Archives de catégorie : 6ème

S01E07 – Genre et préhistoire [Anne Augereau]

Dans cet épisode, nous ferons connaissance avec Anne Augereau, archéologue à l’Inrap, spécialiste du néolithique, qui vient de faire paraître un ouvrage nommé Femmes néolithique, le genre dans les premières sociétés agricoles, aux éditions du Cnrs. Cet entretien sera pour nous l’occasion de vous faire connaître une discipline, l’archéologie du genre, et nous espérons, à travers la présentation de ses recherches, vous faire partager notre passion pour les analyses de genre appliquées à la préhistoire. Nous pourrons ensuite aborder la question de l’enseignement de la préhistoire dans le secondaire et sur la place qu’y occupent les femmes.

Bibliographie : 

  • Augereau Anne, Femmes néolithiques, le genre dans les premières sociétés agricoles, Cnrs éditions, 2021.
  • Belard Chloé, « Les objets archéologiques des sociétés anciennes sans textes peuvent-ils être « masculins » ou « féminins » ? », Historiens et Géographes, Nov.2020, pages 55-61.
  • Cohen Claudine, La femme des origines et Femmes de la Préhistoire, Belin, 2016.
  • Demoule Jean-Paul, La révolution néolithique, Le Pommier, 38, 2008.
    Demoule Jean-Paul, « Pouvoirs, sexes et genres ». Les Nouvelles de l’archéologie, 2015.
  • Dossier « Genre et archéologie ». Les Nouvelles de l’archéologie, n°140, juin 2015 , Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2015.
  • Patou-Mathis Marylène, L’homme préhistorique est aussi une femme, Allary Editions 2020.
  • Tabet Paola, « Les Mains, les outils et les armes », L’Homme, tome 19, n°3-4, 1979, pp. 5 – 61.
  • Testart Alain, L’amazone et la cuisinière. Anthropologie de la division sexuelle du travail, Paris, Gallimard, 2014.
  • Testart Alain, La Déesse et le grain, Trois essais sur les religions néolithiques, Paris, Éditions Errance, 2010.
  • Testart Alain, L’amazone et la cuisinière. Anthropologie de la division sexuelle du travail, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque des Sciences Humaines, 2014.
  • Trémeaud Caroline, « La richesse des femmes ou comment l’archéologie vient au genre », Les Nouvelles de l’archéologie, 140, 2015, p. 35-41.

Quelle était la place des femmes à la préhistoire ?

https://www.mnhn.fr/fr/quelle-etait-la-place-des-femmes-a-la-prehistoire

La femme préhistorique avait un rôle tout aussi essentiel que son homologue masculin. Elle s’occupait du groupe, confectionnait des outils, aidait à la chasse et participait sans doute aux premières activités artistiques. 

Des clichés à déconstruire

La femme préhistorique a d’abord souffert de beaucoup d’a priori et de clichés. On oppose pendant longtemps un homme fort, triomphant à la chasse, à une femme sans force. Une vision que l’on doit avant tout aux préjugés qui ont cours jusqu’au début du XXe  siècle, où la femme est considérée comme inférieure à l’homme par nature.

Pourtant dans les sociétés du Paléolithique, les femmes ont un rôle aussi essentiel que celui des hommes, tant économique que social. Elles œuvrent dans la sphère domestique mais également symbolique. En effet, aucune preuve archéologique n’exclut leur participation à toutes les tâches : portage et éducation des enfants, confection d’outils, d’armes ou de parure (la taille de la pierre ou de l’os exige plus d’habileté que de  force physique), construction des habitats, collecte et cueillette, traitement du gibier (dépeçage, cuisine, peaux), voire même participation à la chasse non seulement au petit mais également aux grands mammifères.

L’étude des squelettes de néandertaliens de sexe féminin montre souvent un bras avec une attache musculaire comparable à celle des hommes. Autrement dit, les femmes elles aussi pouvaient effectuer des activités nécessitant une certaine force musculaire.

Hommes et femmes pratiquent l’art

Récemment, plusieurs études ont avancé que les empreintes de mains que l’on rencontre fréquemment dans l’art pariétal appartenaient le plus souvent à des hommes mais aussi à des femmes, les deux s’impliquent donc ensemble dans l’art des cavernes, une pratique chargée de beaucoup de symboles et de mystères pour les humains de l’époque.

