrasses. La phase moyenne (niveau II/E) avec ses maisons reliées par les murets de soutènement de terrasses (restitution en 3D du relevé de fouille : O. Aldbiyat).
Comment une telle orchestration pouvait-elle se réaliser sans que le projet et les directives aient été centralisés ? Cela paraît difficile, voilà pourquoi nous pensons que ces travaux d’envergure impliquent l’existence d’une autorité. Celle-là même qui se détectait dans la capacité du groupe à concevoir et construire, forcément à plusieurs, de grands bâtiments communautaires enterrés.
Autre exemple de construction planifiée de tout un ensemble villageois, à la phase récente (niveau II/W), des maisons de plain-pied, de modèle très diversifié, entourent sur trois côtés un bâtiment communautaire enterré (fig. 4). Leurs orientations sont régulières, parallèles. Cette image d’une petite agglomération bien organisée, symétrique, est d’une rare clarté.
Groupes différenciés de maisons. Premières inégalités ?
L’implantation des maisons autour des bâtiments collectifs, on l’a vu, est clairement organisée. Or on note que le type, la grandeur et la qualité d’exécution des constructions n’est pas la même selon qu’elles sont bâties à proximité ou non des bâtiments communautaires (fig. 9).
Fig. 9 : Deux groupes de maisons se distinguent à la phase récente (niveau I/E). Les plus proches du bâtiment communautaires sont toutes tripartites, symétriques. Les plus éloignées sont hétéroclites, irrégulières (relevé simplifié E. Régagnon, présentation O. Aldbiyat
Contrairement à ce qui se passe souvent, dans les sociétés anciennes comme actuelles, le bâtiment qui réunit le groupe n’est pas construit au point le plus haut de l’agglomération. Il ne la domine pas. Au contraire, il est enfoui à ses pieds. Il est placé à la limite de la zone construite tout en étant partiellement entouré par les maisons qui lui sont les plus proches. A la phase moyenne (niveaux II/E et I/E) ces premières maisons, qui ont une vue directe sur le lieu le plus prestigieux du village, sont toutes bâties sur le même modèle et particulièrement bien construites (fig. 9). Les quatre maisons qui s’alignent sur la terrasse basse sont de type tripartite et comportent soit trois pièces, soit deux pièces et une cour. Les contours, réguliers, tendent vers des formes rectangulaires. Les plans sont symétriques. Les matériaux utilisés sont de facture très soignée. Ces maisons sont accrochées les unes aux autres par des murets.
Plus haut, et jusqu’au sommet de la colline, un autre groupe se dégage (fig. 9). Contrairement au précédent il n’est pas homogène. On y trouve des petites maisons monocellulaires et d’autres à deux pièces symétriques. Plusieurs sont bâties selon une conception tout à fait particulière, par adjonction successive de cellules indépendantes. La symétrie ne caractérise que rarement ces maisons. Le niveau d’exigence y est nettement moins poussé que pour les maisons du premier groupe et ceci à tout point de vue : technique aussi bien que formel.
Or toutes ces constructions sont bien des habitations comme le montrent les restes et les équipements qui y sont trouvés. Alors pourquoi ce clivage en deux groupes si nettement distincts ? N’a-t-on pas ici le reflet, ou le révélateur, d’une différenciation sociale ? Correspond-elle à des divisions internes de type clanique ? Ou est-elle le reflet de véritables inégalités, explication qui n’est pas incompatible avec la première ?
Et pour finir…
La néolithisation est un moment clé de notre histoire. Comprendre le fonctionnement des sociétés qui l’ont construite, étape par étape est un enjeu particulièrement stimulant. Des modèles variés, souvent inspirés par l’ethnologie, ont été proposés depuis bien longtemps. Mais nous avons aussi, entre nos mains, l’or des découvertes archéologiques elles-mêmes. Elles ne nous permettront jamais d’arriver à des certitudes. Mais leur étude précise, approfondie, collective et interdisciplinaire, donne de plus en de substance à ce que l’on imagine. Une certitude en tout cas, les sociétés néolithiques étaient organisées, différenciées, et en perpétuelle transformation.
