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Leçon n°5 Géographie: Habiter les littoraux

1- Habiter Houston, un littoral industriel




Questions
2- Habiter les Maldives, un littoral touristique







Questions à partir des pages 278 à 281
3- Les Humains habitent les littoraux

Pages 284-285
Ressources du cours
Michelle Perrot, grande historienne du travail des femmes, estime que la révolution industrielle a mis sur le devant de la scène le travail productif et a séparé davantage le travail à l’usine, à l’extérieur de celui au domicile de l’ouvrière (exemples : l’artisanat de la chaise, machine à coudre…). Pour comprendre, l’histoire du travail féminin, il faut d’abord saisir le caractère primordial de la famille, des rapports de sexe et sociaux. Le travail peut contribuer à l’émancipation des femmes mais la famille en tant que rapport social doit aussi être transformée. Autrement dit, l’obtention d’un travail par les femmes ne suffit pas à les émanciper (c’est une condition nécessaire mais insuffisante).
Avant 1914, les femmes sont employées pour beaucoup d’entre elles comme nourrices et domestiques : environ un million d’entre elles. Mal payées, elles sont plus « libres » que les ouvrières mais souvent plus seules et solitaires.
En 1906, les ouvrières représentent 25 % de l’emploi féminin. Les trois quarts de ces ouvrières travaillent dans le textile. Ce travail féminin est souvent vue comme un travail d’appoint, donc sous-payé, intermittent, lié au statut matrimonial (grossesse, enfants…). Le travail féminin accorde une place particulière au corps : « décence » de présentation, rectitude du geste. Les femmes doivent supporter tout un code de discipline. Elles ont un statut d’éternelle mineure. Pourtant nombre de ces femmes ne se laissent pas faire et résistent : bavardages malgré l’interdiction en usine, chants, absentéisme, grève, manifestation…
Le cas des ouvrières d’Etat du tabac et des allumettes

Les femmes travaillant dans ces usines subissent une discipline tatillonne et lourde : elles servent la machine. Cependant, comparé à d’autres secteurs, les femmes sont bien mieux payées, nombre d’entre elles sont d’ailleurs qualifiés. Ces dernières réalisent un apprentissage de deux années et confectionnent des cigares, il s’agit presque d’un travail artisanal. Pour les moins qualifiées qui manient des machines, deux mois suffisent mais elles ont besoin de dextérité car elles manient de lourdes machines.
Pour les ouvrières des allumettes, le travail est à la chaine. Les ouvrières sont cependant solidaires entre elles car leur métier est dangereux : le phosphore blanc provoque des nécroses, ce qui entraine la perte d’une partie de la mâchoire. Même des ouvrières de 20-25 ans pouvaient voir la moitié de leur mâchoire retirée. Peu d’entre elles survivaient après l’opération. Cela montre bien les conditions de travail dangereuses dans lesquelles évoluaient ces ouvrières. D’ailleurs entre 1893-1895, des grèves éclatent pour qu’on cesse d’appliquer ce produit toxique.
Dans ces usines d’Etat, la discipline est forte : les ouvrières doivent disposer d’un « certificat de bonne vie et mœurs ». Ces usines sont souvent comparées à des « couvents laïques » tant la discipline est forte pour ces femmes : la cloche annonce le début et la fermeture du travail : un retard entraine la perte d’une journée de travail. Elles sont souvent fouillées en cas de vol, une humiliation quotidienne mal supportée. Beaucoup d’entre se syndiquent pour humaniser leurs conditions de travail. Cependant, l’existence d’une retraite, la stabilité de leur emploi amène beaucoup de ces femmes à faire carrière.
Aller plus loin :
Michelle Perrot (dir), « travaux de femmes dans la France du XIXème siècle », Mouvement social n°105, octobre-décembre 1978.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57317237
La grève victorieuse des allumettières anglaises, https://www.retronews.fr/politique/echo-de-presse/2022/02/28/la-greve-victorieuse-des-matchgirls-anglaises
L’usure est très importante pour expliquer la condition ouvrière. La notion d’usure est pour Alain Cottereau, la « fatigue ou somme des facteurs de mauvaise santé accumulés dans le cours d’une vie de travail ». Cet historien constate que la révolution industrielle a instauré une « pression productiviste permanente ». Cette pression sur le corps et la santé entrainent une difficulté à poursuivre le travail après 45-55 ans.
Une usure prématurée par le travail durant la révolution industrielle