Si la femme était moins mobile de par son rôle dans la reproduction (grossesse puis allaitement), cela ne l’empêchait pas de participer activement aux activités du groupe.

Article revu en 2023.

Remerciements à Marylène Patou-Mathis, Directrice de Recherche au Muséum d’histoire naturelle (UMR 7194, Histoire naturelle de l’Homme préhistorique)

Musée National d’Histoire Naturelle

L’empire Romain : Ier s. avant JC – Vème s. après JC

  1. Doc 1: Quels sont les peuples vaincus par Octave ? Quel est le pouvoir évoqué par cette statue ?
  2. Doc 2: Quels sont les titres obtenus par Octave en 27 avant J.C.?
  3. Doc 3: Quelle magistrature républicaine lui permet d’être chef du gouvernement ? Chef de la religion ?
  4. D’après ce texte, comment Octave a-t-il pu s’installer au pouvoir ? A quoi les Romains ont-ils dû renoncer ?
  1. Doc 1: Où produit-on du blé dans l’empire romain?
  2. Doc 1: Décrivez le trajet suivi par un navire venant d’Egypte pour se rendre à Ostie. Combient de temps lui faut-il ?
  3. Doc 3: Situez Ostie par rapport à Rome (utilisez les points cardinaux). Estimez en kilomètres m la distance entre Ostie et le centre de Rome (utilisez l’échelle).
  4. Docs 2-3: Que font les personnages du bateau ? Expliquez comment le bateau rejoint Rome.
  5. Doc 4: Qui est-ce qui distribue gratuitement du blé aux citoyens ? Pourquoi selon vous ?

Cher ami,

J’ai appris que vous étiez en voyage à Rome, la ville aux sept collines. Je rêve moi aussi de cette cité où vit notre cher empereur. Malheureusement, je ne pense pas y aller un jour.

Ne m’oubliez pas. Envoyez-moi une carte postale de cet endroit somptueux. J’aimerais que vous me décriviez cette ville fantastique, ses monuments culturels et politiques à la gloire de l’empereur. Peut-être aurez-vous la chance de rencontrer l’empereur.

Faites vite chers amis, mon messager n’a que 2h devant lui, le temps de faire reposer les chevaux.

Aidez-vous de ce Genially réalisé par des collègues d’histoire géographie:

Fiche d’activité

Trace écrite

Habiter les littoraux

Questions

  1. Doc 1 : Décris de manière détaillée le port de Houston (activités, aménagements…)
  2. Doc 1 : Montre que Houston est un port industriel et portuaire.
  3. Doc 3 : Quels sont les principaux produits échangés à Houston ?
  4. Doc 2 : Cite un chiffre qui montre que Houston est un port important ?
  5. Doc 2 : Comment le port est-il relié au reste des Etats-Unis ?
  6. Docs 1-2 : Pourquoi les humains sont-ils attirés pour vivre sur les littoraux ?
  7. Doc 4 : Quels sont les risques que subissent les habitants du Golfe du Mexique ?

Questions à partir des pages 278 à 281

  1. Doc 3 page 279 : Situez ce pays (océan, pays, atoll…)
  2. Quels sont les atouts touristiques de ce lieux ?
  3. Quels sont les aménagements réalisées pour les touristes ?
  4. Doc 4 page 279 : Comment les touristes accèdent-ils à cette île hôtel ?
  5. Quelles sont les activités touristiques de ces îles ?
  6. Docs 1 et 2 page 280 : Touristes et habitants habitent-ils les mêmes lieux ? Développe ta réponse.
  7. Docs 2-3 page 280 : Quelles sont les deux principales activités des Maldives ?
  8. Doc 6 page 281 : A quel problème les Maldives seront-elles confrontées dans l’avenir ? Quelle est l’une des solutions envisagées pour les habitants ?

Pages 284-285

  1. A quelle façade maritime appartient Houston ?
  2. Nommez d’autres ports importants dans le Monde
  3. Nommez deux autres littoraux touristiques de l’Océan Indien ?
  4. Quelles sont les deux mers les plus touristiques du monde ?
  5. Quelles sont les principales activités sur les littoraux ?
  6. Où se situent les littoraux les plus touchés par la pollution ? Comment l’expliquer ?