Bibliographie
Aurenche O. 1980. Un exemple de l’architecture domestique au VIIIe millénaire : la maison XLVII de Mureybet, in : Margueron J. (dir.), Le Moyen Euphrate, zone de contacts et d’échanges, Leiden, E. J. Brill, 35-54.
Schmidt K. 2002. The 2002 Excavations at Göbekli Tepe (Southeastern Turkey). Impressions from an enigmatic Site, Neo-Lithics, 2, 8-13.
Schmidt K. 2007. Göbekli Tepe, in: Özdöğan M. et Başgelen N. (dir.), Neolithic in Turkey. The Cradle of Civilization. New Discoveries. Istanbul, Arkeolojive sanat Yayinlari, 1, 115-129, 2, 105-116.
Stordeur D., Brenet M. et Yartah T. 2000. Jerf el Ahmar. Un site néolithique englouti sous un lac de barrage. Une opération de sauvetage du patrimoine, in : Weyer A. (dir.), Rettung des Kulturerbes. Projekte rund ums Mittelmeer/ Sauvetage du patrimoine culturel. Projets autour de la Méditerranée, Hambourg, Glöss Verlag (Hornemann ed 3.3), 85-100.
Stordeur D. 2006. Les bâtiments collectifs des premiers néolithiques de l’Euphrate. Création, standardisation et mémoire des formes architecturales, in : Butterlin P., Lebeau M., Montchambert J.Y., Montero-Fenollos J.L. et Müller B. (dir.), Les espaces syro-mésopotamiens. Dimensions de l’expérience humaine au Proche-Orient. Hommage offert à Jean Margueron. Bruxelles, Brepolls (Subartu 17), 19-31.
Stordeur D. et Willcox G. 2009. Indices de culture et d’utilisation des céréales à Jerf el Ahmar, in: De Méditerranée et d’ailleurs. Mélanges offerts à J. Guilaine, Toulouse, Archives d’Ecologie préhistorique, 693-710.
Stordeur D. sous presse. Le village de Jerf el Ahmar (Syrie, 9500-8700 avant JC). L’architecture, miroir d’une société complexe, Paris, CNRS Editions.
Yartah T. 2005. Les bâtiments communautaires de Tell ‘Abr 3 (PPNA, Syrie), Neo-Lithics 1/05, 3-9.
L’auteur : Danielle Stordeur est Directeur de Recherche émérite au CNRS. Préhistorienne, Néolithicienne, elle a été Directrice de la mission permanente El Kowm-Mureybet (Syrie) du Ministère des Affaires Étrangères. CNRS UMR 5133 – Archéorient, Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Lyon
Une fiche de révision permet de mémoriser, de retenir, apprendre les éléments importants du cours. On n’y écrit que l’essentiel. Il ne s’agit pas de recopier le cours intégralement mais d’organiser efficacement ses révisions.
Comment réaliser une fiche de révision?
Même si certains préfèrent la fameuse fiche bristol (qui est une feuille cartonnée, petit format), il est conseillé d’utiliser unefeuille A4 au format paysage.
Le travail se déroule en deux étapes :
La rédaction des fiches de révision (50% du travail)
L’apprentissage, la mémorisation des fiches de révision (50% du travail)
Vous pouvez définir un plan de fiche. Cela permet d’aller plus vite en faisant toujours la même chose : par exemple un résumé des grandes idées du cours (plan du cours, grandes idées), les éléments essentiels (dates, cartes, croquis, schéma, vocabulaire, chiffres clés, personnages…). Vous pouvez organiser votre fiche sous forme de tirets, de tableau, de carte mentale, de blocs…
Aller plus loin: Personnaliser sa fiche de révision
Il existe d’autres types de fiches de révision :
Le croque-note : il sert de résumé, de fiche de révision. Il mêle des dessins et des notes (mots clés). Proche de la carte mentale, il est plus libre. Il insiste plus sur l’aspect visuel, en utilisant des dessins, des cadres, des flèches, des symboles…
Le storytelling : Il permet de retranscrire un récit, et donc est utile en histoire pour retranscrire un récit chronologique, des évènements qui se succèdent et montrer l’enchaînement de causes/conséquences.