Nombre de médecins décrivent l’état physique des ouvriers. Villermé en fait une description intéressante mais il ne relie pas leur condition de travail à leur état de santé. Certains métiers sont pourtant particulièrement exposés comme celui de peintre en bâtiment à cause d’un produit toxique, la céruse, qui élimine petit à petit les ouvriers à partir de 45 ans (intoxication au plomb : saturnisme). Dans les industries textiles, beaucoup d’ouvriers ont des affections chroniques des voies respiratoires. Dans ce travail souvent féminisé, la pression sur les cadences est permanente. Les ouvrières contractent des tuberculoses, des bronchites prolongées, des déformations verticales, un épuisement nerveux, « un vieillissement prématuré ». Dès qu’ils peuvent quitter les emplois les plus éprouvants, les ouvriers partent travailler dans des secteurs plus sécurisés. Ce sont ainsi souvent les orphelins, les migrants qui subissent cette exploitation forcenée.
A la mine : la dureté des conditions de travail

L’invalidité chez les mineurs intervient aux alentours des 40 ans. C’est pourquoi les organisations ouvrières de mineurs revendiquent la retraite à 45-50 ans. D’ailleurs, le patronat est conscient de cette réalité puisque les mines du Nord n’embauchent pas de nouveaux ouvriers après 35 ans. Ceux qui travaillent au fond des mines sont en général jeunes. A Carmaux, en 1890, la moyenne d’âge est de 33 ans. En moyenne, au début du XXème siècle, un mineur de Carmaux mourrait à 54 ans.
Les causes de cette surmortalité sont multiples :
Les compagnies minières, par les conditions de travail qu’elles imposent, sont en partie responsables de cette usure. Côté organisations ouvrières et syndicales, on cherche surtout à limiter la vie de travail pour ralentir l’usure (demande de la journée de 7 heures de travail continue, salaire fixe minimum, nationalisation des mines…).
Aller plus loin :
Cottereau A (dir), « L’usure au travail », Le mouvement social, n°124, 1983. Lire l’ensemble du numéro en ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56211227/f1.item
En 1870, Orthez est peuplée de 6627 habitants. C’est alors une ville ancrée dans une région profondément rurale et agricole.
L’industrie orthézienne au XIXème siècle
« Des industries locales atteignent un certain rayonnement pour une région peu industrielle » (Thierry ISSARTEL, Les bourgeois d’Orthez : une élite d’Orthez de 1870 à 1914)
Au milieu du XIXème siècle, Orthez se distingue par la présence d’activités industrielles traditionnelles, souvent issues du secteur agricole. L’industrie du cuir y est particulièrement représentée avec l’activité de 24 tanneries, de tailles réduites (d’une dizaine d’ouvriers au maximum). L’industrie textile, des fabriques de duvets et d’allumettes chimiques fonctionnent alors dans la ville. Ces entreprises sont souvent modestes. L’industrie du meuble occupe aussi des ouvriers à l’usine Cazalis-Lhoste mais aussi des ouvriers à domicile qui paillent les chaises.
Cependant, une nouvelle bourgeoisie industrielle émerge, favorisée entre autre par l’arrivée du train à partir de 1863, ce qui permet de désenclaver la région : les produits orthéziens entrent alors en concurrence avec d’autres régions. Dans le même temps, une industrie nouvelle voit le jour, qui permet un certain dynamisme pour la ville d’Orthez.
La figure industrielle de ce milieu de XIXème siècle est le marquis de Cornulier. Cet industriel landais achète le moulin du Pesqué en 1840 (qui devient la minoterie). Avec le gave et ses cascades, il voyait un intérêt géographique à s’installer à Orthez. En 1854, il fait donc construire la papèterie près du gave qui emploie une cinquantaine d’ouvrier au départ.
La mort du marquis entraine la fin d’un certain dynamisme. En 1862, la minoterie est louée à Destandau et emploie 25 ouvriers. Quant à la papeterie, elle passe entre les mains de plusieurs industriels, pour devenir en 1906, sous la houlette de Julien Pouyanne, la SAPSO, la Société Anonyme des Papeteries du Sud-Ouest.