Les Palestiniens, nouveau numéro des Collections de l’Histoire

Un numéro extrêmement intéressant et bien documenté:

Les Palestiniens

Collections N°106 daté janvier-mars 2025

Après le choc de l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, et alors qu’Israël poursuit une guerre impitoyable contre la bande de Gaza, retour sur cent cinquante ans d’histoire des Palestiniens.

En 1872 Jérusalem devient la capitale d’une province ottomane et le centre d’un nationalisme naissant. Mais c’est contre la tutelle britannique mise en place en 1918 et surtout dans l’opposition au sionisme que s’est forgée l’identité palestinienne.

En 1947, les Britanniques laissent à l’ONU le soin de trancher l’avenir de cette terre en proie à la guerre civile : ce sera le partage en deux États, inacceptable pour les Arabes. A l’issue de la guerre de 1948-1949, Israël voit le jour et 750 000 Palestiniens doivent s’exiler. Le combat reprendra au sein de cette diaspora, sous le leadership d’Arafat. Et dans les formes parfois les plus sanglantes.

Aujourd’hui, quel futur imaginer, au vu du nombre de victimes et des désillusions entraînées par le seul espoir de paix, les accords d’Oslo de 1993, il y a trente ans ?

Avec notamment les contributions de : Raphaël Banc-Lévêque, Alain Dieckhoff, Kamel Doraï, Arlette Khoury-Tadié, Pénélope Larzillière, Henry Laurens, Vincent Lemire, Falestin Naïli, Nadine Picaudou, Jenny Raflik-Grenouilleau, Eugene Rogan, Abaher el-Sakka, Maurice Sartre, Leila Seurat, Édouard Vernon et Élie Barnavi, Agnès Levallois, Elias Sanbar.

Travaux des élèves de 6ème préhistoire

États-Unis : la démocratie est-elle malade ?

Rhae Lynn Barnes, Omer Bartov, Bruno Cabanes, Robert Darnton, Thomas Dodman, Laure Murat dans collections 104
daté juillet-août-septembre 2024

Alors que les Américains vont élire leur 47e président, des historiens vivant sur place expriment leur inquiétude sur l’état du pays.

Robert Darnton
« Une crise comparable à 1789 ? »

Professeur émérite à Princeton, spécialiste des Lumières, il a publié The Revolutionary Temper. Paris 1748-1789, W.W. Norton, 2024 (une traduction française paraîtra chez Gallimard cet automne).

Ayant publié un livre sur l’avènement de la Révolution française, je me suis souvent exposé à une question posée par mes concitoyens : sommes-nous en train de succomber à une crise semblable à celle qui bouleversa la France en 1789 ?

Je les assure qu’il serait absurde de voir dans l’assaut sur le Capitole par les partisans de Donald Trump, le 6 janvier 2021, un mécontentement de la même force que la fureur du 14 juillet 1789. Les circonstances sont complètement différentes, et je ne souscris pas aux dictons qui commencent par « L’histoire nous apprend que… ». Pourtant, si l’on ne saurait tirer des leçons de l’histoire, elle peut nous fournir une perspective pour juger les événements actuels.

Dans mon livre, j’étudie le Paris du XVIIIe siècle comme une société de l’information, et je m’efforce de suivre la diffusion et la perception des nouvelles telles qu’elles furent transmises par les médias de l’époque. Bien sûr, les bruits publics, les gazettes clandestines, les chansons de rue, les graffitis et les lectures publiques de pamphlets se distinguent foncièrement des médias de nos jours, mais ils produisaient un effet semblable : l’érosion du sentiment de légitimité à la base du système politique. Pour faire voir ce processus sous l’Ancien Régime, il m’a fallu décrire son développement en détail pendant un demi-siècle. Pour l’observer à l’oeuvre aujourd’hui, je n’ai qu’à regarder l’écran de mon ordinateur.

Il y a deux cent cinquante ans, les Américains adhéraient implicitement à une religion civile. Ils voyaient la Constitution comme sacrée, les pères fondateurs comme des prophètes, et la Cour suprême comme l’apogée de la justice. Aujourd’hui, nos institutions sont entachées de racisme, de fanatisme, de corruption et les opinions sont polarisées. A l’extrême droite, on croit que les élections sont truquées par une élite étatiste. A l’extrême gauche, on les trouve antidémocratiques à cause du collège électoral qui favorise les États peu peuplés du Middle West – qui ont donné la victoire à Donald Trump en 2016, malgré la majorité de voix en faveur de Hillary Clinton.

Je ne crois pas que le dôme du Congrès de Washington figure dans l’imaginaire collectif des Américains de la même manière que les tours de la Bastille dans la mentalité des Parisiens du XVIIIe siècle. Mais la perte du sentiment de légitimité me paraît un vrai danger en ce moment où la campagne électorale, manipulée par les médias, nous emmène vers un destin inconnu.

Bruno Cabanes
« Le spectre de la désunion »

Professeur à Ohio State University (chaire Donald et Mary Dunn d’histoire de la guerre), il est membre du comité scientifique de L’Histoire.

On sait depuis longtemps que la démocratie américaine est malade. Malade d’un capitalisme fou qui a fait flamber les frais de campagne au point d’imposer une sorte de ploutocratie, malade d’une inégalité sociale et raciale dans l’accès au suffrage, malade du redécoupage partisan des circonscriptions électorales. Depuis la victoire, en novembre 2000, de George W. Bush sur Al Gore, on sait aussi qu’une élection présidentielle peut se jouer à quelques centaines de suffrages dans un canton de Floride, sans parler de celle de 2016 qui vit Hillary Clinton l’emporter de presque 3 millions de voix, sans gagner l’élection.

Pourtant, la contestation par Donald Trump des résultats de la présidentielle de 2020 et l’assaut sur le Capitole par ses partisans le 6 janvier 2021 nous ont fait entrer dans une autre époque. En 2024, les démocrates devront obtenir une majorité massive pour espérer l’emporter. Leur victoire serait presque inévitablement contestée. On évoque le spectre de la guerre civile. D’autres considèrent que nous sommes entrés en terre inconnue, car la Constitution est muette sur la possibilité, pour un président condamné, d’être réélu. C’est moins l’histoire que le droit qui peut nous éclairer sur l’avenir de la démocratie américaine. L’enjeu est fondamental : comment resacraliser des institutions souillées par une tentative de coup d’État et s’assurer que les citoyens américains ne désespèrent pas définitivement de la démocratie ?

Rhae Lynn Barnes
« L’angoisse de ne pas durer »

Professeure assistante à l’université de Princeton, elle est spécialiste de la culture populaire et du racisme.

L’une des caractéristiques de la démocratie américaine est son angoisse quant à sa capacité à durer. Le 21 avril 1796 déjà, John Adams, vice-président puis président, confiait son inquiétude à sa femme Abigail : « Notre Constitution fait face à une crise. J’ai calculé, lorsqu’elle a été instaurée, qu’elle durerait environ dix ans. Cet été, le peuple devra déterminer si elle survivra à sa huitième année. » Elle a survécu. Les États-Unis ont défendu leur démocratie contre l’empire britannique, contre le IIIe Reich et le Japon impérial.

Mais certaines des plus grandes menaces sont venues de l’intérieur. Les guerres culturelles, rhétoriques ou réelles, ont été nombreuses. On peut citer l’émeute d’Astor Place en 1849, lorsque les New-Yorkais se déchirèrent à propos du choix du comédien pour interpréter Macbeth, l’Anglais William Macready ou l’Américain Edwin Forrest, le premier soutenu par l’élite new-yorkaise, le second par les classes populaires.

Au XXIe siècle, la désinformation et les médias partisans ont permis à George W. Bush et Donald Trump d’accéder à la présidence sans la majorité des voix. Les juges qu’ils ont nommés à la Cour suprême ont accéléré le démantèlement de victoires du XXe siècle, dont l’arrêt Roe v. Wade (1973) sur le droit à l’avortement. L’Amérique est revenue à un système juridique inégalitaire pour les femmes, leurs droits dépendant de l’État où elles vivent. Notre lutte doit donc continuer.

Thomas Dodman
« Un printemps américain ? »

Professeur associé à l’université Columbia à New York, Thomas Dodman est spécialiste de la France à l’Époque moderne.

Que disent de la plus ancienne démocratie au monde les manifestations étudiantes qui agitent les campus américains en ce printemps 2024 ? Comme le Vietnam avant, l’Apartheid ensuite, la cause palestinienne mobilise les esprits, tissant solidarités et aspirations nouvelles entre étudiants d’horizons divers, juifs et musulmans… Comme leurs aînés en 1968, ces étudiants n’acceptent pas que leurs frais universitaires financent une guerre, cette fois à Gaza. Leur démarche est pacifique, en dépit des débordements surmédiatisés qui ont eu lieu, pour l’essentiel à l’extérieur des campus, mais qui ont servi d’excuse pour une escalade de la violence lancée par les autorités.