Julien Pouyanne, un banquier-industriel

Julien Pouyanne nait en Uruguay en 1871. Issu d’une famille protestante orthézienne, qui a émigré en Amérique du Sud, il a fait de bonnes études à Montévidéo. Il y côtoie des Français qui investissent et développent des sociétés. Revenu en France à l’âge de 14 ans, il s’installe à Orthez, et y achète des terres agricoles, voire des vignes.
Son baccalauréat en poche, il devient banquier à la banque Tachoires à Orthez avant d’ouvrir sa propre banque en 1903. La banque Pouyanne est notamment une banque de dépôt puisque Julien Pouyanne se spécialiste comme banquier d’affaires auprès des industries. Il prête notamment son argent aux industries locales, de la chaussure, allant d’Orthez à Mauléon.
Il investit lui-même dans l’industrie, notamment dans le barrage du Pesqué qui alimente la minoterie et la papeterie. Il devient actionnaire principal de Castétarbe qui alimente la ville en électricité.
Julien Pouyanne investit aussi dans l’automobile bordelaise, dans l’entreprise Motobloc. Cette industrie participe à l’industrie de guerre durant la Première Guerre Mondiale, en produisant des moteurs d’avions.


C’est dans le domaine des papeteries qu’il cherche à étendre son emprise industrielle. En créant la SAPSO en 1906, il prend le contrôle de plusieurs papeterie en Aquitaine : Pompejac en Gironde (1906), Saint Michel de Castelnau, Beaulac, Casteljaloux. Surtout, la papeterie d’Orthez emploie 125 ouvriers et devient la plus grosse entreprise de la ville. La papier sert à emballer des produits (papier de boucher, sacs d’emballage…). L’affaire marche bien puisque du papier est exporté en Egypte. Principalement, la production s’écoule dans la région et le Midi.

En 1912, un pont est créé pour relier directement la papeterie à la voie ferrée.

Ainsi, la SAPSO, fleuron industriel orthézien, sert aux Pouyanne à assurer des dividendes fixes aux placements de leur clientèle. La SAPSO existera jusqu’en 1998, avec 24 sites de production, 1.230 salariés. Elle sera une firme de taille nationale, qui sera vendue à la multinationale espagnole SAICA. La papeterie orthézienne fermera définitivement ses portes en 2007.
Aujourd’hui, l’entreprise Pouyanne s’est recentrée autour du seul secteur bancaire pour « occuper un créneau laissé vacant par le gigantisme bancaire, celui de la banque polyvalente de proximité » (JP Allinne, Banque Pouyanne, histoires d’entrepreneurs). Pour conclure, on ne peut que reprendre les mots de Thierry Issartel affirmant que « l’originalité de la banque Pouyanne est d’avoir eu, à côté des activités traditionnelles de prêts à intérêt des banques locales, une politique financière ambitieuse en investissant dans l’industrie orthézienne » (T Issartel, Les bourgeois d’Orthez : une élite urbaine de 1870 à 1914).
Aller plus loin :
ALLINNE JP, Banque Pouyanne : histoire d’entrepreneurs, 1903-2003, Editions Gascogne, 2003, 160 p.
ISSARTEL T, Les bourgeois d’Orthez : une élite urbaine de 1870 à 1914, TER de l’université Bordeaux III, 1986, 196 p.
Leçon n°2 Géographie Les espaces productifs en France

Introduction

1- Les espaces productifs agricoles : spécialisation et mondialisation
A- Un espace agricole spécialisé : le vignoble bordelais
Questions sur le dossier p. 254-55





Bilan
B- Les espaces productifs agricoles en France

Questions 1 à 6 pages 256-257
2- Les espaces industriels en France: adaptations à la mondialisation
A- Un espace productif industriel: la Haute Normandie et l’Automobile


Questions :

B- Les espaces productifs industriels en France

3- Les espaces de services




Questions :
Conclusion
Je révise


Ressources du cours
Aller plus loin
Les chiffres de l’automobile en Normandie
Le plus gros bateau-roulier du Havre
La Métropole Rouen Normandie, le groupe Transdev, le Groupe Renault, le groupe Matmut partenaires du projet Rouen Normandy Autonomous Lab, expérimentent avec le soutien de la Région Normandie et la Banque des Territoires, le premier service de mobilité partagée et autonome à la demande sur routes ouvertes en Europe. Cette expérimentation sera ouverte au public au dernier trimestre 2018 avec quatre véhicules autonomes Renault ZOE 100% électriques auxquels s’ajoutera une navette autonome i-Cristal co développée par Transdev et Lohr.