Cette réponse est aussi riche d’enseignements sur la polarisation du débat politique et de ses enjeux. L’instrumentalisation de l’antisémitisme, tout d’abord, par des républicains opportunistes, qui ne répugnent pas toujours à s’adonner aux stéréotypes antisémites lorsqu’il faut mobiliser leur base, mais qui épaulent aveuglement Benyamin Netanyahou quand il s’agit de battre les démocrates, bien embarrassés par le conflit au Moyen-Orient.

En manipulant cyniquement les protections fédérales à la liberté d’expression – un héritage du mouvement contestataire pour les droits civiques et contre les discriminations raciales des années 1960 -, Donald Trump et ses épigones s’attaquent à autre chose : aux universités américaines, auxquelles ils veulent couper les financements publics, pour démonter ces derniers contre-pouvoirs et bastions d’une pensée libre dans un pays où l’on ne parle plus qu’à son semblable. Et où des administrateurs universitaires n’hésitent plus à appeler la police sur les campus pour faire taire les dissensions en dépit de principes d’autonomie et d’autogestion bien établis. Si Tocqueville n’aurait sans doute pas osé manifester avec les étudiants, il aurait surtout diagnostiqué les symptômes d’une démocratie malade : une population atomisée, mise sous tutelle. Ce printemps américain risque de devenir un long automne.

Laure Murat
« Déjà en danger »

Professeure à l’université de Californie à Los Angeles, elle est spécialiste de la littérature des XIXe et XXe siècles, de l’histoire culturelle et des gender studies.

Bien malin qui peut prédire l’issue de la prochaine élection présidentielle aux États-Unis. En revanche, il ne faut pas être grand clerc pour prévoir que, quel que soit le résultat, jamais la démocratie américaine n’aura été à ce point mise en péril. Car, que Donald Trump gagne ou perde, la crise est au bout du chemin. Il gagne ? Il imposera, comme il l’a très explicitement annoncé, « une dictature ». Il perd ? Il contestera – forcément – les résultats, au risque d’exciter une forme de guerre civile, dont l’assaut sur le Capitole le 6 janvier 2021 n’aura été que le galop d’essai.

Ce scénario pessimiste doit être tempéré par au moins deux éléments. D’abord, les fameux checks and balances (« freins et contrepoids ») prévus par la Constitution, qui garantissent l’équilibre des pouvoirs. Les Américains ont une confiance aveugle dans leur système, que les pères fondateurs ont en effet très prudemment verrouillé. Mais c’est aussi un pays qui n’a jamais connu la dictature, laquelle se moque bien des lois. Ensuite, le brouhaha permanent créé par Donald Trump autour de sa personne, qui diffuse une ambiance frénétique et, peut-être, artificielle. Si bien qu’il se pourrait aussi qu’il perde dans les grandes largeurs ou que ses affaires judiciaires finissent par le rattraper.

L’élection de 2016 avait produit un choc dans le monde entier. Que Donald Trump soit amplement plébiscité dans les sondages huit ans plus tard, alors que pèsent sur lui 91 chefs d’accusation, allant du viol à la fraude, est cependant une indication suffisante, en dehors du scrutin du 5 novembre 2024 : la démocratie est déjà en danger.

Omer Bartov
« La revitalisation peut venir des campus »

Israélo-Américain, professeur d’histoire européenne à Brown University (Providence), il est spécialiste de la Shoah.

Les États-Unis sont traversés par des dynamiques profondément contradictoires. Une réélection de Donald Trump, qui est tout à fait crédible, constituerait une menace majeure pour la démocratie et donnerait un élan aux forces illibérales et xénophobes dans le monde, y compris en Europe de l’Ouest. Il faut espérer une réaction de la société civile qui provoque une revitalisation démocratique, comme ce fut le cas durant les sixties, lorsque les étudiants, sur les campus, protestaient contre la guerre du Vietnam.

Aujourd’hui, les manifestants ne craignent pas d’être enrôlés comme dans les années 1960. Ils agissent en tant que contribuables d’un pays qui soutient financièrement l’effort militaire israélien, mais aussi en vertu d’une morale civique altruiste. L’accusation d’antisémitisme que brandissent les conservateurs pour délégitimer ces mobilisations est étrange et paradoxale d’un point de vue historique : les étudiants exigent le respect d’un droit international élaboré après 1945, précisément en réaction aux crimes nazis, en particulier à la Shoah. L’avenir dira si un véritable sursaut démocratique est possible.

Retrouvez l’intégralité du numéro de l’Histoire : ICI

Lire les premières pages du numéro: ICI

Iran-Israël: Une interview intéressante et une carte

Source: Le Monde

Bertrand Badie : « L’intérêt d’Israël est de prolonger ce conflit »

Le Nouvel Obs

https://www.nouvelobs.com/monde/20240418.OBS87265/bertrand-badie-l-interet-d-israel-est-de-prolonger-ce-conflit.html

Le 13 avril, l’Iran a pour la première fois frappé directement son grand ennemi historique, l’Etat hébreu, en lançant quelque 350 drones et missiles sur son territoire, presque tous interceptés. Une étape de plus dans l’engrenage au Moyen-Orient ? Analysé du géopoliticien Bertrand Badie.

Avez-vous été surpris par cette attaque, son timing, son mode d’opération, son ampleur ?

Bertrand Badie Nul ne pouvait être surpris car cette attaque avait été annoncée par plusieurs services de renseignement de manière extrêmement précise. Il fallait bien que l’Iran réagisse à l’attaque du 1 avril sur son ambassade à Damas. Ne pas le faire l’aurait totalement décrédibilisé dans l’espace moyen-oriental et au-delà. Tout cela était donc attendu. Ce qui est remarquable, presque inédit dans les chroniques contemporaines, c’est que cette attaque semble avoir été minutieusement calibrée pour donner l’effet le plus spectaculaire possible tout en minimisant le plus possible le risque de réaction violente de la part d’Israël.

Israël se targue d’une victoire défensive puisque la quasi-totalité des projectiles ont été interceptés. S’agit-il d’une faiblesse de la force de frappe iranienne, ou était-ce au contraire calculé dans l’optique d’une riposte proportionnée ?

On peut postuler que les responsables iraniens s’attendaient à ce que la plupart des drones et missiles soient arrêtés avant la frontière israélienne. Historiquement le principal souci de l’Iran est d’être reconnu comme une puissance régionale et un acteur incontournable. Il fallait que le régime des mollahs montre sa puissance et qu’il ne laisse pas impunie l’attaque du 1 avril sans toutefois créer trop de dégâts, ce qu’il ne pouvait ni n’avait intérêt à faire. Je ne pense donc pas qu’il y a eu un échec des Iraniens par rapport à leurs intentions. Par ailleurs, il ne faut pas dissocier les conflits : l’Iran ne se serait probablement pas lancé dans cette aventure sans le contexte de 34 000 morts déclarés à Gaza.

Israël a aussi mis en avant la coordination rapide et efficace de ses alliés, allant jusqu’à évoquer une « coalition ». Ces derniers peuvent-ils modérer l’ampleur de la contre-attaque promise par le gouvernement Netanyahou ?

L’Etat hébreu devait démontrer à sa population et au monde son invulnérabilité à un moment où, depuis le 7 octobre, beaucoup s’interrogent sur ses capacités de défense. Il fallait aussi apporter la preuve qu’il était moins isolé qu’on ne le disait et avait la capacité de mobiliser de puissants soutiens extérieurs. Le gouvernement de Benyamin Netanyahou voulait aussi s’afficher comme maître du jeu. Alors même que les amis d’Israël se dissociaient des attaques sur Gaza, il a montré que cette distanciation était purement rhétorique, en forçant les réfractaires à s’aligner de nouveau sur ses positions. On a en même temps assisté à une sorte de transaction implicite : les Etats mobilisés pour défendre Israël ont probablement cherché à obtenir en échange la promesse qu’il n’irait pas plus loin dans l’escalade. Encore faut-il que cette promesse soit tenue, ce qui suggère la fragilité de tout ce jeu. C’est une constante dans la politique israélienne d’afficher d’abord sa puissance et une totale indépendance vis-à-vis des pressions extérieures.

Du côté américain, le soutien est toujours officiellement présenté comme intangible. Pourtant le premier réflexe de Joe Biden a été d’avertir Benyamin Netanyahou que les Etats-Unis n’interviendraient pas en appui d’une riposte contre l’Iran. Le dilemme semble profond…

La diplomatie américaine vit depuis le 7 octobre un véritable cauchemar. Au fil des années, les Etats-Unis avaient perdu un à un leurs alliés les plus précieux dans la région – de l’Iran en 1979 aux pays du Golfe en passant par la Turquie. Cette longue histoire a été considérablement accélérée par l’attaque du Hamas. Le président américain a dû se déplacer dans la zone et son secrétaire d’Etat s’y rendre six fois, à quoi s’ajoutent d’innombrables contacts avec les différents protagonistes. Pourtant, la superpuissance américaine continue à perdre la main sur les événements et reste en quête d’une victoire diplomatique au Moyen-Orient afin de relancer son crédit. Dans cet ultime épisode de l’attaque iranienne sur Israël, l’issue me semble pour le moins incertaine. L’opinion publique arabe ne manque pas de faire remarquer que le soutien absolu apporté par Washington à Tel-Aviv vient anéantir toute la prudence rhétorique nourrie ces derniers mois par la Maison-Blanche – et les messages de modération adressés au gouvernement israélien risquent de perdre en crédibilité. L’opinion publique américaine s’est dissociée très rapidement de ce soutien inconditionnel, notamment parmi la jeunesse et l’aile gauche du Parti démocrate, qui pourraient faire défection au jour de l’élection présidentielle. Les Etats-Unis ont certes réussi de façon conjoncturelle à retenir certains élans agressifs venant d’Israël, mais pour combien de temps ?

Quel intérêt Israël aurait-il à frapper plus fort dans ce conflit ?

L’intérêt d’Israël est de prolonger ce conflit, et ce pour trois raisons. La première est personnelle et propre à Benyamin Netanyahou : tant que cette guerre durera et s’amplifiera, le risque qu’il soit poursuivi devant la justice s’en trouve pratiquement réduit à néant. La deuxième raison est que son gouvernement, très minoritaire dans l’opinion publique israélienne, ne risque aucune remise en cause politique ou institutionnelle tant que cette guerre va durer. Enfin et surtout, cette volonté de ne rien céder aux adversaires d’Israël est aujourd’hui le seul point de rencontre entre le Premier ministre et sa population. La dénonciation de l’ennemi iranien et l’éradication du Hamas sont les deux piliers du consensus politique national. La crise politique joue donc en faveur de la persistance de cette attitude intransigeante.

L’aide immédiate apportée par la Jordanie à l’interception des drones et des missiles a été remarquée, de même que les appels à la désescalade formulés par la Turquie ou l’Arabie saoudite. Est-ce un signe qu’Israël est moins isolé dans la région qu’il ne semblait l’être ?

Les choses sont plus complexes qu’il n’y paraît car la plupart des gouvernements de la région sont sur une ligne de crête. Ces dernières années, plusieurs leaders arabes ont été amenés à conclure une sorte d’agrément plus ou moins explicite avec l’Etat israélien, mais en subissant d’autre part une pression extrêmement forte de leurs opinions publiques. L’erreur, d’ailleurs classique dans les analyses en Europe, serait de tout traduire en termes d’alliances et de coalitions. La nouvelle diplomatie qui se développe au Sud, et particulièrement dans cette région, se caractérise au contraire par une fluidité et une instabilité des prises de position, renforcées par l’imprévisibilité des réactions de groupes non étatiques, et dictées par les conjonctures, voire les effets d’aubaine. Chacun agit en fonction de la situation et des intérêts immédiats. Dans la crise de la nuit du 13 au 14 avril, les Etats de la région avaient intérêt à montrer qu’ils ne souhaitaient pas qu’Israël soit durement frappé. Mais cela ne les engage en rien pour l’avenir, dès lors qu’ils pourraient être confrontés à des situations d’une autre nature – une déstabilisation de la Cisjordanie, ou encore des initiatives du Hezbollah ou des Houthis, souvent présentés sous l’étiquette trompeuse de « proxys » mais qui sont loin d’être de simples marionnettes de l’Iran.

L’iran affirme que, si le Conseil de Sécurité de l’ONU avait condamné le bombardement de l’ambassade à Damas, il n’aurait pas été contraint de réagir aussi brutalement. Est-ce une posture pour mettre la communauté internationale face à ses contradictions, ou une conséquence réelle de l’incapacité de l’ONU à faire respecter le droit international ?

Le régime iranien et beaucoup de gouvernements du « Sud global » mettent en évidence ces inégalités de traitement. L’attaque sur l’ambassade d’Iran à Damas a laissé pratiquement toutes les chancelleries silencieuses, quand celle du 13 avril a provoqué des réactions extrêmement vives parmi les puissances du Nord. Cette dissymétrie est devenue l’un des arguments les plus à même de structurer le « Sud global ». C’est la raison pour laquelle tous ceux qui s’en sentent victimes vont l’afficher de la manière la plus forte possible pour rallier des soutiens. Cela fait les affaires de Vladimir Poutine, renforce la prise de conscience du Sud par lui-même et l’oriente vers une stigmatisation du monde occidental.

Après l’agression de l’Ukraine par la Russie et celle de l’Arménie par l’Azerbaïdjan, est-on en train de revenir à une ère des conflits interétatiques qu’on pensait révolue ?

Ce serait une analyse trop simple. Ce que l’on n’a pas su analyser, ce sont les mutations profondes de la guerre. Le conflit russo-ukrainien est véritablement une guerre à l’ancienne : un Etat inquiet pour l’avenir de sa puissance entreprend de conquérir son voisin. Ce projet, mis en déroute, n’a d’ailleurs pas contribué à restaurer la puissance russe ! Mais la plupart des conflits actuels, souvent oubliés, ne sont pas interétatiques – que ce soit au Sahel, au Soudan, dans la corne de l’Afrique ou au Congo. Le conflit israélo-palestinien, lui, est aujourd’hui l’un des derniers conflits de décolonisation. Les nouvelles formes de conflictualité ne sont plus l’expression d’une simple rivalité de puissances, mais celle d’une décomposition des logiques socio-institutionnelles et des anciennes logiques de domination. Plutôt qu’un « retour des guerres mondiales », il faut davantage y voir l’échec du rééquilibrage mondial post-guerre froide et des modèles d’intégration internationale.

BIO EXPRESS

Bertrand Badie est politologue, professeur émérite à Sciences-Po Paris et spécialiste des relations internationales. Il a publié « Pour une approche subjective des relations internationales », en octobre dernier, aux éditions Odile Jacob

Rome: entre mythe et histoire

Montre que Rome est un immense empire.

Le mythe de la fondation de Rome: Questions sur le dossier pages 96-97

Document 1

  1. indique qui est Enée ?
  2. Pourquoi a-t-il fui sa ville d’origine ? Où est-il arrivé ?

Documents 3 et 4

  1. Qui sont les parents de Romulus et Remus ?
  2. Doc 3 et 4 : Par qui et pourquoi Romulus et Remus ont-ils été jetés dans le Tibre ?
  3. Doc 4 : Comment ont-ils été sauvés ?
  4. Doc 4 : Qui a élevé les jumeaux ?  

Document 5 :

  1. Quels personnages sont dans ce récit ? Quel est le lien entre eux ?
  2. Relève le nom des collines citées dans ce texte ?
  3. Qui a fondé la ville de Rome d’après la légende ? Raconte comment il a fait / ce qu’il s’est passé.
  4. Cette histoire te paraît-elle réaliste ? Justifie ta réponse

Les origines historiques de Rome : pages 100-101

  1. Quand serait née la ville d’après l’archéologie ? Cette date concorde t’elle avec la légende ?
  2. A l’aide des documents 1-3-4-5, montre que l’archéologie prouve que Rome s’est bien construite entre le 8ème-5ème siècle avant JC.
  3. Qui contrôle la ville à cette époque ? Est-ce Romulus ? Justifie.
  4. Que se passe t’il en 509 pour Rome ?

Je rédige un texte et j’enregistre le mythe et l’Histoire de Rome

A l’aide des réponses et des documents à ta disposition, tu dois raconter le mythe de la fondation de Rome. Ensuite, devra expliquer la véritable histoire de la fondation de Rome. Enfin, tu pourras t’enregistrer ou écrire tes recherches

Ton enregistrement audio/ta rédaction comportera une introduction/ le mythe de Rome / la véritable histoire de Rome / une conclusion.

La fondation de Rome